• CHAPITRE 769

    Meredith hocha la tête. Il n'y a rien à expliquer. Les soirées pépères et tout ça, j'ai bien compris, t'inquiète.

    Mark la tira jusqu'au salon où il la fit asseoir sur le canapé. Maintenant, tu vas m'écouter. Il pointa l’index vers elle quand elle ouvrit la bouche. Non, tu ne parleras plus tant que tu ne m'auras pas laissé m’expliquer. Il s’installa à ses côtés, une jambe repliée sous lui pour mieux se tourner vers elle. Hier, je me suis mal exprimé.

    Oui, oui, bien sûr. C'est ce qu'on dit toujours après, quand on se rend compte qu'on a été trop loin, rétorqua-t-elle en regardant droit devant elle pour ne pas croiser le regard de son ami.

    Pourquoi tu as dit qu'elles étaient pépères, alors ? lui demanda-t-elle avec une petite moue enfantine.

    Il haussa les épaules. Ah hier, hier… Je n'avais pas trop le moral, lui avoua-t-il. Tu sortais avec Derek et moi, j'allais me retrouver tout seul. Il prit un air penaud. Je me suis senti un peu abandonné. Et puis, vous voir tout le temps ensemble…

    Meredith opina lentement de la tête. Ça te donne l'impression que je t’ai volé ton ami et tu m'en veux pour ça, supposa-t-elle.

    Mark lui prit la main. Mais non, bien sûr. Je ne t'en veux pas du tout et certainement pas pour ça, assura-t-il. Tu ne m'as rien volé. Ce n'est pas parce que tu sors avec Derek qu'il n'est plus mon ami. Je sais que je peux toujours compter sur lui, là n'est pas le problème. Il est moins disponible, c'est vrai, mais c'est normal. Et je suis content pour lui mais… Il darda son regard perçant sur elle. Vous voir ensemble, tout ce que vous vivez, votre complicité, ça me fait réaliser à quel point mon existence est vide de sens. A part mon métier et mon amitié pour Derek, je n’ai rien, Mer. Et quand je rentre chez moi, je suis seul. Il baissa la tête, accablé par la triste réalité que les mots qu'il venait de prononcer venaient de lui faire apparaitre cruellement.

    Touchée par sa sincérité et la détresse qui ressortait de son aveu, Meredith lui caressa la joue dans un geste qui lui devenait familier. Pourquoi tu crois que j’insiste tout le temps pour que tu cherches quelqu'un de bien avec qui tu pourrais avoir une relation sérieuse ?

    Mais j’ai déjà trouvé cette personne. C’est toi. C’est de toi dont j’ai besoin pour enfin faire quelque chose de ma vie, eut-il envie de crier. Si tu crois que c’est facile, se contenta-t-il de dire.

    Non, je sais. Meredith posa brièvement la tête contre son épaule. Il resta les yeux rivés à leurs mains unies et resserra son étreinte, heureux de voir que la jeune fille n’était plus en colère contre lui. Mais quelquefois, l’amour vous tombe dessus sans qu’on l’ait cherché, ajouta-t-elle en se redressant. Il planta son regard dans le sien, peut-être dans l’espoir secret que cela suffirait à lui faire passer le message. Oui, il n’avait pas cherché à tomber amoureux d’elle et pourtant, c’était bien ce qui était en train de se passer. Elle lui agita son index sous le nez avec un air qui se voulait sévère. Mais ce n’est certainement pas en écumant les bars et les discothèques, en étant bourré, que tu vas faire des rencontres intéressantes.

    Bah, ça fait du bien parfois ! plaida Mark pour sa défense. Et hier, ça m’a permis d’oublier mes idées noires, prétendit-il avant de conclure sur un ton désinvolte, Et elle n’était pas si mal, la fille. Il observa la réaction de son amie en espérant y trouver ne fût-ce qu'une once de jalousie.

    Elle leva les yeux au ciel. Pas si mal pour le genre de choses que tu attendais d'elle, nuança-t-elle. Une fellation dans les toilettes du bar. Ou au mieux, tu as tiré ton coup vite fait. Franchement, tu vaux mieux que ça.

    Mark eut un petit sourire satisfait. Pas si vite que ça tout de même ! C’était une perfectionniste.

    Meredith haussa les épaules avec un air désapprobateur. Tant mieux pour toi mais je trouve ça dommage que tu te contentes d'aussi peu.

    Tout dépend de ce que tu entends par aussi peu, riposta Mark. Après, elle m’a emmenée chez elle et…

    Meredith leva sa main droite en l'air. Pas de détails, par pitié ! Quoi que t'ait fait cette fille, ça t'a rendu ta bonne humeur et ça me suffit. Mais quand on rentrera à San Francisco, il faudra que tu envisages sérieusement de te poser.

    Comme Mark ne pouvait pas lui dire que la seule avec laquelle il aurait pu envisager sérieusement une telle chose, c'était elle, il lui mentit pour clore le sujet. J’y penserai. Enfin, ce n’est pas ça, le problème. Je suis désolé que tu aies pu penser que je n’étais pas content d’être ici avec toi. Il porta la main de la jeune fille à sa bouche pour y déposer un léger baiser. Nos petites soirées, je les adore. Même si elles sont pépères, ajouta-t-il avec un sourire tendre. Une soirée pépère avec toi, c’est quand même un grand moment.


  • Commentaires

    1
    Nolcéline 97234
    Samedi 8 Septembre à 19:00

    Bonsoir à tous, 

    Merci pour ce numéro 769 ;

    Surtout pour lui lol 

    Quant à ses sentiments pour la jeune femme pour l' instant il parvient à les garder pour lui mais un jour ça sortira il lui dira tout simplement ou alors ça se matérialisera clairement aux yeux de celle-ci...

    Il lui avouera qui sait le jour où il trouvera lui aussi sa moitié? ( Ce que je lui souhaite).

     Ou alors bien avant que cela n' arrive ?  Je pencherais  plus pour cette deuxième option. Bon week-end à tous.

     

    2
    Butterfly
    Lundi 10 Septembre à 18:28

    Je ne pensais pas que Meredith était aussi rancunière. Heureusement Mark a su trouver les mots pour la remettre de bonne humeur 

    A part ça, je pense que Derek a tort de laisser trop souvent son ami avec sa petite amie. Des liens se tissent et si jamais il fait des bêtises, qui sait comment Meredith pourrait réagir ? 

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