• CHAPITRE 837

    Mark réalisa alors que, depuis qu’ils étaient assis, pas à un seul moment Derek n’avait regardé en direction de Meredith, alors que d’habitude il la suivait des yeux dans chacun de ses mouvements. Perplexe, il observa son ami qui était en train de démolir ce qui restait du set. Ça va, toi ? T’as l’air bizarre.

    Moi ? Mais pas du tout, répliqua Derek sur un ton agressif. Pourquoi tu dis que je suis bizarre ? Je vais très bien. Je… je suis… je suis normal, bafouilla-t-il sous l'effet de l'énervement. J’ai seulement beaucoup de travail, je te l’ai dit.

    Mark ne lui répondit pas, car il était à nouveau en train de surveiller Meredith. Ses gestes étaient nerveux, ses yeux plissés, et elle semblait contrariée. On dirait que quelque chose la mine, dit-il. J’espère qu’elle n’a pas encore eu des problèmes avec les autres.

    Mais qu’est-ce que tu veux que j’en sache, moi ? s’emporta Derek. Demande-lui si tu veux savoir ! Interloqué, Mark le dévisagea en fronçant les sourcils.

    Meredith réapparut avec un plateau sur lequel elle avait disposé deux tasses de café, une assiette sur laquelle s'empilait des pancakes, une bouteille de sirop d'érable et une petite corbeille en osier remplie de muffins au chocolat et aux myrtilles. Ces messieurs sont servis ! lança-t-elle avec une intonation exagérément joyeuse. Si vous avez besoin d'autre chose, dites-le-moi.

    Ça me semble parfait, répondit Mark avec un grand sourire.

    Derek grommela un remerciement inaudible et se jeta sur sa tasse de café, jurant parce qu’il venait de se brûler la langue, avant de prendre un muffin qu’il posa sur son assiette, sans y toucher. Il tourna la tête vers la rue et feignit de s’intéresser aux voitures qui passaient, en priant pour que Meredith soit rapidement appelée à une autre table.

    L'attention de Mark fut à nouveau attirée par les yeux cernés de Meredith et sa pâleur. Il se souvint subitement qu’elle n’avait pas diné la veille et, la connaissant, il y avait peu de chances qu’elle ait mangé au matin. Dis donc, toi, tu es sûre que tu manges à ta faim ? T’aurais pas zappé le petit-déjeuner ?

    Si. Je n'avais pas très faim, reconnut-elle. Mais j'ai bu un jus d'orange.

    Oh vraiment ! Un jus d'orange. Tu m’en diras tant, ironisa Mark. Et tu crois que c’est suffisant ? Il prit son ami à témoin. Dis-lui, toi, qu’il faut qu’elle mange !

    Sans même leur accorder un regard, Derek haussa les épaules avec un air indifférent. Si elle n’en a pas envie, qu’est-ce que tu veux que j’y fasse ? Je ne vais pas l’obliger. Elle est assez grande pour savoir ce qu’elle doit faire. Devant cette réaction hostile, les yeux de Meredith se noyèrent de larmes et elle baissa la tête pour que les deux hommes ne les remarquent pas.

    Justement, je ne crois pas, non. Irrité par l’attitude puérile de son ami, Mark se leva et prit une chaise qu'il installa à côté de celle de Derek, avant d'y faire asseoir la jeune fille. Mets-toi là et ne bouge pas. Je reviens. Il entra dans la boutique et, sans se soucier du regard indigné de Cristina, passa derrière le comptoir, où se trouvait la machine à café, pour servir une troisième tasse de café.

    Au supplice, ne sachant que dire ou que faire, Derek commença à martyriser son muffin de la même façon que le set de table, en priant le ciel pour que son bipeur sonne. Il aurait au moins une bonne excuse pour fuir cet endroit qui s’apparentait maintenant pour lui à une salle de torture. De son côté, Meredith n’était guère plus à son aise. Elle sentait bien que Derek était habité par une colère sourde et elle se demandait quelle en était la raison, ne pouvant croire que leur discussion de la veille en était la seule cause. Ça va ? demanda-t-elle d’une voix neutre, espérant qu’une conversation banale lui permette de renouer le dialogue.

    Ouais, ça va, marmonna Derek.

    Mark revint avec la tasse de café et la posa devant Meredith. Tiens, voilà pour toi. Et tu vas me faire le plaisir d’avaler quelque chose. Il lui tendit la corbeille dans laquelle elle choisit un muffin au chocolat et s’installa ensuite face au couple autant pour avoir la possibilité d’observer les réactions de Derek, qui l’intriguait de plus en plus, que pour le plaisir de contempler la jeune fille, dont la beauté et la fragilité le bouleversaient.

    Elle se tourna vers Derek. Je t’ai appelé hier soir.

    Il n’en savait rien. Son téléphone est resté éteint jusqu'à ce matin et il n'avait pas vérifié son journal d'appels. Ainsi donc, elle avait cherché à le joindre. Peut-être au moment où il était en train de… La culpabilité qu’il ressentait déjà s'amplifia encore. Or, il détestait par-dessus tout se sentir coupable. J’étais occupé hier, répliqua-t-il sèchement. J’avais des trucs à faire. Mark regarda son ami par-dessus la tasse qu’il était en train de boire, s’étonnant du ton agressif qu’il employait et dont il n’était pas coutumier avec sa petite amie.

    Je comprends, répondit Meredith d’une voix compatissante. Mais j’avais besoin de t’entendre parce que…

    Derek ricana méchamment. Vraiment ? Ses lèvres se pincèrent de contrariété. Pourtant, si je me souviens bien, c’est toi qui n'as pas voulu qu'on se voie hier soir ! Si elle avait accepté sa proposition, il ne se serait pas retrouvé seul chez lui, il n’aurait pas eu cette idée stupide de faire le bilan de leur relation et il n’aurait pas réalisé qu’il l’aimait. Et donc, il n’aurait rien eu à oublier. De ce fait, il ne serait pas allé dans ce bar et il n’aurait jamais rencontré cette Madelina ! Oui, si Meredith avait accepté de passer la soirée avec lui, rien de tout cela ne serait arrivé et il ne se sentirait pas aussi mal dans sa peau. Ce qui s'était passé était entièrement sa faute à elle !


  • Commentaires

    1
    Mercredi 19 Décembre 2018 à 21:48

    Ah mais il ne manque pas d'air, lui ! C'est lui qui déconne mais c'est elle qu'il engueule ! Non, il abuse là ! Au lieu de se faire tout petit et gentil, il l'agresse. Ele est bien gentille, Meredith. Moi je lui aurais déjà jeté mon plateau à la figure ! A mon avis, Mark va s'en mêler 

    2
    Nolcéline 97234
    Mardi 1er Janvier à 23:23

    Bonsoir à tous, 

    Ah bon c'est facile de la rendre responsable de cette situation .Rien ne l'obligeait il n'a pas été forcé à ce que je sache . Il n'assume pas et puis voilà ça va le ronger tout ça. Bonne nuit de mardi à tous.

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