• CHAPITRE 988

    Loin de toutes ces considérations diététiques, Derek poursuivait son monologue. Ça fait des semaines que je m’aplatis devant elle, que je rampe à ses pieds, juste pour qu’elle comprenne à quel point je l’aime, pour qu’elle sache que je suis vraiment sincère. Elle est la seule pour qui j’ai fait ça. La seule, tu m’entends ! Sa tête émergea de la blouse qu’il venait de passer et Mark put lire dans ses yeux qu’il était scandalisé. Et tout ce que je me ramasse dans la gueule, ce sont des reproches injustifiés sur des relations qui datent de Mathusalem. J’aurais pu comprendre qu’elle continue de m’en vouloir pour la nana de l’hôtel mais Callie… Derek ricana de plus belle. Et Abigail, bon sang ! Abigail ! Pfft. C’est la meilleure de l’année, celle-là. Il claqua la porte de son vestiaire si brutalement qu’elle se rouvrit immédiatement. Mais pour qui est-ce qu’elle se prend, nom de dieu ! cria-t-il, hors de lui.

    Mark tenta de justifier la réaction de Meredith. Elle a été blessée, alors…

    Derek ne le laissa pas continuer. Alors, elle va pouvoir aller de l’avant parce que je vais lui foutre une paix royale ! Je vais reprendre mes bonnes vieilles habitudes et l’oublier vite fait.

    Les lèvres de Mark s’étirèrent en un sourire moqueur. Mais oui, bien sûr ! Il regarda son ami avec un air taquin. Tu es fou de cette fille, ne dis pas le contraire.

    Et alors ? C’est une raison pour continuer à me ridiculiser ? objecta énergiquement Derek. C’est vrai, je l’ai trompée et c’était vraiment dégueulasse de ma part, je suis le premier à le reconnaitre, mais il n’y a pas eu que ça tout de même ! Il se laissa tomber sur le banc et parla d’une voix éteinte, comme si toute la colère qui était en lui venait de s’évanouir en une seconde. Pour elle, j’ai changé. J’ai fait des trucs que je n’avais jamais faits pour personne d’autre. J’ai renoncé à beaucoup de choses. Mais c’est comme si tout ça ne comptait absolument pas. Découragé, il secoua lentement la tête. Quoi que je fasse, quoi que je dise, ce n’est jamais assez pour elle. 

    Et donc, tu baisses les bras ? Tu abandonnes ? s’étonna Mark qui avait connu son camarade bien plus tenace que ça.

    Le regard que Derek leva sur lui n’était plus que lassitude. Elle ne veut plus de moi, Mark. Qu’est-ce que je peux y faire ?

    Te battre, pardi ! s’écria Mark. Te battre pour elle, pour lui prouver que ce n’est pas que des mots.

    Ça fait trois semaines que je me bats, soupira Derek. Pour rien. Il lança un regard résigné à son ami. Sans doute qu’on n’était pas fait pour être ensemble.

    Mark hocha la tête, en même temps qu’il revêtait sa blouse blanche. Je ne suis pas sûr de grand-chose dans la vie mais ça, en revanche… Vous deux, c’est… c’est une évidence, lâcha-t-il enfin, après avoir réfléchi au terme le plus approprié.

    Derek quitta son banc pour passer, lui aussi, la blouse blanche au-dessus de sa tenue bleue. Tu dois être le seul à être de cet avis, je crois. Il ouvrit la porte qui donnait sur le couloir et les deux hommes sortirent du vestiaire.

    Laisse passer un peu de temps, lui conseilla Mark, et réattaque dans quelques jours.

    Ça ne servira à rien, s’entêta Derek. Plus je lui cours après, plus elle me repousse. Il salua d’un bref signe de tête un confrère, le chef du service de la chirurgie obstétrique qui marchait au milieu d’un groupe de jeunes médecins qui buvaient ses paroles.

    Putain, ce n’est tout de même pas à toi que je vais apprendre que si tu veux avoir une fille, il ne faut jamais, jamais lui courir après, plaisanta Mark, en faisant au passage un clin d’œil à une jeune femme qui sortait du secrétariat et avec qui il avait couché une ou deux fois le mois précédent. A partir d’aujourd’hui, ignore-la et elle viendra te manger dans la main. 

    Pas Meredith, répondit Derek. De toute façon, je n’ai plus envie de jouer à ces jeux-là. Je suis fatigué de tout ça. C’est bon, je jette l’éponge.

    A ta place, j’attendrais encore un peu pour ça, lui conseilla Mark. Regarde qui est venu nous rendre visite. Derek se tourna dans la direction que son ami lui indiquait d’un léger mouvement de la tête. Il aperçut, assise sur une chaise, Meredith qui, tout en croisant et décroisant nerveusement les jambes, faisait aller sa tête dans tous les sens en mordillant le bout de ses doigts. Elle semblait attendre quelqu’un. Elle remarqua immédiatement les deux hommes et se leva d’un bond. Elle leva légèrement la main droite, les doigts écartés, en guise de bonjour. Malgré sa colère, Derek dut se retenir de courir vers elle. Le désir et l’amour restaient plus forts que le ressentiment et il eut la confirmation de ce dont il était déjà parfaitement conscient, à savoir qu’il ne réussirait jamais à tirer un trait sur elle. Mark remarqua son trouble et sourit. L’oublier hein ! murmura-t-il, en prenant garde de ne pas trop remuer les lèvres, pour que Meredith ne puisse pas comprendre ce qu’il disait. Allez, va la retrouver et essaie d’arranger les choses. Elle en vaut la peine.

    Indécis, Derek se détourna de Meredith pour regarder Mark. Celui-ci l’encouragea d’une légère poussée de la main dans le dos. Derek prit une grande inspiration et rejoignit la jeune fille. Bonjour, dit-il sans trop savoir s’il devait s’avancer pour l’embrasser ou garder ses distances. Où en étaient-ils après la discussion de la veille ? Etait-elle venue pour faire la paix ou le torturer un peu plus ?

    Salut, marmonna-t-elle. J’te dérange pas ?


  • Commentaires

    1
    Butterfly
    Dimanche 4 Août à 00:40

    Derek ne comprend pas que Meredith lui en veut de ne pas se confier à elle plus que pour ce qu'il a fait avec les femmes, et qu'elle lui a déjà pardonné à mon avis 

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