• CHAPITRE 838

    Meredith n’en crut pas ses oreilles. Que Derek soit contrarié parce qu’elle avait refusé de passer la soirée avec lui, elle pouvait éventuellement l'admettre. Mais qu’il se mette dans une telle colère pour si peu, tout compte fait, lui semblait totalement démesuré. Bien sûr, elle comprenait que, n’étant pas habitué à ce qu’on lui refuse quoi que ce soit, il avait été blessé dans son orgueil mais ce n’était pas une raison pour la traiter de cette façon. Pourtant, elle tenta encore de composer. Je sais bien mais…

    Derek lui coupa la parole en lui jetant un regard furibond. Je ne suis pas à ta disposition, Meredith. J’ai une vie en-dehors de toi, figure-toi ! La jeune fille devint blême et ses lèvres se mirent à trembler. Derek se détourna aussitôt et, du revers de la main, fit voler les bouts de papier sur le trottoir. Il était évident qu'il lui avait fait de la peine, ce qui le faisait se sentir encore plus coupable, d'autant plus qu'il venait d’exprimer tout le contraire de ce qu’il pensait et surtout de ce qu’il avait vraiment envie de lui dire. Sa vie tournait désormais entièrement autour d'elle, il en était conscient, et il avait même l'impression que sans elle, cette vie ne vaudrait plus la peine d’être vécue. Mais bordel, pourquoi était-ce si difficile de le reconnaître à haute voix ?

    Mark sentit la colère monter en lui telle un tsunami. Il venait de comprendre la raison pour laquelle Derek s’était montré aussi odieux avec sa petite amie. Tout s’était éclairé avec ses derniers mots. Il savait trop bien ce que cela pouvait signifier dans sa bouche, avoir une vie en dehors de Meredith. Espèce de fils de pute ! Comment avait-il osé ? Et non content d’avoir trompé cette petite merveille – car, dans l’esprit de Mark, cela ne faisait plus aucun doute, Derek avait repris ses anciennes mauvaises habitudes – il osait la traiter comme si c’était elle la coupable. Voir Meredith au bord des larmes lui fut intolérable. Il se pencha discrètement et passa la main sous la table pour étreindre le genou de son amie.

    Les doigts de cette dernière vinrent s'agripper aux siens et la sensation de cette petite main froide et tremblante dans la sienne décupla la fureur de Mark, d'autant plus que Meredith posait sur lui un regard dans lequel il pouvait voir tout le désarroi qu’elle ressentait de s’être fait humilier de la sorte. Comme il aurait aimé pouvoir la prendre dans ses bras et l’emporter loin de ce salaud qui lui faisait tant de mal ! Il dut se faire violence pour ne pas faire une remarque désobligeante qui aurait cloué le bec de Derek. Il savait que ça n'apaiserait en rien le conflit et que ce serait Meredith, une fois de plus, qui devrait payer la note. Mais il ne pouvait pas rester là sans réagir. Il allait demander à Derek de se calmer lorsque celui-ci intervint à nouveau.

    Je te rappelle que ce n’est pas moi qui ai demandé que tu retournes vivre chez ta tante. J’étais contre de toute façon, fulmina le chirurgien qui essayait désespérément de justifier son attitude. Et combien de fois, je t’ai proposé qu’on se voie hier soir ? Hein, combien de fois ? Il ne lui laissa pas le temps de répondre. Je t’ai même appelée en début de soirée, lui rappela-t-il, les yeux pleins de rage.

    Mais tu n'as rien dit ! objecta Meredith. Si tu voulais tellement qu’on se retrouve, tu n’avais qu’à me le demander à ce moment-là.

    Parce qu’il aurait fallu que je demande encore ? s’indigna Derek, en élevant le ton. Qu’est-ce que tu crois, Meredith ? Que je vais te supplier pour qu'on se voie ? Il secoua la tête avec un rictus dédaigneux sur les lèvres. Désolé, ce n’est pas mon genre. Manifestement, tu avais mieux à faire que de passer la soirée avec moi. Alors, j’ai fait ce que j’avais à faire.

    La jeune fille dut prendre sur elle pour ne pas se mettre à pleurer. Ce n'est pas que j'avais mieux à faire. Je voulais juste rentrer pour reprendre mes marques, se défendit-elle.

    Eh bien, tu les as reprises, et moi aussi ! répliqua méchamment Derek.

    Par cette phrase, Mark sut qu’il avait bien cerné la situation. Cela lui rendit l’attitude de Derek encore plus intolérable. Bon maintenant, tu te calmes et tu lui parles sur un autre ton, parce que tu commences sérieusement à me gonfler, avertit-il sur un ton nettement menaçant.

    Ne te mêle pas de ça, riposta Derek d'une voix cassante. C’est ma petite amie, pas la tienne. Tu n’es pas concerné.

    Mark le défia du regard. Ta petite amie ? Alors traite-la comme telle. Et du moment où ça se passe devant moi, ça me concerne. C’est mon amie et je ne tolérerai pas qu’on lui parle de cette façon, ni toi, ni personne !

    Meredith ne put supporter que ces deux hommes, qui étaient habituellement les meilleurs amis du monde, se querellent à son sujet. Elle se leva brusquement. Arrêtez ! cria-t-elle, faisant se retourner sur elle les quelques passants qui passaient par là. Je ne veux pas que vous vous disputiez à cause de moi. Elle fit un pas en direction de la boutique.

    Derek souffla. Oh c’est bon ! Ne dramatise pas. C’est une engueulade, pas la fin du monde. Rassieds-toi et finis ton petit-déjeuner. Comme pour donner l’exemple, il mordit dans son muffin. Celui-ci lui parut sans saveur et il éprouva toutes les peines du monde à avaler le morceau de gâteau. Il avait espéré que reprendre son ancienne vie le libérerait de l’emprise de la jeune fille mais c’était tout le contraire qui était en train de se produire. L’amour qu'il éprouvait pour elle était plus présent que jamais, décuplé même par la culpabilité qu’il ressentait.


  • Commentaires

    1
    Nolcéline 97234
    Mardi 1er Janvier à 23:34

    Bonsoir à tous, 

    Ben oui maintenant inutile de le lui faire payer aww. Quand il se retrouvera avec Mark il va entendre ce dernier et pas qu'un peu .

    Bonne nuit du 01 janvier 2019 à tous.

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