• CHAPITRE 789

    A peine entré dans leur chambre, Derek referma la porte contre laquelle il adossa Meredith, ses deux mains appuyées de part et d’autre du visage de cette dernière, comme pour l’empêcher de s’échapper. Tu m’as manquée, murmura-t-il, les yeux plantés ceux de la jeune fille.

    Sentant sa détermination mollir sous son regard ardent, elle détourna rapidement le sien. Tu voulais me parler, il me semble, lui rappela-t-elle sèchement.

    Un petit baiser avant, exigea-t-il avec un sourire charmeur, en rapprochant son visage du sien. Elle en avait envie au moins autant que lui mais ce qui lui restait de fierté l'empêcha de céder aussi vite. Elle s'abaissa pour passer en-dessous des bras qui la retenaient toujours prisonnière et, ignorant le lit qui pourrait envoyer un mauvais message sur ses intentions, elle trouva refuge dans un fauteuil, s'agrippant aux accoudoirs, comme si elle était prête à lutter contre quiconque essayerait de l'en déloger. Derek soupira. Très bien, je vais te dire ce que j'en pense. Il prit l'autre fauteuil et l’installa devant celui de son amie. Je persiste à dire que, sur le fond, j’avais raison. Ce serait totalement inconscient de notre part d'avoir un enfant alors qu'on vient à peine de se rencontrer. Je devais te demander de prendre cette pilule.

    Je n’ai jamais dit que je n'étais pas d'accord, lui fit-elle remarquer froidement en lui lançant un regard noir.

    Il sourit. Non, mais ce matin, ta tête quand je t’en ai parlé.

    Ce n'est pas ce que tu m'as dit qui m'a choquée, mais la façon dont tu me l'as dit, se justifia Meredith. Après ce qu'on venait de vivre, je m'attendais à un câlin ou au moins à un petit mot gentil, mais pas à une mise en demeure.

    J’ai paniqué, admit Derek. Avoir un môme ne fait pas du tout partie de mes projets.

    Mais ça ne fait pas partie des miens non plus ! certifia Meredith. Tu agis comme si je voulais te prendre en traitre alors que ce n'est pas du tout le cas. Elle fit la moue. De toute façon, tu ne dois pas t'inquiéter, je l'ai prise, ta foutue pilule. Et si tu ne me crois pas, tu n'as qu'à demander à Mark.  

    Derek secoua la tête. Non, ce n'est pas nécessaire. Si tu me dis que tu l'as prise, je te crois. Et puis, cela aurait été ton droit de ne pas la prendre. Il se pencha vers elle pour lui caresser la joue, ce qui la fit frissonner. Tu n’as aucune obligation envers moi, bébé, murmura-t-il de sa voix suave, en la transperçant de son regard. Et comme je te l’ai dit ce matin, si tu étais enceinte et que tu voulais le garder, tu pourrais compter sur moi. Tu ne serais pas seule à gérer le problème. Je saurais prendre mes responsabilités.  

    A coup de chèques ? demanda Meredith sur un ton amer. Elle ne comprenait pas qu'il s'obstine à voir l'arrivée d'un enfant comme un problème.

    Ce ne serait déjà pas si mal. Il vit à son expression qu'elle était choquée. Que veux-tu que je te dise, Meredith ? Si tu étais enceinte, c’est clair que je ne sauterais pas de joie, avoua-t-il très franchement. Ses yeux se perdirent au loin. Je ne suis pas le genre d'homme que l'on souhaite comme père à un môme. Mon argent est sans doute ce que je pourrais lui offrir de mieux. Et puis, il me semble que lorsqu’il s’agit d’avoir un enfant, il vaut mieux, déjà pour lui, que ce soit le fruit d’un désir commun, et non pas d’un accident.

    Ou d'une erreur, comme tu me l'as si gentiment dit ce matin, répliqua Meredith dont le rêve de fonder un jour une famille avec Derek venait de prendre un sacré coup. Toutefois, elle préféra ne pas creuser le sujet parce qu'elle sentait que les réponses qu'elle obtiendrait à ses questions risquaient de la placer dans une situation où elle serait obligée d'envisager une décision qu'elle n'était pas du tout prête à prendre pour le moment. 

    Il sourit devant son air de petite fille contrariée. Je n’ai pas dit que c’était une erreur, mais une imprudence. Je crois même avoir utilisé le terme folie, ajouta-t-il en passant une main à l'arrière de la nuque de la jeune fille. 

    Pour ce que ça change ! riposta-t-elle.  

    Hé, c’est très agréable de commettre des folies, plaisanta Derek.

    Sa mauvaise foi et le fait qu'il tourne ce qui s'était passé en dérision firent monter les larmes dans les yeux de Meredith. Tellement agréable que ce matin, tu m'as plantée là pour aller faire du ski. J'ai passé la journée toute seule comme une conne et tu ne t'es même pas inquiété une seule fois de ce que je faisais ou de comment je me sentais, lui reprocha-t-elle.

    Il comprit alors à quel point il l’avait blessée et sut qu’il ne pourrait plus s’en sortir par une pirouette. Je me suis conduit comme un con, c’est vrai, reconnut-il. Je n’aurais pas dû m'en aller. Il lui essuya une larme qui venait de couler sur sa joue. J’aurais dû rester avec toi et discuter comme on le fait maintenant.

    Elle opina de la tête. Oui, parce que ce matin, je n'ai pas compris pourquoi tu réagissais comme ça. J'ai passé la journée à me demander ce que j'avais fait de mal.

    Rien. Tu n'as rien fait de mal. C'est moi qui ai mal agi. Derek se leva et souleva Meredith de son fauteuil pour la transporter sur le lit. Il l’y allongea sur le dos et se coucha à ses côtés, déjà à moitié sur elle. Je sais ce que cette nuit a représenté pour toi. Ça a été une renaissance, après ce que tu as vécu. Et ça l'a été pour moi aussi. La rancœur de Meredith s'évanouit ; il savait toujours trouver les mots pour qu'elle lui pardonne. Il se coucha sur le côté, soutenant sa tête d’une main tandis que de l’autre, il effleurait le corps de son amie qui s’était tournée vers lui. Cette nuit, notre merveilleuse nuit – elle lui sourit affectueusement, lui faisant comprendre ainsi qu’elle ne lui en voulait plus –je ne l’ai pas regrettée. Pas une seconde ! J’ai trente-cinq ans et j’ai connu quelques femmes, tu le sais, mais jamais, jamais, je te le jure, je n’avais ressenti ce que j’ai ressenti cette nuit. Les yeux de Derek brillèrent d’un étrange éclat, celui d’un désir fou. C’était une imprudence sûrement, mais en aucun cas, en aucun cas, ce n’était une erreur. Il se pencha vers Meredith et embrassa furtivement ses lèvres. J’ai aimé te faire l’amour comme ça, sans barrière. Je l’ai voulu, vraiment, et je ne le regrette pas le moins du monde, quelles qu'en soient les conséquences.


  • Commentaires

    1
    Nolcéline 97234
    Jeudi 11 Octobre à 10:45

    Bonjour à tous, belle déclaration oops.

    Quant au reste ça va pour l'instant puisqu'ils sont d'accord mais j'espère une évolution du côté de Derek car on sent une petite pointe de déception chez Meredith malgré tout et j'espère qu'elle évoluera rapidement dans le sens contraire parce que je sens que ce sujet va revenir sur le tapis bien plus vite qu'on le pense et là s'il n'y a pas de changement d'avis ça va être chaud.

    Maintenant place aux câlins yestongue.

    Bonne matinée de jeudi 11 Octobre à tous.

    2
    Butterfly
    Jeudi 11 Octobre à 17:58

    Ah il sait comment le mettre dans sa poche, c'est certain ! Mais je crains qu'un jour les belles paroles ne suffisent plus et qu'elle lui demander de poser des actes, et c'est à ce moment-là qu'on verra la solidité de leur couple

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