• CHAPITRE 821

    Derek jeta ses bagages dans l’entrée, avant de regarder autour de lui, s’étonnant de ne pas ressentir la même satisfaction que celle qu’il éprouvait habituellement, lorsqu’il revenait sur la péniche après une longue absence. Accordant à peine un regard au courrier que sa femme de ménage avait empilé sur un guéridon, il traversa la salle de séjour et se laissa tomber dans son fauteuil favori qui faisait face à la fenêtre. Cependant, ce soir-là, la vue de l’océan ne parvint pas à l’apaiser. Le silence qui régnait autour de lui avait quelque chose de pesant qui le dérangeait, lui, l’amateur de calme et de solitude. Ne supportant plus cette ambiance, il se leva et, après avoir allumé la télévision, sans se soucier aucunement du programme, juste pour faire du bruit, il passa dans la cuisine pour se préparer un café. Après avoir regardé le breuvage couler dans le pot du percolateur, il s’en servit une tasse et revint s’installer devant son écran plat, tentant désespérément de s’intéresser au reportage qui était diffusé, avant de réaliser qu'il n'était même pas capable de comprendre ce qui se disait tant son esprit était occupé par autre chose. Comme son mal-être ne se dissipait pas, il alla chercher son courrier et regarda distraitement les enveloppes, les unes après les autres, avant de les rejeter d’un geste rageur. Il n’avait pas l’habitude de se voir dans cet état-là et il détestait cela. Il sortit sur la terrasse, espérant que l’air vivifiant du large lui ferait du bien, mais rentra au bout de quelques minutes, toujours aussi désœuvré, regrettant de ne plus être à Aspen avec Meredith.

    Meredith ! Il regarda autour de lui, comme si le simple fait de penser à elle allait la faire apparaître, et il fut presque déçu de ne pas la voir. Il prit une profonde inspiration, espérant que l’air ferait disparaître ce poids qui lui pesait sur le cœur, mais il n’en fut rien. Il se posta de nouveau à la fenêtre, laissant son regard voguer sur les lumières de la grande ville qui abritait l’objet de ses pensées, réalisant alors, presque soudainement, à quel point elle lui manquait. Il n’y tint plus et se jeta sur son téléphone, composant nerveusement le numéro de sa petite amie, trouvant déjà à la deuxième sonnerie qu’elle mettait trop de temps à lui répondre.

    La jeune fille était dans le salon, en train de lire la table des matières de son manuel de biologie, lorsque son téléphone sonna. En voyant le nom de son amant s'afficher sur son écran, elle sourit largement. Allo.

    Curieusement, le cœur de Derek se fit plus léger lorsqu’il entendit sa voix. Bébé, c’est moi. Il alla se rasseoir dans son fauteuil, sans se rendre compte, évidemment, que ses yeux brillaient de plaisir.

    Je sais, répondit Meredith sur un ton malicieux. J'ai vu ton nom sur mon écran. Tu travailles encore ?

    Non, je viens de rentrer chez moi.

    Chez toi où tu ne m'as jamais amenée, faillit-elle lui faire remarquer mais elle s'en abstint pour ne pas avoir l'air de quémander une invitation. Et alors ? Heureux d’avoir retrouvé ton petit intérieur ?

    Ouais, ça va, dit simplement Derek, son orgueil l’empêchant d’admettre qu’il n’avait pas envie d’être là et qu’il aurait donné n'importe quoi pour se retrouver avec elle, dans la maison de Mark, ou à Aspen, ou n’importe où du moment qu'elle y soit. Et toi, ça se passe comment ?

    Eh bien, pas trop mal jusqu’à présent, assura-t-elle sur un ton guilleret, afin de le tranquilliser. Je viens de défaire mes bagages et de ranger mes vêtements, ce qui m’a pris un temps fou, vu tout ce que tu m’as offert.

    Et avec les filles ?

    Elle grimaça. Pfft ça… Toujours pareil. On ne peut pas dire qu’elles se bonifient avec l’âge, plaisanta-t-elle pour lui cacher son amertume. Mais ça va.

    Tu ne regrettes pas d’être rentrée ? Derek espéra qu’elle réponde par l’affirmative et lui propose de repartir à la maison du parc.

    Bien sûr que je regrette, admit-elle d’une voix douce. J’aurais préféré rester avec toi. Mais il fallait que je rentre. Je devais le faire pour me prouver quelque chose. Et puis, il fallait que je revienne pour ma tante. Je l’ai vue tout à l’heure et son état ne s’est pas amélioré. Elle a besoin de moi.

    Tu sais ce que j’en pense. Enervé, Derek commença à marteler le cuir de son fauteuil de petits coups de poing.

    Je sais. Mais c’est ma décision, s’entêta Meredith. Tu dois la respecter Et de toute façon, je ne reviendrai pas dessus.

    Parce que s’obstiner ne servirait à rien sinon à se disputer avec elle, Derek n’insista plus. Et pour ce soir, quels sont tes projets ? s’enquit-il d’un ton faussement détaché, espérant qu’elle allait lui demander de venir la rejoindre, ne fût-ce que pour un instant.

    Meredith soupira. Oh rien de bien intéressant. Là, j’étais en train de regarder le manuel de biologie. Je vais sans doute étudier un peu et après, j’irai prendre un bain. Et puis, au lit !

    C’est bien. Chouette programme, commenta Derek, désappointé et vexé même qu’à aucun moment elle n’ait envisagé la possibilité qu’ils se retrouvent. Je ne vais pas te déranger plus longtemps, alors.

    Mais qu’est-ce que tu racontes ? Tu ne me déranges pas, protesta-t-elle.

    C’est vrai ?

    Derek ! Pourquoi tu dis ça ? Tu sais très bien que j’adore passer du temps avec toi.


  • Commentaires

    1
    Nolcéline 97234
    Lundi 31 Décembre 2018 à 18:59

    Bonsoir à tous, il y a comme de la tension dans l'air… Bon 31 Décembre 2018.

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