• CHAPITRE 835

    Après avoir jeté un dernier coup d’œil au reflet de son visage dans le rétroviseur intérieur, Derek sortit de la Porsche. Il se dirigeait vers l’entrée de la clinique lorsqu’un klaxon retentit derrière lui. Il poussa un profond soupir en reconnaissant le son caractéristique de l'avertisseur du Hummer. Mark faisait partie des deux personnes qu’il n’avait pas du tout envie de voir ce matin-là mais il ne put faire autrement que de l’attendre, espérant être suffisamment retors pour que son meilleur ami ne devine rien de ses coupables activités nocturnes. S’il y avait bien une chose qui ne le tentait pas, c’était de se perdre dans des discussions et justifications sans fin et si Mark devinait quoi que ce soit, vu la relation d’amitié qu’il avait développée récemment avec Meredith, il ne lui épargnerait pas ses commentaires désobligeants, c’était plus que certain.

    Alors que Mark marchait vers lui, Derek remarqua sa mine abattue et son regard où ne brillait pas la moindre parcelle d'énergie. Eh ben ! T’en fais une tête ! Ça ne va pas ? s’inquiéta-t-il, se disant dans le même temps que faire parler Mark de lui l’empêcherait peut-être de prêter attention à autre chose. Tu as des ennuis ou c’est une fille qui te donne du fil à retordre ?

    Les deux, pensa Mark en serrant la main que lui tendait Derek. Il avait passé une nuit vraiment épouvantable, écartelé entre sa tristesse pour Momsy, la peur qu’il ne lui arrive quelque chose avant qu’il ait pu la revoir, et des rêves où il s’était vu embrassant et faisant l'amour à Meredith. Non, ce n’est pas ça, répondit-il. C’est ma grand-mère. Sa dame de compagnie m’a téléphoné hier soir pour me dire qu’elle avait fait un nouvel infarctus et… La voix de Mark se cassa. On dirait bien que c’est la fin, cette fois.

    Oh merde ! Je suis désolé, mon vieux, compatit Derek en posant une main sur l’épaule de son ami. Je sais à quel point toi et ta grand-mère vous êtes proches. Il eut un sourire attendri. Momsy ! On lui en a fait voir tous les deux, hein ? Il me semble que c’était hier qu’on allait passer nos vacances à l’hacienda. Il vit la mine dévastée de Mark et cessa d’évoquer ses souvenirs. On a encore un peu de temps devant nous, constata-t-il en regardant sa montre. Ça te dirait un petit café ?

    Mark acquiesça d'un signe de tête. Ouais, ça ne peut pas me faire de tort. Depuis son réveil, il était pressé de revoir Meredith, pour la remercier d’avoir été l’oreille compatissante dont il avait eu besoin la veille. Il l’avait déjà fait par l’intermédiaire de son message, certes, mais cela ne lui semblait pas suffisant. Il voulait le faire de vive voix et s’était promis de se rendre à la boutique dès qu’il en aurait l’occasion. Et voilà que c’était Derek qui la lui donnait. C’était bien là le hic. Mark connaissait assez son ami pour savoir quelle serait sa réaction quand il apprendrait qu’après avoir refusé de le voir, Meredith avait passé la soirée avec un autre. Et invoquer leur amitié ou prétexter qu’il n’avait été qu’une roue de secours n’aiderait en rien. La jeune fille en prendrait pour son grade de toute façon. Mark décida donc de ne pas rajouter aux problèmes de son amie et de garder le silence sur sa visite improvisée de la veille. Dans ce cas, il devait trouver un moyen de la prévenir avant qu’elle ne commette une gaffe.

    Derek poussa doucement Mark pour le faire avancer. Allez, viens, on va aller se prendre un petit-déjeuner et tu me raconteras ta vie. Ça fait longtemps qu’on ne s’est plus vraiment parlé, nous deux. Tant que Mark lui confierait ses malheurs, il ne penserait pas à autre chose et ils éviteraient ainsi d’évoquer le sujet favori de ces dernières semaines. Meredith ! Qu’est-ce que tu dirais d’une bonne omelette à la Miranda ? proposa-t-il sur un ton faussement guilleret.

    Mark pila net et regarda son ami avec étonnement. Miranda ? Pourquoi Miranda ? On ne va pas au Sweet Dream ?

    Eh bien, j’avais pensé… Derek chercha ses mots pour ne pas éveiller les soupçons de son ami. On pourrait peut-être changer pour une fois. L’omelette me fait vraiment envie.

    Ben, il y a des omelettes chez Meredith, aussi, fit remarquer Mark. Il ne comprenait pas ce revirement soudain de Derek qui, depuis des semaines, ne voulait plus aller déjeuner ailleurs que chez sa petite amie.

    Oui, bien sûr mais chez Meredith, il y aura aussi les autres, la blonde, la mégère. Et maintenant Alex en plus. Derek fit une moue. Pas franchement idéal pour discuter tranquillement.

    Depuis quand tu te préoccupes de ça, toi ? s’étonna Mark. Je m’en fous, moi, de ces gens-là. Et puis, t’imagines, Meredith ? Qu’est-ce qu’elle va penser si elle nous voit passer devant sa boutique pour aller bouffer chez la concurrence ? Elle va penser que c’est moi qui veux l’éviter, se dit-il. Parce que je suis gêné d’avoir pleuré devant elle, ou que sais-je. Super comme remerciement ! Il hocha la tête. On ne peut pas ne pas aller chez elle, Derek, reprit-il à voix haute. Il n’y a aucune omelette au monde qui vaille qu'on lui fasse de la peine.

    A court d’arguments, Derek renonça à insister pour ne pas éveiller les soupçons de son ami. Oui, tu as raison. Je ne sais pas où j’avais la tête. Allons chez Meredith. Ce fut avec des pieds de plomb qu’il recommença à marcher, sentant déjà le malaise l’envahir. La perspective de revoir Meredith, après ce qu’il avait fait cette nuit avec une autre, ne le réjouissait pas et il ne savait pas du tout quel comportement adopter pour que la jeune fille ne se doute de rien, devinant que de toute façon, quel que soit son choix, il serait dans l’excès.


  • Commentaires

    1
    Nolcéline 97234
    Mardi 1er Janvier à 22:53

    Bonsoir à tous, jusqu'à quand il va porter ce secret ? Bonne nuit à tous.

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