• CHAPITRE 974

    Au fur et à mesure que Meredith avançait sur le quai Liberty, abondamment garni de plantes en bacs devant chaque demeure, elle découvrait avec étonnement ce monde à part qu’était le quartier des maisons flottantes de Sausalito. Des péniches dont on se demandait comment elles tenaient encore debout avoisinaient des constructions récentes qui surprenaient par leur gigantisme : plusieurs étages, terrasses, jardins suspendus, serres…

    On ne peut plus appeler ça une péniche, fit remarquer la jeune fille en montrant à Derek une maison flottante à deux étages, avec une immense terrasse. Celle-là est magnifique.

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    Il paraît que son propriétaire l’a achetée plus d’un million de dollars, lui apprit-il sur un ton détaché, comme s’il trouvait ce prix tout à fait normal.

    Meredith écarquilla les yeux sous l’effet de la stupéfaction. Tu plaisantes ? Derek hocha la tête. C’est dingue ! s’exclama-t-elle. Un million de dollars ! Il y avait tant de choses à faire avec une telle somme, à commencer par aider les plus nécessiteux, ou encore découvrir le monde ou bien... Si on a autant d'argent, pourquoi ne pas acheter une vraie maison alors ?

    Derek haussa légèrement les épaules. Parce qu’il y a ici un mode de vie qu’on ne trouve nulle part ailleurs.

    À ce prix-là, j’espère bien ! ironisa Meredith. Personnellement, je ne mettrais pas autant d’argent dans une péniche.

    Tu viens de dire qu’on ne pouvait pas l’appeler comme ça, lui rappela Derek, légèrement moqueur.

    Meredith lui lança un regard sarcastique. Allons, Derek, ne me dis pas que tu habiterais ici !

    Et pourquoi pas ? répliqua-t-il, curieux de connaitre sa réponse. Elle se faisait tellement d’idées fausses à son sujet. Mais sans doute en était-il le seul responsable.

    Parce que c’est… c’est trop… c’est trop bohème, lâcha-t-elle enfin, après avoir réfléchi au terme le plus approprié. Ça ne te ressemble pas du tout.

    Si tu le dis. D’une légère poussée de la main dans son dos, Derek entraina la jeune fille vers la gauche, devant une péniche recouverte de lattes imitation bois.

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    Perplexe, Meredith le regarda s’engager sur la passerelle. Qu’est-ce que tu fais ?

    Ne reste pas là. Viens, répondit-il avec un petit sourire.

    Mais où est-on ? s’inquiéta Meredith en regardant aux alentours, parce qu'elle s’attendait à voir surgir quelqu’un qui viendrait leur demander ce qu’ils faisaient là. Elle rejoignit son ex petit-ami d'un pas pressé. Tu connais les gens qui habitent ici ?

    Il sourit. Un peu, oui, dit-il en ouvrant la porte avec la clef qu’il avait retirée discrètement de sa poche quelques secondes plus tôt. Entre, je t’en prie.

    Meredith franchit le seuil avec défiance en s’accrochant au bras de son compagnon. Où sommes-nous ? chuchota-t-elle, de plus en plus stressée.

    Chez moi. Derek se dégagea avec douceur pour enlever sa veste qu’il jeta négligemment sur une chaise en osier qui se trouvait dans l’entrée. On est chez moi, répéta-t-il avec un sourire dont il ne réalisa pas qu’il était ému. A la seconde même où Meredith avait pénétré chez lui, il avait eu l’impression que tout se mettait en place et que sa vie prenait enfin un sens. Il regretta de ne pas l’y avoir amenée plus tôt.

    Chez toi ? ânonna-t-elle, stupéfaite. Soudain, elle se remémora la conversation qu’ils avaient eue quelques instants plus tôt. Comment n’avait-elle pas compris ? Bien sûr ! Tu me fais un cours d’histoire sur l’endroit, tu me parles des prix…

    Et j’ouvre la porte avec une clé, ajouta Derek avec une tendre ironie. Il passa derrière son amie pour l’aider à enlever sa veste.

    Oui, j’aurais dû comprendre, admit-elle en dégageant son bras de la manche. Pour la première fois depuis qu’elle était à l’intérieur, elle regarda timidement autour d’elle. Ça fait longtemps que tu vis ici ?

    Un peu plus de cinq ans. Derek la poussa doucement vers l’intérieur de la pièce. Un soir, j’ai raccompagné une fille qui habitait ici et j’ai eu le coup de foudre.

    Pour la fille ? questionna Meredith, en prenant toutefois soin de ne pas avoir l’air trop concernée.

    Derek sourit. Non, pour l’endroit. Il se souvint de l’étrange impression qu’il avait eue à l’époque en découvrant la Marina et toutes ces péniches. Pour la première fois de sa vie, il s’était senti vraiment à sa place. Dès le lendemain, j’ai pris contact avec une agence immobilière, j’ai lu les annonces et j’ai traîné dans le coin jusqu’à ce que je trouve ce que je voulais.

    Et cette fille ? Meredith aurait tellement aimé pouvoir encore jouer l’indifférente mais elle n’était plus capable de donner le change. Dès que Derek avait fait mention de cette autre conquête, elle avait senti la jalousie l’envahir. Elle ne supportait pas l’idée qu’il continue à fréquenter cette femme, même en tant que simple voisine. Elle habite toujours dans le coin ?


  • Commentaires

    1
    Butterfly
    Dimanche 14 Juillet à 17:15

    Elle a l'air sympa la péniche de Derek. J'ai hâte de la visiter happy

    Et Meredith qui n'arrive pas à cacher qu'elle est jalouse, c'est bien ça. 

    2
    Penny
    Dimanche 14 Juillet à 22:14

    Je me demande ce que cette discussion va donner et j'ai hate de savoir

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