• CHAPITRE 784

    Alors on a fait avec les moyens du bord, intervint Mark. J'ai ausculté Murphy avec un rouleau de papier chiottes.

    Callie secoua la tête en levant les yeux au ciel. Vous êtes complètement cinglés.

    Et fiers de l’être, mon chou, se moqua Mark. On a du cœur, nous, au moins. Et puis, ce brave Murphy vaut bien un rouleau de PQ. Il fit un clin d’œil à Meredith qui lui sourit.

    Tiens, comment vous connaissez son nom ? Derek abaissa à nouveau le regard vers le chien qui était en train de se lécher une patte. Il n’a pas de médaille à ce que je vois.

    Non. C’est ta meuf qui l’a baptisé, lui apprit Mark.

    Et pourquoi Murphy ? se renseigna Derek d’une voix plus douce.

    Meredith haussa les épaules. C’est un nom que j’aime bien pour un chien. Quand j’étais petite, mes grands-parents avaient un chien qui s’appelait comme ça. Il avait une drôle de tête, allongée, un peu comme un œuf, mais je l’adorais.

    Décidément, tu aimes les animaux horribles, persifla Callie.

    D’après ce que j’ai vu, toi, c’est les mecs horribles que tu aimes, riposta Meredith. Chacun son truc !

    La répartie fit éclater de rire Derek. Mark se retint de l’imiter en voyant les deux femmes se défier du regard. Allons, les filles ! Vous n’allez pas vous prendre la tête pour des conneries pareilles, tout de même ! Vexée que ses amis ne prennent pas son parti, Callie leur jeta un regard furibond.

    Agacé par sa réaction qu’il estimait exagérée, Derek leva les yeux au ciel. Oh c’est bon, Callie ! Epargne-nous ton numéro de femme outragée. De toute façon, Meredith a raison. On ne peut pas dire que ton Donnie n’était pas horrible. Blessée, Callie ne répondit pas, sachant qu’il ne lui donnerait jamais raison contre Meredith.

    Pour détendre l’atmosphère, Mark se leva avec un air guilleret. Quelqu’un veut un verre ? lança-t-il à la cantonade en se dirigeant vers la cuisine, sans se rendre compte que sitôt qu’il avait été debout, le chien avait relevé la tête pour ensuite se mettre péniblement sur ses pattes et le suivre en boitillant.

    Oh regarde Mark, c’est trop mignon ! Il te suit, s’extasia Meredith.

    Mark se retourna et vit Murphy qui clopinait sur ses traces. Ben où tu vas comme ça, toi ?

    Tu es son nouveau maitre, se réjouit la jeune fille. C’est toi qui l’as soigné, il sait que tu l’as sauvé et il t’a choisi. Elle s’assombrit brusquement. Mais c’est pas dangereux pour lui de déjà marcher ?

    Mais non ! assura Mark. Au contraire. Ça montre qu’il va mieux. Et puis, c’est bien qu’il fasse de l’exercice. Hein, mon gros ! Allez, viens avec papa…

    Derek sourit en pensant à la tête que feraient les membres du personnel de la clinique s’ils entendaient Mark parler ainsi. Finalement, le gros dur n’était jamais qu’un cœur tendre, amoureux des plantes et ami des animaux. Vous êtes mignons, tous les deux, lança-t-il à son ami avant d’aller s’asseoir dans le fauteuil qui faisait face au canapé où se trouvait Meredith. Il devina que, si elle restait la tête tournée dans la direction de la cuisine, c’était plus pour éviter de croiser son regard que par inquiétude pour le chien. Il baissa la tête. Par son attitude stupide, il s’était mis dans une situation dont il ne savait maintenant comment sortir.  

    Son nouveau compagnon toujours sur ses talons, Mark revint avec un plateau sur lequel il avait mis quatre verres, une bouteille de soda et une autre de whisky. Cet animal est vraiment horrible, dit Callie en frissonnant. J’aime bien les chiens d’habitude mais celui-là… En fait, plus que le chien en lui-même, c’était toute cette histoire qui la dérangeait. Elle n’en pouvait plus de voir les deux hommes de sa vie, bouche bée devant Meredith, la reine des nobles causes, la défenseuse des opprimés. Sainte Meredith qui ne faisait toujours que le bien autour d’elle ! Il est vraiment affreux, insista-t-elle. Beurk ! En plus, il a des plaques de poils qui manquent. Vous êtes sûrs qu’il n’a pas la gale ou quelque chose comme ça ?

    Mais on s’en fout de son apparence ! répliqua Meredith, choquée par le jugement exclusivement négatif et totalement insensible de Callie. Ce n’est pas ça qui compte. Elle se pencha pour caresser le chien qui venait de s’installer à ses pieds. C’est vrai qu’il n’est pas très beau. Mais ça, c’est parce qu’on ne s’est jamais bien occupé de lui. Et en plus, il a sûrement été abandonné. Ça doit faire plusieurs jours qu’il traine dans la rue sans manger. Et en prime, il est blessé. Alors, je ne sais pas qui serait beau après ça. Mais une fois qu’il sera retapé, il ne sera pas plus moche qu’un autre, conclut-elle avec fougue. 

    Cette fois, Derek ne put s’empêcher de la dévorer des yeux, avec un sourire attendri sur les lèvres. Il aimait l’ardeur avec laquelle elle exprimait son opinion, défendant ce pauvre chien avec la même conviction que s’il avait été un enfant maltraité. Elle n’épargnait pas sa peine pour défendre les faibles, quels qu’ils soient. Et lui qui était loin, très loin, de lui ressembler, qui parfois même, était de l’autre côté de la barrière, ne pouvait s’empêcher de l’admirer. C’était un sentiment qu’il n’éprouvait que rarement, et plus encore vis-à-vis d’une femme.


  • Commentaires

    1
    Butterfly
    Mardi 2 Octobre à 20:05

    Ah ils se parlent maintenant ! Quel progrès ! wink2 Mais j'espère que Meredith va le faire ramer un petit peu avant de se réconcilier 

    J'avais raison, Callie fait les frais de l'énervement de Meredith mais elle le mérite, elle est méchante avec ce pauvre chien

    2
    Nolcéline 97234
    Jeudi 4 Octobre à 17:30

    Bonsoir à tous,

    Callie et sa jalousie comme toujours ... Il est temps que cette semaine se termine doit-elle se dire?

    Je ne m'attendais pas à ce que Meredith réponde de cette manière à la chirurgienne mais elle a bien fait cool.

    Merci pour ce chapitre 784 .

    Bonne fin de jeudi à tous.

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