• CHAPITRE 844

    Tellement banale qu’elle en a pleuré après que tu sois parti, révéla Mark. Nom de dieu, ne me dis pas que ça ne te fait rien !

    Derek serra les dents. Bien sûr que ça lui faisait quelque chose ! Il était malade rien que d’y penser. Mais il était tellement orgueilleux qu’il lui était impossible de le reconnaître. Ce n’est pas ma faute si elle dramatise, grogna-t-il.

    Mark eut l'air abasourdi. Ah bon, elle dramatise ? Si tu le prends comme ça, alors, je laisse tomber !

    Mais je ne te demande rien d’autre, s’écria Derek, en levant les yeux au ciel, comme s’il était soulagé que son ami ait enfin compris ce qu’il attendait de lui. Combien de fois t’ai-je demandé de ne pas te mêler de nos affaires ? Ce qui se passe entre Meredith et moi ne regarde qu'elle et moi. Et ton amitié pour elle ne te donne pas tous les droits ! se dépêcha-t-il d’ajouter en voyant son ami ouvrir la bouche pour répliquer.

    Mais ça me donne le droit de la protéger de ta connerie ! cria Mark, furibond. Est-ce qu’au moins tu te rends compte du mal que tu lui as fait ? Et je ne parle pas de celui qu’elle aura si elle…

    Derek ne le laissa pas s'exprimer. Maintenant, tu me fais vraiment chier, Mark ! répliqua-t-il avec force. Et pourtant, oui, il savait que Mark avait raison. Il avait remarqué la réaction de Meredith, ses yeux pleins de larmes, la déception qu’elle avait éprouvée face à sa méchanceté. Il aurait aimé être capable de réagir autrement mais ce n’était pas possible. Il était conscient de ses torts mais il aurait préféré crever plutôt que de les admettre à haute voix.

    Oui, ça, quand on pointe tes erreurs du doigt, ça te fait chier, forcément, ironisa Mark.

    C’est ça, c’est ça… Mister Perfect ! Derek s’assit à une table et feignit de ne plus faire attention à son ami.

    Celui-ci hocha la tête. Oh non, je ne suis pas parfait ! Loin de là ! Mais moi, au moins, je ne suis pas mesquin. Derek releva aussitôt la tête. Oui, mesquin, insista Mark. Tu as bien entendu. Parce que ce tu lui as dit à propos de ta Porsche…. Il regarda son ami avec incrédulité. Tu y tiens donc tant que ça, à ta putain de carrosserie ?

    Je m’en fous complètement, grommela Derek. Mais ça ne sert à rien de lui apprendre à conduire avec une bagnole qui n’est pas automatique.

    Alors pourquoi tu ne lui as pas dit ça plutôt ? s'étonna Mark. Derek haussa les épaules. En tout cas, elle va pouvoir compter sur moi pour lui apprendre à conduire, et pas plus tard que ce soir, annonça Mark

    C’est très bien, se borna à répondre Derek. Pour être tout à fait honnête, il se sentait vaguement soulagé à l’idée de ne pas avoir à inventer un prétexte quelconque pour ne pas voir Meredith. Non pas qu’il n’en ait pas envie, loin de là. Cela ne faisait qu’une journée qu’il avait pris du recul vis-à-vis de la jeune fille mais le manque d’elle était déjà quasiment intolérable. Malgré tout, il ne se sentait pas le courage d’affronter son regard lourd de reproches et encore moins de lui mentir. Très bonne idée, dit-il encore, en baissant à nouveau les yeux sur son dossier.

    Ah je veux bien le croire, persifla Mark. Ça t’arrange, certainement. Il ouvrit la porte. Tu vas avoir ta soirée libre pour courir les putes, conclut-il avec amertume, la main sur la clenche.

    Surtout, n’oublie pas ton auréole en sortant, riposta Derek, sans même le regarder. Il sut que son ami était sorti en entendant la porte se refermer avec fracas. Il se leva et, avisant un plateau rempli de divers instruments, le saisit pour l’envoyer voler avec force contre le mur. Le bruit fut assourdissant, pas suffisamment cependant pour couvrir le cri de rage que Derek poussa. Un groupe d’infirmières qui passait devant le couloir s’arrêta devant la salle, l’air stupéfait, se demandant qui avait un tel accès de colère. Elles eurent la réponse lorsque Derek ouvrit la porte violemment. Les infirmières comprirent à son expression qu’elles allaient faire les frais de sa colère. Le chirurgien leur donna immédiatement raison. Qu’est-ce qu’il y a ? Vous ne m’avez jamais vu ? Vous n’avez rien à foutre ? Il se mit à crier à la cantonade. Est-ce qu’il y a quelqu’un qui travaille dans cette foutue clinique ? Le visage fermé, il se dirigea à grandes enjambées vers les ascenseurs.

    C’est vraiment la fin des vacances, murmura une des infirmières avec une pointe de regret dans la voix.

    Une demi-heure plus tard, Derek sortit du bureau de Richard Webber, avec la sensation que sa journée venait subitement de s’éclairer. Son patron lui avait demandé de remplacer un de ses confrères qu'un problème d'ordre familial empêchait de se rendre à Miami pour participer à une conférence qui devait réunir les meilleurs neurochirurgiens du pays. Il avait accepté sans l'ombre d'une hésitation. Ce congrès n'aurait pas pu mieux tomber. Il allait lui permettre de mettre de la distance, quelques cinq mille kilomètres en fait, entre Meredith et lui. Puisqu’il était mal à l’aise avec elle maintenant, puisqu’il n’osait même plus la regarder en face, il valait mieux l’éviter. L'idée qu'il avait maintenant une bonne excuse pour ne plus la revoir pendant quelques jours avait un peu allégé le sentiment d'oppression qu'il ressentait depuis la scène à la boutique. Toutefois, en repartant vers son bureau, il réalisa qu’il devrait encore jouer la comédie pendant deux jours. Il soupira, ces deux jours risquaient bien d’être les plus longs de sa vie.


  • Commentaires

    1
    Nolcéline 97234
    Samedi 12 Janvier à 15:30

    Bonsoir à tous , Miami maintenant il va pouvoir continuer à se faire plaisir  pendant que Meredith se morfond . 

    Il est vraiment lâche en ce moment aww. Bon samedi après-midi en ce 12 janvier 2019.

     

    2
    Butterfly
    Lundi 14 Janvier à 18:36

    Derek se conduit comme un gamin ! Et toujours son orgueil mal placé ! Va falloir changer tout ça pour évoluer ! 

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