• CHAPITRE 806

    Plus j’attendrai, moins j’aurai envie d’y retourner, répliqua Meredith avec une voix éraillée par l’émotion.

    Eh bien, n’y retourne pas ! asséna Derek.

    Je ne peux pas me permettre de ne pas travailler, Derek, riposta la jeune fille. J’ai besoin d’argent pour vivre. Elle leva sa main droite en l’air. Et inutile de me dire que tu peux subvenir à mes besoins ! Tu sais très bien que ce n’est pas une solution envisageable pour moi.

    Ce serait pourtant la solution la plus… Le regard assassin de Meredith dissuada Derek de continuer. Il soupira. Très bien, je n’insiste pas. Il la rejoignit et l’enlaça par la taille, en ployant légèrement pour que leurs visages soient à la même hauteur. Tu veux travailler être indépendante, je comprends. Mais alors, viens travailler à la clinique. Tu as aimé quand tu as fait les recherches pour Mark. Avant qu’on parte, il m’avait justement dit qu’il avait l’intention de te proposer de continuer. Ce serait la solution idéale, non ? Tu feras un boulot intéressant et qui te plait, tu seras mieux payée qu’à la boutique, tu seras en sécurité – il lui adressa un sourire charmeur – et en plus, on pourra se voir plus souvent. 

    Ce serait génial mais… – elle fit une petite moue pour exprimer sa désolation – je ne peux pas accepter. Si je venais travailler pour vous, je passerais pour une pistonnée et je dépendrais quand même de vous. Je ne veux pas tout mélanger. Mais il n’y a pas que ça, s’empressa-t-elle de dire en voyant la mine contrariée de son compagnon. J’ai l’impression que si je ne retourne pas travailler à la boutique, je n’arriverai jamais à oublier ce que George m’a fait et que je ne pourrai pas vraiment aller de l’avant.  

    Même s’il n’était pas réellement convaincu par cet argument, Derek ne pouvait décemment pas s’y opposer. Si c’est ce que tu veux, dit-il en haussant les épaules. Il s’éloigna de quelques pas. Si tu crois que c’est ce que tu dois faire… Il revint soudain vers elle. Mais promets-moi que tu ne t’obstineras pas si tu sens que ça ne va pas.

    Je te le promets. Meredith hésita un instant avant de lui fait part de son autre résolution. J’ai décidé de retourner vivre chez ma tante aussi. Elle vit la stupeur et la déception se peindre sur le visage de son amant. C’était le deal, Derek ! se justifia-t-elle. La condition pour qu’on ne paie pas de loyer, c’était qu’on s’occupe de ma tante quand Gloria n’est pas disponible. Et là, ça fait un moment que je n’ai pas rempli ma part de contrat.

    Le regard subitement plus dur, Derek ricana. Pas payer de loyer, hein ! Ton argument ne tient pas debout. Tu ne paies rien ici non plus. Il se rendit dans la cuisine pour se servir un whisky. Ecoute, si tu n’as plus envie de rester avec moi, je préfèrerais que tu me le dises franchement plutôt que de raconter n’importe quoi.

    C’est toi qui racontes n’importe quoi, accusa Meredith. Ma décision n’a rien à voir avec toi. C’est juste que j’ai des responsabilités et que je dois les assumer.

    Derek leva les yeux au ciel. Tu as vingt-et-un ans, Meredith ! Quel genre de responsabilités peut-on exiger de toi, concernant cette dame aussi gravement malade ? Mécontent, il vida son whisky d’un trait.

    Il s’agit simplement de veiller sur elle quand Gloria n’est pas là, objecta la jeune fille. Et Gloria, elle a une famille alors, elle ne peut pas s’occuper de ma tante jour et nuit. Et je ne peux pas non plus continuer à compter sur Cristina et Izzie pour ça. C’est déjà bien de leur part qu’elles l’aient fait jusque maintenant, lui fit-elle remarquer.

    Derek pensa lui dire qu’il avait engagé une infirmière pour s’occuper de sa tante mais devinant qu’elle n’apprécierait pas qu’il ait pris cette initiative sans la concerter, il y renonça pour ne pas mettre de l’huile sur le feu. Je t’ai déjà donné mon avis sur le sujet, lui rappela-t-il, décidé à avoir le dernier mot malgré tout. Ce serait beaucoup mieux pour tout le monde, à commencer par ta tante, qu’elle soit placée dans un établissement où on pourrait lui apporter les soins dont elle a besoin.

    Tu as sans doute raison, concéda Meredith. Mais ce n’est pas à moi de prendre cette décision, alors…

    Derek décida de tenter une autre approche pour la convaincre. Tu n’es pas bien ici, avec moi ? lui demanda-t-il sur un ton penaud.

    Evidemment que si ! J’ai été heureuse avec toi dans cette maison et je n’ai pas du tout envie de partir. Meredith sentit ses yeux s’emplir de larmes. Alors, ne rends pas les choses plus difficiles, s’il te plait. 

    Oui, tu as raison, excuse-moi. Derek la reprit dans ses bras et lui caressa les cheveux sur lesquels il déposa de tendres baisers. Si tu penses que c’est ce que tu dois faire, fais-le. Mais j’aimerais être sûr que tu le fais d’abord pour toi, pas uniquement par souci du devoir ou je ne sais quoi d’autre.

    Oui, je le fais pour moi, répondit-elle en s’essuyant les yeux. Je pense que ça va m’aider à avancer.

    Très bien. Derek lui prit le visage entre les mains. Moi, je ne veux que ton bonheur, Meredith. Il lui effleura les lèvres avec tendresse. Alors, si retourner à la boutique et chez ta tante peut te rendre heureuse, je n’insiste pas.


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