• CHAPITRE 972

    Lorsque le Hummer s’arrêta devant l’immeuble, Mark leva la tête vers le dernier étage où se trouvait son loft. Bon, me voilà chez moi. Il se tourna vers ses amis. Je vous aurais bien invités à monter pour boire un verre mais j’imagine que vous avez mieux à faire. Il sourit en voyant Meredith rougir et se dit que le fait qu’elle ne proteste pas était de bon augure pour Derek. Tu viens me chercher demain matin ? demanda-t-il à ce dernier.

    Derek ne réfléchit que quelques secondes avant de porter la main à sa poche. Prends plutôt la Porsche. On échangera demain, à la clinique.

    Rouler avec ta caisse ? Le sourire légèrement moqueur, Mark prit la clé que son ami lui tendait. Quelle déchéance ! plaisanta-t-il en faisant un clin d’œil à Meredith Son sourire se figea lentement. Bon… eh bien… Il prit une profonde inspiration. Je voulais vous dire… merci. Vraiment. Je ne crois pas que j’y serais arrivé sans vous.

    Arrête de déconner, grogna Derek que les manifestations d’émotion mettaient toujours mal à l’aise. On n’a rien fait de spécial.

    C’est toi qui déconnes, là, protesta Mark. Tu t’es occupé de… de tout en fait. Et puis… – son regard se posa sur Meredith avec tendresse – vous avez mis vos différents de côté pour moi et… Enfin, j’apprécie.

    C’est comme ça que font les vrais amis, je pense, répondit simplement Meredith, qui espérait réussir à retenir les larmes qui menaçaient encore de couler. Derek se contenta d’acquiescer.

    Le regard de Mark passa de l’un à l’autre. Oui, vous êtes de vrais amis, je sais. Il toussota pour chasser l’émotion qui montait en lui. Allez, je vais vous laisser partir. Ils sortirent tous les trois de la voiture. Mark ouvrit le coffre pour y prendre son sac avant de se tourner vers Meredith. Au revoir, ma belle. Il se pencha vers elle pour l’embrasser, un baiser sur chaque joue. Ensuite, il échangea un regard avec Derek. Ils n’avaient jamais éprouvé aucune pudeur à se retrouver nus dans les vestiaires, à se raconter leurs fredaines, ou encore à participer à certaines parties fines dans lesquelles ils se partageaient les mêmes filles. En revanche, ils arrivaient très difficilement, pour ne pas dire pas du tout, à exprimer leur amitié par des mots, sans doute parce que les mots auraient exposé des sentiments qu’ils n’étaient pas certains de pouvoir gérer. Ce fut pour cette raison qu’ils se contentèrent d’une virile accolade. Arrivé à la porte de son immeuble, Mark se retourna encore une fois. Je voulais encore vous dire… j’espère vraiment que vous allez vous retrouver. Il s’adressa soudain plus particulièrement à Meredith. Parfois, ce n’est pas facile de pardonner. Peut-être que pour y arriver, il faut regarder l’ensemble. Prendre en compte toute l’histoire, et si au final, le bilan est positif malgré tout, alors il ne faut pas se focaliser sur les erreurs qui ont été commises. Il enveloppa ses amis d’un regard tendre, presque paternel. Si vous vous aimez vraiment, pensez-y. Ne perdez pas de temps. La vie est trop courte. Sur ces mots, il s’engouffra dans le bâtiment.

    Derek regarda Meredith avec intensité. Considérer leur histoire dans son ensemble… Ses secrets et ses mensonges pèseraient lourd dans la balance, il en était conscient. Mais il n’était plus le même homme et il allait le lui prouver, pas plus tard que maintenant. Il lui rouvrit la portière. On y va ?

    Elle le remercia d’un sourire et grimpa dans l’imposante voiture. Tandis qu’il regagnait sa place, elle pensa aux paroles de leur ami. Ne pas se focaliser sur les erreurs… Jusqu’à présent, elle n’avait fait que ça. Mais Mark avait raison, il fallait avoir une vue d’ensemble. Elle commençait à dresser mentalement la liste des pour et des contre lorsqu’elle remarqua que Derek ne prenait pas la direction de la maison de sa tante. Tu ne me ramènes pas chez moi ? s'étonna-t-elle, légèrement anxieuse.

    Avant, j’aimerais te montrer quelque chose. Tu veux bien ? l’implora-t-il en priant qu’elle n’exige pas qu’il la raccompagne chez elle. Elle y consentit par un léger mouvement de tête et il lui sourit pour la remercier. Au début, elle regarda défiler les rues de la ville et les voitures se livrer à leur ballet habituel en cette heure de pointe. Cependant, elle se lassa assez vite du spectacle pour se reporter sur son compagnon. Elle avait toujours adoré ces moments où, pendant qu’il était trop absorbé par la circulation que pour faire attention à elle, elle pouvait l’observer à loisir. Elle s’amusait à noter les petites imperfections, comme son nez un peu tordu et légèrement busqué, sa lèvre supérieure peut-être un peu trop fine ou encore la petite cicatrice qu’il avait sur le front. Pour elle, c’était ces défauts qui rendaient son visage vraiment intéressant. Il remarqua alors qu’elle le regardait. Qu’est-ce qu’il y a ? l’interrogea-t-il sans cacher qu’il était heureux de l’intérêt qu’elle lui portait. Qu’est-ce que j’ai ?

    Ton nez… Elle posa le bout de son index sur l’arête de son propre nez. Il a une petite bosse là… et il est un peu tordu.

    Le rire léger du chirurgien résonna dans l’habitacle. Souvenir d’une piste noire descendue un peu trop rapidement. A Aspen, précisa-t-il. J’avais quinze ans environ. Et la cicatrice, là – il désigna le milieu de son front – c’est une chute à moto, deux ans plus tard. On faisait une course avec Mark. Il était en train de gagner alors j’ai accéléré, un peu trop vite, et la moto s’est renversée. Autre chose que tu aimerais savoir ?

    Meredith fronça les sourcils en voyant qu’ils prenaient la direction du Golden Gate Bridge. Oui. Où est-ce que tu m’emmènes ?

    De l’autre côté du pont, à Sausalito. Tu connais ?

    Elle secoua la tête. Non. Et qu’est-ce qu’il y a à Sausalito ? Sans doute un restaurant renommé dans laquelle il voulait l’emmener pour l’épater. Un endroit de rêve où il en profiterait pour lui demander pardon encore une fois et plaider sa cause. 

    Un endroit où j’aurais dû t’emmener depuis longtemps, murmura Derek, de façon presque inaudible, en lui serrant furtivement la main.


  • Commentaires

    1
    Butterfly
    Dimanche 14 Juillet à 17:00

    Oh mon dieu, je partie qu'il va l'emmener chez lui. Enfin ! H-Je suis d'accord avec lui, il y a très longtemps qu'il aurait du le faire !!!

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