• CHAPITRE 800

    Mark hocha la tête en faisant une petite grimace. Non, comme toi. Des questions sans réponses, des problèmes sans solutions. Donc insomnie.

    Et c’est quoi, tes problèmes ? Tu veux m’en parler ? demanda Meredith.

    Mark saisit le premier prétexte venu. C’est à cause de ma grand-mère. Après le coup de fil de cet après-midi, j’étais inquiet, alors je l’ai appelée.

    Pleine de compassion, Meredith lui prit la main. Et alors ? Comment va-t-elle ?

    Pas très bien. Il soupira. Son cœur est usé et, d’après ses médecins, on ne peut plus rien pour le guérir.

    Alors, il faut qu’elle voie d’autres médecins, suggéra Meredith. Tu dois bien connaitre d’excellents spécialistes.

    Je lui en ai parlé mais elle a refusé tout net.

    Et si tu insistes ?

    Mark esquissa un sourire. Ça ne changera rien. Personne ne peut obliger Momsy à faire quelque chose si elle n’en a pas envie.

    Meredith passa son bras sous celui de son ami et se serra contre lui. Ce n’est pas parce que son cœur est usé que ça veut dire qu’elle va mourir, affirma-t-elle pour le rassurer. Si elle fait attention, je suis sûre qu’elle peut vivre encore très longtemps. Et puis, rappelle-toi ce que les médecins disent toujours à ses patients : il ne faut pas perdre espoir. C’est bien ce que tu dis, non ?

    Mark fit la moue. Oui bien sûr. C’est notre rôle de leur dire ça. Mais, tu sais, dans certains cas, on le dit en sachant pertinemment que l’issue ne sera pas heureuse. Il se laissa aller en arrière, appuyant sa tête contre le dossier du canapé. Elle a évoqué plusieurs fois sa mort et ça, ça ne lui ressemble pas. Comme si elle sentait la fin venir, conclut-il dans un souffle.

    Ne sois pas triste, l’implora Meredith. Si tu es triste, je vais l’être aussi.

    Il se contenta d’opiner de la tête. Elle était là, si proche. Elle n’aurait pas pu l’être plus, son corps pesant sur le sien. Bien que cela ne l’aide pas à tenir ses promesses de ne pas succomber à la tentation, il ne bougea pas, se perdant dans son sourire et ses yeux, jusqu’à ce qu’il plonge la main dans les longues mèches blondes de la jeune fille pour les enrouler en boucles. Le silence s’installa entre eux.  

    Meredith ! Bébé ! Où es-tu ? La voix de Derek déchirant le silence de la nuit, sans se soucier aucunement de déranger le sommeil des autres habitants, fit sursauter les amis qui étaient pelotonnés l’un contre l’autre.

    Meredith se leva d’un bond en retirant à la hâte la robe de chambre qu’elle rejeta sur Mark. Je suis là, j’arrive, cria-t-elle à l’intention de Derek. Elle n’avait aucune envie qu’il la trouve en compagnie de Mark. Bien sûr, elle n’avait rien fait de mal mais elle connaissait assez son amant pour savoir qu’il n’apprécierait pas qu’elle l’ait abandonné en pleine nuit pour discuter avec Mark, en petite tenue qui plus est. J’y vais. Bonne nuit, chuchota-t-elle en faisant un petit signe de la main à son ami. Après avoir fait deux pas, elle se retourna vers lui. Merci d’avoir été à mon écoute, et aussi pour tes conseils, murmura-t-elle.

    C’est quand tu veux, répondit Mark sur le même ton. Il s’allongea dans le canapé, en pliant ses jambes, pour ne pas être vu depuis la porte, au cas où Derek arriverait.

    Meredith courut à la rencontre de son amant qui était déjà sur le palier. Voilà, je suis là Qu’est-ce que tu as cru ? Que j’avais disparu ? Mark tendit l’oreille pour essayer d’entendre la conversation.

    Mais qu’est-ce que tu faisais ? s’enquit Derek en la prenant dans ses bras. Quand il s’était éveillé et qu’il ne l’avait pas trouvée à ses côtés, il avait eu une impression étrange, comme un sentiment de peur au fond du cœur dont il n’aurait pu expliquer l’origine.

    Mais rien. Je suis montée pour boire un verre d’eau, c’est tout, se justifia-t-elle.  

    Derek fronça légèrement les sourcils. J’aurais juré t’entendre parler à quelqu’un.

    Oui, à Murphy, prétendit Meredith. Il voulait jouer, je lui ai dit de se calmer et de dormir. Elle l’enlaça par la taille pour descendre les escaliers.

    Mark n’entendit plus rien de la suite. En soufflant, il déplia ses jambes et, les deux mains sous la tête, fixa le plafond pour réfléchir. Certes, Meredith avait des doutes sur sa relation avec Derek. Mais à quelle vitesse elle s’était levée pour le rejoindre ! Et cette douceur empreinte de tendresse qu’elle avait dans la voix à chaque fois qu’elle s’adressait à lui et dont, vraisemblablement, elle n’avait pas conscience. Quant à la lueur qui s’était allumée dans ses yeux à la seconde même où elle avait entendu Derek l’appeler, Mark préférait l’oublier. Il se passa la main sur le visage en poussant un long soupir. Même si cela le faisait souffrir, il était bien obligé d’admettre que, malgré tout ce qu’elle lui avait dit ce soir, rien ne laissait entrevoir qu’il ait la moindre chance avec elle. Elle ne voyait rien d’autre en lui qu’un ami. Alors, à moins d’un soudain et peu probable retournement de situation, il allait bien devoir s’en contenter, faute de mieux.


  • Commentaires

    1
    Nolcéline 97234
    Vendredi 26 Octobre à 05:40

    Bonjour à tous,

    Merci pour ce 800ième chapitre, c'est à chaque fois la même chose l'espoir s'amenuise et s'évanouit aussi vite qu'il est venu mais sachant comment il est … 

    Quant à son meilleur ami il a ressenti un sentiment de peur en ne trouvant pas son amie si cette dernière se tient à ce qu'elle dit il n'a pas fini d'éprouver ce sentiment mais bon verra si cette fois-ci elle résiste et fait ce qu'elle dit …  Bon vendredi 26 octobre 2018 à tous.

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