• CHAPITRE 815

    Mark sentit son bipeur vibrer dans sa poche. Merde ! grogna-t-il après avoir consulté son appareil. J’espérais pouvoir rester plus longtemps mais faut que j’y aille. La clinique. Une patiente, expliqua-t-il, sans toutefois se lever.

    Meredith opina de la tête en soupirant. Pas de souci, je comprends, murmura-t-elle. Elle aurait aimé qu’il reste plus longtemps parce qu’elle ressentait vraiment le besoin d’avoir un allié dans cet environnement hostile.

    Ça va aller ?

    Elle lui sourit vaillamment. Oui, ne t’en fais pas.

    Il se leva enfin. Si j’en ai l’occasion, je repasserai plus tard. Enfin, si tu veux, dit-il en plantant son regard dans celui de la jeune fille.

    Je suis toujours contente de te voir, certifia-t-elle en lui serrant le bras avec affection.

    Sans trop savoir pourquoi, Izzie vint s’interposer entre le couple. Sans doute voulait-elle se prouver qu’elle avait encore du pouvoir sur Mark. Après tout, c’était d’abord à elle qu’il s’était intéressé. Qui sait, si elle avait répondu à ses avances, ce serait peut-être elle qui se partagerait entre lui et son meilleur ami, avec tous les avantages qui en découlaient. Je voudrais vous demander, minauda-t-elle en déboutonnant le haut de son chemisier. J’ai un point de beauté qui m’inquiète. Vous voyez, là, entre mes seins. Elle écarta les pans de son corsage avec assurance, ne doutant pas un seul instant de l’émotion qu’elle allait provoquer chez le chirurgien. Vous ne trouvez pas qu’il a une drôle d’apparence ?

    Mark, qui ne concevait plus de s’intéresser à elle et qui ne comprenait pas pourquoi il l’avait fait à une époque, détourna ostensiblement le regard de son décolleté pigeonnant. Je n’en sais rien. Je vous rappelle que ma spécialité, c’est la chirurgie plastique, pas la dermatologie. Si vous avez des inquiétudes, vous devriez consulter. Ignorant le regard assassin que lui lançait la jeune femme mortifiée par son mépris, il se tourna vers Meredith.

    Celle-ci lui prit le bras pour l’entraîner vers la porte. J’hallucine, chuchota-t-elle. Qu’est-ce qui lui a pris de faire ça ? C’était tellement… J’ai eu envie de la gifler.

    Ma vertu n’a plus grand-chose à craindre, tu sais, plaisanta Mark sans conviction. Il y a peu, la réaction de Meredith l’aurait comblé de joie. Il y aurait vu une manifestation de sa jalousie. Mais à Aspen, après leur dernière conversation en tête-à-tête, il avait pris la décision de ne plus se faire d’illusions, d’autant plus que les jours suivants, quelques éléments lui avaient prouvé que Derek avait repris tout son ascendant sur la jeune fille. Une envie évidente de rester à deux, des baisers volés entre deux portes, des courses poursuites dans l’escalier qui se terminaient par des cris et des rires, puis une porte qui claque et le silence seulement entrecoupé par des petits rires et des bruits suspects. Et comme elle irradiait de bonheur lorsqu’elle réapparaissait ! A chaque fois, cela atteignait Mark comme un uppercut en pleine poitrine. Voilà pourquoi il avait pris cette résolution à laquelle il était bien résolu de se tenir : il ne penserait plus à Meredith autrement qu’en amie. Ouais, plus facile à dire qu’à faire, pensa-t-il quand ses yeux s’égarèrent sur la poitrine de sa camarade, délicieusement moulée dans son tee-shirt. Il détourna rapidement le regard.

    Oh ce n’est pas pour ta vertu que j’ai peur, répliqua Meredith. Mais pour ton petit cœur, en revanche… Je sais qu’elle a été ma meilleure amie mais maintenant que j’ai ouvert les yeux, je vois comment elle est, superficielle et cupide, et je me dis que tu mérites mieux qu’elle. Ce n’est pas toi qui l’intéresse mais juste ce que tu peux lui apporter.   

    Tu n’as pas à t’en faire, lui assura Mark. Elle peut essayer de me séduire tant qu’elle veut, je ne me laisserai pas avoir. Cette fille ne m’intéresse plus du tout. Arrivé sur la terrasse, ce fut à regret qu’il lui retira son bras. Il faut vraiment que j’y aille, là. Même si je n’ai pas envie de te laisser toute seule avec ces gens.

    Meredith baissa la tête. C’est vrai, c’est dur, avoua-t-elle. Quand j’ai décidé de revenir, je ne pensais pas que ça le serait autant. Pas tellement à cause d’elles. C’est difficile de ne pas penser à ce qui s’est passé ici. C’est comme s’il y avait un fantôme qui rôde dans la boutique, tu comprends ?

    Mark lui étreignit la main. Rien ne t’oblige à rester, Mer.

    Tu sais bien que si, répondit-elle, l’air désolé.

    Ouais, tu sais ce que j’en pense, grommela-t-il en la prenant dans ses bras. Alors, le jour où tu changeras d’avis…

    Elle lui sourit. Je te ferai signe. Elle fit mine de le repousser. Allez ouste, va t’occuper de tes patientes ! Elle se haussa sur la pointe des pieds et lui effleura la joue de ses lèvres. Après lui avoir fait un dernier signe de la main, elle rentra dans la boutique et trouva ses trois collègues alignés derrière la vitrine. Elle en déduisit qu’ils l’avaient espionnée. Vous n’avez rien d’autre à faire que de me surveiller ? leur demanda-t-elle sur un ton sec avant de passer dans l’arrière-boutique. Elle semblait de si mauvaise humeur que pas un n’osa lui dire quoi que ce soit.

    Mark s’éloigna à regret. Rien de ce qui se passait dans cette boutique ne lui plaisait. Et bien qu’il ait affirmé le contraire, il trouvait, comme Derek, que Meredith avait précipité son retour. Et pourquoi ? Pour effectuer un travail peu valorisant, tant sur le plan du salaire que de l’occupation en elle-même, avec des pseudo amies uniquement motivées par l’intérêt et un type au pedigree plus que douteux ? Comme il regrettait le temps où la jeune fille travaillait pour lui, à l’abri des murs de la clinique. Il hâta le pas en se promettant de trouver comment la tirer au plus vite de ce mauvais pas, sachant que le plus difficile serait de la convaincre à accepter sa solution.


  • Commentaires

    1
    Nolcéline 97234
    Dimanche 30 Décembre 2018 à 20:30

    Bonsoir à tous, 

    En effet… 

    Bien que les choses pourraient être différentes cette fois-ci … Elle ne pourra pas tenir sur le long terme j'ai l'impression. Bonne soirée à tous et merci.

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