• CHAPITRE 807

    Rester ici avec toi me rendrait plus heureuse, reconnut Meredith. Mais je dois le faire. Elle embrassa Derek en lui passant la main dans les cheveux, avant de s’écarter. Je vais aller faire mes bagages, annonça-t-elle d’une toute petite voix.

    Cela surprit Derek. Déjà ? s’exclama-t-il en la retenant par la main. Mais ce n’est pas si urgent tout de même. Tu peux attendre encore quelques jours.

    Meredith secoua la tête de gauche à droite. Si je ne le fais pas tout de suite, je ne le ferai jamais. Alors, je vais faire mon sac tout de suite et comme ça, on aura le reste de la soirée pour nous. Elle lui sourit avant de sortir de la pièce.

    Elle arrivait à l’escalier quand Derek l’appela. Meredith. Elle se tourna vers lui et il lui jeta un regard suppliant comme lui seul savait le faire. Je peux venir avec toi ? S’il ne nous reste plus que quelques heures à passer ensemble, je ne veux pas perdre la moindre seconde avec toi.

    Elle lui tendit la main et il accourut vers elle. Tu parles comme si on n’allait plus jamais se revoir après, murmura-t-elle en se serrant contre lui.

    Non, bien sûr, mais ce ne sera plus la même chose. Ils montèrent l’escalier, main dans la main. On a passé les trois dernières semaines ensemble et… L’espace d’une seconde, il fut tenté de lui avouer qu’après ces trois semaines, qui avaient été un rêve pour lui malgré le dramatique événement qui en avait été la cause, il n’avait plus envie de la quitter, mais il se tut, effrayé par cette pensée toute nouvelle pour lui. Et c’était vraiment bien, se contenta-t-il de dire.

    Oui, c’était vraiment bien, confirma-t-elle avec le même détachement. Si Derek avait prononcé d’autres mots, s’il lui avait demandé de vivre avec lui, elle aurait changé ses projets.

    Ils entrèrent dans la chambre et Derek s’installa sur le lit tandis qu’elle sortait ses vêtements de la penderie pour les mettre dans ses sacs. Il la regarda faire, en se disant qu’il régnait une ambiance étrange dans la pièce, comme un parfum de désespoir. Quoiqu’elle en dise, il avait l’impression que c’était la fin de quelque chose. Une fois le dernier tee-shirt plié, elle vint s’asseoir près de lui. Voilà. Je crois que je n’ai rien oublié.

    Elle avait l’air si triste qu’il eut mal au cœur. Il la serra dans ses bras à l’en étouffer. Tu n’es pas obligée de rentrer, bébé. Tes bagages, on peut les défaire. Tu n’as qu’un mot à dire et… Il s’arrêta et attendit, plein d’espoir. Peut-être que si c’était elle qui le disait, ce fameux mot, ce serait plus facile pour lui d’exprimer ce qu’il ressentait.

    Non, je dois le faire.

    D’accord. Je comprends, déclara Derek même si ce n’était pas tout à fait vrai. Son regard tomba sur les sacs. Viens, allons ailleurs. C’est trop triste ici. Il la reprit par la main et l’entraîna rapidement en-dehors de la chambre. Qu’est-ce que tu as envie de faire ? Tu veux aller manger en ville ? On pourrait aller à Fisherman’s Wharf.

    Meredith se jeta dans ses bras. Non, je préfère qu’on reste ici pour notre dernière soirée.

    Tu vois, c’est toi qui dis que c’est notre dernière soirée, nota-t-il, avec une intonation douloureuse. Il enfouit son visage dans les cheveux de la jeune fille et ferma les yeux.

    Elle lui caressa la nuque. Oui, ici, dans cette maison ! Mais on aura encore beaucoup d’autres soirées. Elle regarda autour d’elle. C’est juste que j’ai adoré cette maison. Je m‘y suis sentie en sécurité et c’était important pour moi.

    Derek se sentit soudain un peu plus léger. Si tu veux, je peux demander à Mark de la garder, suggéra-t-il, les yeux brillants d’excitation. On pourrait venir ici quand on se voit. Ce serait plus sympa que les hôtels, ou ta chambre chez ta tante, avec les deux cinglées à côté, ajouta-t-il avec un petit sourire.

    Meredith leva sur lui des yeux remplis d’espoir. Tu penses qu’il serait d’accord ?

    Mais oui ! Il ne peut rien me refuser – il eut un sourire attendri – et encore moins à toi. De toute façon, il ne vient plus jamais ici, alors…

    Le visage de Meredith s’illumina. Oh ça, ce serait génial !

    Derek l’entraina jusqu’à la salle à manger et s’installa sur une chaise avant de la faire asseoir sur ses genoux. Tu te souviens de ce que je t’ai proposé ? Croyant qu’il allait à nouveau lui parler d’un moyen de contraception pour se passer des préservatifs, Meredith fut sur la défensive. Tu sais, de ne plus se voir seulement le vendredi… Il se mit à jouer distraitement avec un bouton du chemisier de la jeune fille. Soulagée, celle-ci acquiesça d’un signe de tête. Ben, tu vois, je pensais, reprit Derek en lui passant une main sur la cuisse, au-dessus du jean. C’est devenu un peu stupide, maintenant, ces arrangements, alors… Il lui sourit, plein d’espoir. On pourrait laisser tomber le calendrier et se voir quand on en a envie. Tous les jours, si on veut. Qu’est-ce que tu en penses ? lui demanda-t-il, sans toutefois réellement douter de sa réponse.

    Ce serait trop bien, répondit-elle d’une voix enjouée. Son cœur était gonflé d’allégresse à l’idée que Derek laissait tomber peu à peu les strictes barrières qu’il avait érigées autour de leur relation. Oh bien sûr, il était trop tôt pour chanter victoire, ce qui s’était passé à Aspen était là pour le lui rappeler. Derek restait méfiant et n’était pas encore prêt pour s’investir totalement comme elle l’aurait voulu, elle en était consciente. Mais chaque pas en avant représentait tout de même une victoire, aussi petite soit-elle.


  • Commentaires

    1
    Butterfly
    Jeudi 8 Novembre à 18:47

    Notre Meredith n'aurait-elle pas pris sa décision un peu rapidement ? Pourquoi est-ce si pressé de rentrer chez elle et à la boutique ? Avant, elle saisissait la moindre occasion pour être avec Derek et soyons honnête, la santé de sa tante était le cadet de ses soucis. Donc on sent bien que tout ça n'est qu'un prétexte. Pourquoi ? Pour amener Derek à se déclarer ou bien parce qu'elle a été déçue par lui et qu'elle veut prendre du recul pour réfléchir à leur relation ? 

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