• CHAPITRE 805

    Derek poussa la porte de la maison du parc et s’effaça pour laisser entrer Meredith. Nous voilà chez nous !

    Emue comme à chaque fois qu’il désignait l’endroit où ils logeaient comme leur foyer, Meredith pénétra dans le hall et laissa tomber son sac à main par terre. Elle regarda intensément autour d’elle en songeant que, très bientôt, elle devrait quitter cette maison désormais familière pour retourner chez sa tante. Une certaine nostalgie l’envahit. Les derniers jours à Aspen avaient été vraiment idylliques. Derek s’était comporté en petit ami idéal, redoublant d’attentions à son égard, l’emmenant faire de longues balades romantiques dans la nature, l’emmenant au cinéma ou l’invitant à dîner dans les restaurants les plus chics de la station de ski, de sorte qu’ils n’avaient plus passé beaucoup de temps avec leurs compagnons de vacances.

    Derek remarqua son air mélancolique et la prit par la main. Tu n’as pas l’air heureuse d’être rentrée.

    Elle lui sourit. Si, si. Enfin, c’est toujours un peu triste, les retours de vacances. Et puis, je regrette de ne pas avoir pu prendre Murphy.

    Tu m’en veux ? lui demanda Derek en l’entraînant vers le salon.

    Meredith hocha la tête. Non. Pourquoi je t’en voudrais ? Tu as fait tout ce que tu pouvais, je le sais. Ils s’assirent dans un canapé.

    En effet, Derek n’avait pas ménagé ses efforts pour faire adopter Murphy, faisant le tour des boutiques pour déposer la photo du chien, avec une annonce rédigée par ses soins, et usant même parfois de son charme pour obtenir l’accord des commerçants. Malheureusement, en vain. A la veille de leur départ, Murphy n’avait toujours pas trouvé de maitre. Je suis vraiment désolé de ne pas avoir réussi, déclara Derek.

    Meredith posa sa tête contre l’épaule de son amant. C’est rien. Ce n’est pas ta faute. J’espère seulement que j’ai pris la bonne décision.

    C’est la meilleure que tu pouvais prendre, assura Derek. La propriété de Momsy est immense, il va pouvoir courir où il veut, sans déranger personne. Et en plus, il y a d’autres chiens, il va se faire des copains. Il lui passa un bras autour des épaules. Ne t’en fais pas, il va être comme un coq en pâte là-bas.

    Meredith acquiesça d’un signe de tête. Quand elle avait réalisé que personne n’adopterait Murphy, elle avait décidé de le ramener à San Francisco. Derek avait alors essayé encore une fois de la raisonner, en lui rappelant à quel point c’était contraignant de s’occuper d’un animal domestique, d’autant plus qu’elle allait entreprendre des études, tout en travaillant, sans parler de leur relation qu’elle allait devoir mener de front. Il ne lui avait pas caché qu’il n’avait guère envie de tenir compte du facteur Murphy à chaque fois qu’il organiserait quelque chose pour leurs week-ends ou leurs vacances. Comme elle s’entêtait, Callie, à qui personne n’avait demandé son avis, avait ressorti son idée de conduire le chien dans un refuge, avec les conséquences qui s’ensuivraient. C’est alors que Mark était intervenu pour dire qu’il n’avait pas soigné Murphy pour le conduire quelques jours plus tard à la mort et que donc, il allait le confier à sa grand-mère. Derek s’était réjoui de cette solution qui arrangeait toutes les parties concernées tandis que Callie avait lancé un regard plein d’ironie à leur ami. L’ayant surpris, Meredith s’était demandé ce qui avait pu rendre cette femme cruelle au point de souhaiter la mort d’un pauvre chien. Quant à elle, elle était partagée entre le soulagement – Murphy allait avoir la vie sauve – et la tristesse, parce qu’elle s’était fort attachée à lui et le fait qu’il aille chez la grand-mère de Mark signifiait qu’elle n’allait plus le voir que rarement, ou même plus du tout.

    Derek comprit à son expression qu’elle éprouvait encore des regrets. Ils vont bien s’en occuper, tu sais. Et puis, ce n’est pas parce qu’il sera là-bas que tu ne pourras plus le voir. Je t’y amènerai autant de fois que tu voudras.

    Meredith le remercia avec un grand sourire. Ce serait vraiment super. De toute façon, tu as raison, avec la reprise du travail et les révisions pour le SAT, je n’aurais pas vraiment eu le temps de m’occuper de lui.

    Intrigué, Derek la questionna. La reprise du travail ? Pour Mark, tu veux dire ?

    Elle hocha la tête avant de prendre une grande inspiration. Non, je parle de mon travail à la boutique.

    Derek la regarda avec un air stupéfait. Quoi ? Tu veux retourner travailler à la boutique ?

    Mal à l’aise, Meredith se leva et contourna le canapé pour aller se placer au centre du salon. Il est plus que temps que je le fasse.

    Derek la suivit. Ah bon ? Qui dit ça ? Les filles ? Elles font pression sur toi ? s’enquit-il en fronçant les sourcils.

    Non, pas du tout ! s’écria Meredith. Je n’ai pas eu de nouvelles d’elles depuis que je les ai vues, avant qu’on parte pour Aspen. Ça n’a rien à voir avec elles. C’est ma décision.

    Derek s’énerva. C’est trop tôt, beaucoup trop tôt. Après ce que tu as vécu là-bas ! Il n’y a même pas un mois. Ce n’est pas une bonne idée, Meredith ! conclut-il plus sèchement qu’il ne le voulait.


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