• CHAPITRE 954

    Lindsay eut un petit rire de gorge qui horripila Meredith. C’est à ce barbecue que tu m’as embrassée pour la première fois, tu te souviens ?

    Comment l’oublier ? susurra Derek, enchanté de voir les yeux de Meredith étinceler de colère. Ça aussi, c’était vraiment un grand moment.

    Oh c’est gentil, ça, minauda Lindsay.

    C’était plus que ne pouvait en supporter Meredith. Sans même s’excuser auprès de ses compagnons, elle se leva et alla rejoindre Taylor qui observait Nick en train de tondre la pelouse. Quelle conne, celle-là ! grogna-t-elle entre ses dents. Regarde-la qui se trémousse comme une pouff !

    Une chance que le ridicule ne tue pas ! rétorqua Taylor qui, elle non plus, n’appréciait pas cette intruse qui venait parader sur son territoire.

    Et l’autre naze, là, qui n’arrête pas de lui sourire ! Meredith détourna rapidement la tête en voyant que Derek l’observait. Il ne fallait surtout pas qu’il pense qu’elle s’intéressait à lui.

    Manifestement, elle lui a laissé un très bon souvenir, railla Taylor.

    Ça me rend malade ! enragea Meredith. Il me jure qu’il a changé mais, maintenant, il la drague sous mon nez. Elle n’en pouvait plus de voir Derek faire le beau, adresser à une autre des sourires et des regards qu’elle voulait pour elle, seulement pour elle. Cet après-midi, elle avait passé deux heures magnifiques avec lui, pendant lesquelles il lui avait semblé retrouver un peu de leur ancienne complicité. Elle avait été triste de devoir le quitter et elle avait eu l’impression que c’était un sentiment partagé. Elle s’était dépêchée de revenir et pourquoi ? Pour assister à ça ! Il n’est même pas gêné, remarqua-t-elle, découragée.

    Chassez le naturel, il revient au galop ! laissa tomber Taylor avec mépris. Elle jeta un regard furibond au trio qui s’esclaffait une fois encore. Et quand est-ce qu’elle va arrêter de rigoler, la vieille ?

    On dirait une hyène ! renchérit Meredith, heureuse d’avoir une alliée. La comparaison fit pouffer de rire les deux filles. C’était si bon de pouvoir se moquer de l’ennemie.

    Hé ! Regarde là-bas qui arrive, chuchota soudain Taylor, en pointant discrètement du doigt une voiture qui remontait l’allée. Ça, ça risque d’être bien plus intéressant que Miss Pétasse qui se pâme avec ses deux fans. On devrait peut-être aller faire un tour du côté des écuries.

    Bien plus tard, en y réfléchissant, Meredith se retrouva incapable de comprendre sa réaction. Elle avait simplement obéi à une impulsion sans se demander si c’était bien ou mal, sensé ou stupide. Elle l’avait fait parce que cela lui avait semblé être la seule chose à faire pour damner le pion à Derek et sa conquête. Oh Jonas, s’écria-t-elle après avoir reconnu le conducteur. Elle haussa le ton pour être certaine d’être entendue de tous. Il est enfin là ! Il m’a tellement manqué. Elle s’élança hors de la pièce, captant au passage les regards stupéfaits de Derek et Mark.

    C’est qui, Jonas ? se renseigna Lindsay avec curiosité.

    Le petit chéri de Meredith, tiens ! répondit Taylor qui avait deviné le but poursuivi par sa camarade. Terriblement contrarié, Derek la rejoignit à la fenêtre, pour voir Meredith qui courait à toutes jambes vers un jeune homme dont elle hurlait le prénom.

    Jonas, Jonas… je suis là. Heureusement pour Meredith, Derek était trop loin pour voir la stupéfaction s’inscrire sur le visage de Jonas lorsque la jeune fille se jeta sur lui. Je vais tout t’expliquer, mais là, maintenant, j’ai juste besoin que tu me prennes dans tes bras. Toujours aussi sidéré, Jonas – qui n’avait rencontré Meredith que deux fois – referma mollement les bras autour de ses épaules. Mieux que ça ! gronda-t-elle. Serre-moi fort.

    Mais pourquoi ? Qu’est-ce qui se passe ? murmura Jonas qui ne voyait vraiment pas où cette fille, dont il ne savait que très peu de choses, voulait en venir.

    Meredith comprit qu’elle lui devait un début d’explication si elle voulait qu’il joue le jeu. Normalement, il y a un homme qui nous observe depuis la maison. Elle sentit que Jonas relevait la tête pour vérifier ses dires. Non, ne regarde pas, lui ordonna-t-elle. Il ne doit pas se douter. Je veux qu’il s’imagine des trucs, tu comprends ?

    Ah fallait commencer par ça ! s’exclama Jonas, amusé. Allez, viens par ici, chérie. Avec un petit rire, il enlaça la jeune fille par la taille. Et qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Meredith se serra contre lui et l’emmena, avec un grand sourire, vers les écuries. Elle n’avait pas besoin de regarder derrière elle pour savoir que Derek n’avait rien perdu du petit numéro qu’elle venait de faire. C’était comme si elle sentait le poids de son regard dans son dos.

    Effectivement, le chirurgien était toujours à la fenêtre, trop énervé pour avoir remarqué ce que cette scène avait d’étrange. Tout ce qu’il avait vu, c’était Meredith, sa Meredith, qui se jetait dans les bras d’un jeune blanc-bec. Mais d’où il sort, ce guignol ? demanda-t-il dans un chuchotement, sans attendre vraiment de réponse. Tout cela ne ressemblait pas à Meredith. Elle était droite et intègre, pas le genre à sortir avec un homme en en aimant un autre. Et s’il y avait une chose dont il était certain, c’est qu’elle l’aimait encore. Il l’avait lu dans ses yeux, cet après-midi, pendant qu’ils discutaient sur le banc. Alors, à quoi rimait tout ceci ? Je ne comprends plus rien, avoua-t-il, dépité.


  • Commentaires

    1
    Butterfly
    Dimanche 16 Juin à 22:21

    Ah la Meredith elle a fait fort ! Mais je la comprends, Derek devrait s'abstenir de faire du gringue à Lindsay devant elle, il devrait plutôt essayer de se faire pardonner. Mais le pauvre Jonas risque de se ramasser un coup de poing dans la figure sans comprendre pourquoi. 

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :