• CHAPITRE 798

    Tu vas me trouver ridicule, maugréa Meredith en s'appuyant contre le dossier du fauteuil.

    Ça, ça m’étonnerait ! s’exclama Mark.

    Après avoir encore hésité quelques secondes, Meredith décida de lui confier ses doutes. Quand j'ai quitté Crestwood, je ne savais rien de la vie et je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait. Pour moi, venir à San Francisco, c'était comme aller à la rencontre d'extraterrestres. L'image fit sourire Mark. C'est sans doute ce qu'il aurait pensé s'il avait dû se rendre à Crestwood. Au début, tu m'as vue comme une petite paysanne et tu avais raison, je m’en rends compte maintenant, admit Meredith. Je ne savais pas grand-chose, je ne connaissais rien de la vie. J'avais juste des rêves. La seule chose dont j'étais sûre, c'est que je n'arriverais pas à les réaliser si je restais coincée dans mon bled. Mais je n'osais pas me lancer et sans Cristina et Izzie, j'y serais encore, je crois. Mark lui donna un baiser sur le front, à la naissance des cheveux, en les humant, les yeux fermés pour mieux apprécier le parfum du shampoing à la lavande. Et puis, on est arrivé à San Francisco, continua la jeune fille. Et là… j'ai tout perdu. Mes illusions, mes rêves. Mes amis aussi. 

    Mark eut le cœur serré de l’entendre dresser un aussi triste bilan de sa jeune vie. Elle était tellement vulnérable, un oiseau pour le chat. Il tendit un bras vers elle pour qu’elle puisse se nicher dans le creux. Ah Mer… Tes rêves, ce ne sont que des rêves de jeunesse. Ce n’est pas si grave si tu ne les réalises pas. Tu réaliseras tous les autres. Et tes amis, bah, si tu veux mon avis, ce n'est pas une grande perte. Tu t'en feras plein d'autres, et des bien mieux. Et puis, tu m'as moi, déjà.

    Oui, je sais. Mais c'est pas ça, le problème. Ce que je veux te faire comprendre, c'est que… Meredith se redressa pour le regarder dans les yeux. Depuis que je suis arrivée à San Francisco, j'ai eu pas mal de galères. J'ai investi tout mon argent dans une affaire où je n'ai pas mon mot à dire et où, apparemment, on ne me paie pas ce qu’on me doit ; Cristina et Izzie me traitent comme si j'étais de la merde et mon ami d'enfance a essayé de me violer, récapitula-t-elle. Ce sont des choses dures à vivre, surtout pour quelqu'un comme moi qui ai toujours été très protégée, et pourtant, quand je pense à ma vie à San Francisco, à ce qui a été le plus important pour moi, à ce dont je me souviendrai jusqu'à mon dernier souffle, c'est ma rencontre avec Derek.

    Mark s’en souvenait comme si cela avait eu lieu la veille. Pourquoi avait-il fallu que ce matin-là, lorsque Derek était venu le chercher, il lui propose de passer à la boutique pour vérifier les dires du marchand de journaux ? Peut-être que, s’il y avait été seul, sa vie en aurait été changée. Dire que tu te vantes d’avoir du flair, mon vieux ! pensa-t-il.

    Et avec toi, bien sûr, ajouta Meredith.

    Oui, avec moi, se dit Mark. Mais c’était déjà trop tard. Le beau Derek était déjà penché sur toi et tu ne m’as même pas vu. Puis, moi, comme un con, je draguais la bimbo. Après… après, tu es partie avec Derek et c’était foutu. Le pire, c’est que la bimbo, je ne me la suis même pas faite. Tout ça pour ça, pesta-t-il intérieurement. Il se concentra à nouveau sur ce que disait la jeune fille.

    De ce jour-là, je n'ai plus été la même, poursuivit Meredith. Tout ce qui comptait pour moi, mes rêves, mas ambitions, mon travail, mes amis, tout est passé au second plan. Il n'y a plus eu que lui. J'ai changé pour lui, pour lui plaire. J'ai changé de style, j'ai changé de vie, au point que Cristina et Izzie m'accusent de me croire supérieure à elles maintenant.

    Ces connes, grogna Mark. Pourquoi tu t'occupes encore de ce qu'elles pensent ? Elles sont jalouses, c'est tout.  

    Meredith haussa les épaules. Peut-être. Mais peut-être qu’elles ont raison d'une certaine façon. Je ne peux pas nier qu'avec Derek, j'ai découvert un mode de vie auquel je ne pensais jamais avoir accès. Tous ces beaux vêtements qu'il m'a offerts. Et ces endroits magnifiques où il m'emmène. Ses yeux balayèrent la pièce. Comme celui-ci. Et c'est vrai qu'à cause de tout ça, je n'ai plus trop envie de retourner travailler à la boutique.

    Eh bien, n'y retourne pas alors ! s'exclama Mark.  

    Ce n'est pas comme si j'avais le choix, rétorqua Meredith. J'ai besoin de cet argent, même si ce n'est pas grand-chose.

    Ne t'inquiète pas pour ça, on trouvera une solution, promit Mark. J'en parlerai à Derek et…

    Meredith l'interrompit. Non, tu ne lui parleras de rien de tout. Je ne veux pas être dépendante de lui pour mon travail. Je le suis déjà trop pour le reste. Son ami fronça les sourcils. C'est vrai, Mark, lui dit-elle. Tu ne te rends pas compte. Quand j'ai quitté le Kentucky, j'avais de grandes ambitions, je voulais faire de grandes choses. Mais tout ce que je fais, c'est vivre en fonction de Derek. Parfois, j'ai même l'impression de ne vivre que quand il est là. Et ça, c'est terrible !  

    Lui qui avait cru que Meredith ne voulait rien d’autre qu’être la petite amie de Derek, réalisait maintenant qu’en réalité, cette situation ne la satisfaisait pas, ou plus. Jamais il n’aurait pu imaginer cela. Jusqu’à ce séjour à Aspen, il l’avait toujours crue totalement heureuse et épanouie dans sa relation. Et là, il percevait une faille et, à sa grande honte, il en éprouvait de la satisfaction. Cependant, il n’aimait pas la voir malheureuse. Il voulut donc la rassurer. D’après ce que je sais, c’est comme ça que ça se passe quand on est au début d'une relation.


  • Commentaires

    1
    Nolcéline 97234
    Mercredi 24 Octobre à 16:24

    Bonsoir à tous,

    Merci pour ce nouveau numéro 798,

    Je cite:

    " (...) Peut-être que, s’il y avait été seul, sa vie en aurait été changée. Dire que tu te vantes d’avoir du flair, mon vieux ! pensa-t-il."

    Il fait bien de se dire "Peut-être" car rien ne dit que si ça avait été le cas la jeune femme allait être séduite par lui.

    Je trouve Meredith dure envers elle-même quand elle dit je cite :

     (...) "Mais tout ce que je fais, c'est vivre en fonction de Derek. Parfois, j'ai même l'impression de ne vivre que quand il est là. Et ça, c'est terrible !  "

    Elle n'a pas tort ceci dit!!

    Elle est en train de dire qu'en dehors de lui elle n'a rien fait ni par elle-même , ni pour elle-même frown. Ce n'est pas avec son salaire de misère qu'elle aurait pu entamer un projet ceci dit plusieurs fois les garçons lui ont dit qu'elle pouvait chercher autre chose et elle ne l'a  pas fait parce qu'elle se disait que comme elle avait investi dans cette boutique elle ne pouvait pas la quitter comme ça.

    Elle aurait pu le faire tout en conservant un droit de regard sur le commerce je pense que ça aurait été mieux mais on ne va pas refaire le passé.

    Elle peut très bien faire les démarches en attendant de passer son examen dans un premier temps et puis dans un second temps de démarrer ses études puisque je suis sûre qu'elle le réussira yes.

    Il est vrai aussi qu'elle n'a pas cherché non plus à se faire d'autres amis en dehors des siens. Depuis son arrivée elle a vécu en vase clos.

    Mais comment son petit ami prendra t-il le fait qu'elle ait envie de s'émanciper , en quelque sorte de prendre sa vie en main sans l'intervention systématique de celui-ci ?

    Elle est en train de réaliser qu'il faut qu'elle vive pour elle-même. Quel impact cette prise de conscience aura t-elle sur le couple et leur avenir? Ceci tout en sachant qu'elle commence à avoir des doutes et des craintes.

    Bon mercredi 24 octobre 2018 à tous.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :