• CHAPITRE 977

    Je ne trouve pas, répondit Meredith avec douceur. C’est plutôt mignon. Elle retira le bouchon du flacon de "Coco Mademoiselle" et répandit quelques gouttes du parfum sur l’intérieur de son poignet, qu’elle porta ensuite à ses narines. Ça sent merveilleusement bon. Elle fixa son ex de son regard à la fois candide et pénétrant. Qu’est-ce que tu voulais me dire avec tout ça, Derek ?  

    Encouragé par son attitude, il se mit à parler. Il y a eu ce soir où je t’ai retrouvée au Gravity, et puis notre dernière nuit à la maison de la plage et ce moment où tu m’as dit que tu m’aimais. C’était la première fois que tu me le disais, lui rappela-t-il avec une voix enrouée qui dénotait son émotion. Elle hocha la tête, sans chercher à cacher les larmes qui envahissaient ses yeux. Si je ne t’ai pas dit que je t’aimais aussi, c’est parce que je… Il hésita un instant, craignant de ne pas s’exprimer correctement. C’est quelque chose que je n’ai presque jamais dit, Meredith. Pour moi, c’est lourd de sens. Je ne voulais pas avoir l’air de le dire par obligation. Je t’aime, oui, moi aussi. Tu vois le genre. Je voulais que, quand je te le dirais, ce ne soit pas banal. Parce que quand, toi, tu l’as dit, c’était tout sauf ça. Quand tu m’as dit que tu m’aimais, je me suis senti libre comme je ne l’avais jamais été. La jeune fille étouffa un sanglot et il quitta sa chaise pour venir s’agenouiller devant elle. Je n’ai plus eu envie de lutter contre ce que j’éprouvais. Et ce que j’éprouvais… – il prit timidement la main de son amie – c’est que je pouvais enfin faire tomber toutes ces barrières que j’avais élevées pour me protéger. Cette péniche – ses yeux firent le tour de la chambre – c’est mon antre, mon jardin secret. Je n’y ai jamais admis personne, à part Mark. Doucement, il s’enhardit à jouer avec les doigts de Meredith. Ce matin-là, à la maison de la plage, quand tu m’as dit je t’aime – ses lèvres s’étirèrent en un doux sourire ému – j’ai su que je voulais que tu viennes ici. C’était ça, mon idée au drugstore. Te dire qu’on n’avait plus besoin de se voir à l’hôtel ou à la maison de la plage, qu’on pouvait se retrouver ici. Je t’aurais fait de la place dans les armoires, pour que tu y mettes quelques affaires. Comme ça, tu n’aurais pas été obligée de rentrer aussi souvent chez ta tante. Et tous ces trucs – il fit un geste vers les produits qu’elle avait éparpillés sur l’édredon – c’était pour que tu te sentes ici comme chez toi. C’était ma façon de te dire que je t’aimais et que tu comptais pour moi.

    Meredith l’avait écouté en silence, buvant chacune de ses paroles. Il venait de lui dire ce qu’elle rêvait d’entendre depuis le premier jour de leur relation. Il était certain que, lorsque Derek Shepherd se décidait à parler d’amour, c’était tout sauf ordinaire. Cependant, aussi beaux que soient ces mots, ils ne suffisaient pas à répondre à toutes les interrogations qui la minaient depuis qu’elle avait surpris les confidences faites à Callie. Si tu m’aimes autant que tu le dis, comment as-tu pu coucher avec ces femmes ? lui demanda-t-elle, la voix tremblotante des pleurs qu’elle avait de plus en plus de mal à contenir.

    Voilà, on y était ! La grande explication, la confession, le mea culpa… Derek appréhendait ce moment autant qu’il l’attendait. Se justifier n’était pas ce qu’il faisait de mieux – toujours son foutu orgueil – mais, maintenant que Meredith semblait prête à entendre ses arguments, il allait se faire violence pour avoir une chance de la convaincre et de la récupérer. Cela faisait trop longtemps qu’ils étaient dans une impasse. Il s’assit à ses côtés. Au tout début… je n’étais pas vraiment impliqué, je l'avoue. J’étais bien avec toi mais je n'envisageais pas du tout que ça s'inscrive dans la durée. Pour moi, ce n’était pas sérieux, nous deux. Et quand j’ai réalisé que ça commençait à le devenir… j’ai paniqué, reconnut-il, son regard planté dans celui de Meredith. J’ai voulu me convaincre que ce que je m’étais juré tenait toujours, que je n’avais pas changé, que je n’étais pas vraiment attaché à toi. J’ai couché avec ces femmes parce que… Il cessa brusquement de parler pour tenter de se remémorer quelles avaient été ses motivations à l’époque. Qu’avait-il cherché auprès de ces inconnues ? Du plaisir, de l’oubli, du réconfort ? Non, certainement pas. Je voulais seulement garder le contrôle, confessa-t-il. Il eut mal au cœur en voyant les larmes de la jeune fille couler sur son visage. Comme cela devait être douloureux pour elle de l’entendre dire qu’il avait commencé par bafouer leur relation, alors qu’elle s’y était investie totalement ! Pourtant il était obligé d’en passer par-là pour lui faire comprendre à quel point il avait évolué. Alors oui, je t’ai trompée, juste pour me prouver que j’étais toujours le même. Mais ce n’est arrivé que deux fois, ajouta-t-il immédiatement, s’accrochant à l’espoir que le nombre peu élevé de ses erreurs jouerait en sa faveur. Parce qu'à chaque fois, j'ai trouvé ça pathétique, horrible même, et surtout, ça me faisait me sentir vraiment mal vis-à-vis de toi. C'est comme ça que j'ai réalisé que je n’avais plus envie de ce genre de relation. Je n'avais plus envie de trahir ta confiance. Et c'était tellement mieux avec toi, alors… Il avança la main vers le visage de Meredith et lui prit une mèche de cheveux pour la faire glisser entre ses doigts. Ensuite, il y a eu ton agression qui m’a fait prendre conscience de tant de choses. Il s’emballa peu à peu. Puis, notre séjour à Aspen. Ça a été le plus beau moment de toute ma vie. Etre avec toi vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ça a vraiment été une révélation. Mais on est rentré et tu n’as pas voulu rester avec moi.

    Meredith l'interrompit sur un ton plein d'amertume. Et tu as été contrarié, alors tu t’es vengé. Elle se souvenait parfaitement des scènes que Derek lui avait faites parce qu’elle insistait pour rentrer chez sa tante et reprendre le travail à la boutique. Parce qu’elle n’avait pas cédé à ses prières, il avait voulu la punir. Pour cela, il n’avait pas lésiné sur les moyens : colère, bouderie, reproches immérités, fuite à Miami et, comme point d’orgue, Madelina.

    Non, protesta-t-il énergiquement. Je ne me suis pas vengé. Ce n’est pas du tout ça. Il prit le visage de Meredith entre ses mains pour qu’elle ne puisse pas se détourner de lui. C'est vrai que je n'ai pas compris pourquoi tu voulais repartir directement chez toi, et encore moins pourquoi tu ne voulais pas qu'on passe la soirée ensemble. Et c'est vrai que je me suis senti rejeté. Mais à aucun moment, je n'ai voulu me venger. Ça ne m’est même pas venu à l’idée, je te le jure. C'est juste que… Il déglutit avec peine. Me retrouver seul, sans toi, ça a été terrible. Je suis revenu ici et pour la toute première fois, je m'y suis senti mal, pas à ma place, comme si… je ne sais pas comment t'expliquer ce que j'ai ressenti. C'était comme si je n'étais plus rien sans toi. C’est comme ça que j’ai pris conscience que je t’aimais. Et ça, ça m’a fait peur, mais tellement peur !  


  • Commentaires

    1
    Butterfly
    Mercredi 17 Juillet à 22:03

    Ah enfin, il lui explique ce qu'il ressent et pourquoi il a agi comme il agi, il était plus que temps ! 

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