• CHAPITRE 783

    Embarrassé à l’idée de revoir Meredith, après leur discussion houleuse du matin, et surtout de la revoir en présence de leurs amis, Derek avait traîné dans l’entrée, prenant son temps pour enlever sa veste et son pantalon de ski, secouant consciencieusement ses bottes pour en ôter toute la neige. Il ne se sentait pas très à l’aise après ce qui s’était passé au matin et ne savait comment se comporter sans provoquer les commentaires ironiques de Mark, qui n’auraient fait que remettre de l’huile sur le feu. Cependant, comme il ne pouvait pas rester dans le hall indéfiniment sans paraître lâche, il s'était résolu à rejoindre ses amis. Il s’apprêtait à rentrer dans le salon lorsque Callie se manifesta. Il la remercia mentalement pour cette diversion qui allait lui permettre de paraître naturel. Murphy ? Qui est-ce ?

    Meredith était déjà très angoissée à la perspective de le retrouver mais cela vira pratiquement à la panique quand elle vit qu'il ne lui accordait même pas un regard. Pour elle, cela ne pouvait signifier qu'une seule chose, tout était fini entre eux. Seule la présence de Mark et de Callie l'empêcha d'éclater en sanglots. Pour tenter de cacher sa détresse, elle baissa la tête. Mark le remarqua et eut mal au cœur pour elle. Il en voulut à son ami de la traiter en coupable, alors qu’elle n’avait rien fait, du moins pas plus que lui. Il essaya d’intercepter le regard de Derek pour lui faire comprendre à quel point il désapprouvait sa conduite mais n’y parvint pas. Il posa une main sur le genou de la jeune fille et y exerça une pression, pour qu’elle comprenne qu’il la soutenait. Murphy, c’est lui, dit-il à Derek en se levant pour le rejoindre.

    Mais qu’est-ce qu’il fait là, lui ? demanda ce dernier, un sourire forcé sur les lèvres. Du coin de l’œil, il voyait Meredith qui guettait le moment où il daignerait enfin la regarder. Il avait envie de le faire, et de lui parler aussi, et encore plus de la prendre dans ses bras et de l’embrasser, et pourtant, il ne fit rien, uniquement parce qu’il ne voulait pas courir le risque qu’elle le rembarre devant ses amis. De plus en plus mal à l’aise, il s’accroupit devant l’animal et le caressa. Qu’est-ce qui t’est arrivé, le chien ?

    T’as qu’à demander à ta petite amie, lui suggéra Mark avec un grand sourire narquois. Elle va se faire un plaisir de te l’expliquer Il avait repéré les petits coups d’œil pourtant discrets que Derek jetait en direction de Meredith et il devinait que seuls son orgueil et la présence de témoins l’empêchaient de faire le premier pas. Il se tourna vers la jeune fille sans se départir de son air goguenard. Eh bien, qu’est-ce que tu attends pour lui raconter ? Tu ne vois pas, il est suspendu à tes lèvres, ajouta-t-il en lui désignant Derek qui cajolait toujours le chien. L’intéressé le foudroya du regard. Satisfait d'avoir enfin obtenu une réaction, Mark retourna dans son fauteuil.

    Meredith lui était reconnaissante de lui avoir donné un bon prétexte pour essayer de renouer le dialogue, mais elle doutait que les exploits de Murphy soient suffisants pour ramener Derek à de meilleurs sentiments. Pleine d’appréhension, elle se mordilla les lèvres avant de se lancer avec une intonation hésitante. Il n’y a pas grand-chose à raconter. On revenait du ski quand on a entendu une sorte de gémissement. Alors, on a cherché d’où ça venait et on l’a trouvé sous un buisson, juste ici devant. On a vu qu’il était blessé et on l’a ramené pour le soigner. Voilà, c’est tout, conclut-elle avec une terrible envie de pleurer parce que, à aucun moment, Derek ne l'avait regardée.

    Callie posa un regard dégouté sur le chien. Pourquoi vous ne l’avez pas emmené chez un vétérinaire ? Vu son état après avoir été soigné, il devait être salement amoché. A votre place, je n’aurais pas perdu mon temps.

    Devant tant d’insensibilité et surtout de dédain, Meredith sentit sa tristesse s’évanouir pour faire place à l’irritation. On l’a sauvé ! Alors, on n’a pas du tout perdu notre temps, répliqua-t-elle sèchement. Et il n’y avait que quelques sutures à faire. Je ne vois pas pourquoi on aurait été chez un vétérinaire alors qu’on avait le meilleur chirurgien plasticien sous la main. Ravi d’entendre cette appréciation élogieuse sortir de sa bouche, Mark se tourna vers elle avec un grand sourire. Il était pleinement conscient de sa valeur mais c’était toujours un plaisir de l’entendre confirmer par d’autres, et quand il s’agissait de Meredith devant Derek, c’était un régal.

    Et avec quoi vous avez fait des sutures ? s’enquit Callie.

    Mark étendit ses jambes devant lui. Tu devrais savoir que je suis un homme plein de ressources, répondit-il avant de s’adresser à son meilleur ami qui restait obstinément penché sur le chien. Toi aussi, d’ailleurs. Tu nous as été d’un grand secours. Derek releva la tête avec un air interrogateur. Mark se tourna vers Meredith. Faudrait peut-être te décider à lui dire. Inquiet, Derek regarda enfin franchement sa petite amie.

    Je ne sais même pas de quoi tu parles, bougonna-t-elle. Mark mima le geste de se raser. Ah ça ! grogna la jeune fille. J’ai pris ton rasoir pour raser les poils du chien autour des plaies, annonça-t-elle à Derek avec un certain embarras. Mais t’inquiète, je t’en rachèterai.

    Pour la première fois depuis qu’il était rentré, Derek sourit franchement. Non, ce ne sera pas la peine. Si ça a pu vous aider à le soigner… Il recommença à caresser le chien. C’était trop dur de soutenir le regard de Meredith sans se sentir horriblement coupable et c’était un sentiment qu’il n’aimait pas ressentir. Hein, mon vieux, le principal, c’est que tu ailles mieux.

    Ah ça, faut dire que Mer y a mis du sien ! s’exclama Mark. Une chance qu’aucun de nous n’avait pris son stéthoscope ! Elle m’aurait obligé à m’en servir pour ausculter le chien.

    Callie, dont l'expression ne laissait aucun doute sur ce qu'elle pensait de toute l'opération "Sauvez Murphy", ricana. Une chance que le ridicule ne tue pas, surtout !

    Meredith la foudroya du regard. En quoi c'est ridicule ? De toute façon, c'est pas la peine d'en faire tout un bazar, puisqu'on n'avait pas de stéthoscope. Enervée, elle mit son pouce en bouche pour ronger une peau morte, sans voir le sourire plein de tendresse que posait sur elle Derek, qui s'était enfin relevé pour s'accouder à la cheminée.


  • Commentaires

    1
    Butterfly
    Mardi 2 Octobre à 20:01

    Ah enfin il la regarde et il sourit ! J'ai crains le pire ! Quel foutu orgueil tout de même ! 

    Au début c'était hyper tendu, heureusement que Mark était là pour détendre un peu l'atmosphère. Mais s'ils avaient été que tous les deux, ils auraient été obligés de se parler et l'abcès serait peut-être déjà crevé.

    Quant à Callie avec ses remarques, je me demande si Meredith ne va pas passer ses nerfs sur elle smile

    2
    Nolcéline 97234
    Jeudi 4 Octobre à 17:10

    Bonsoir à tous,

    Merci pour la suite,

    Eh bien on verra comment ça se passe lorsqu'ils se retrouveront seuls mais c'est déjà un bon point ce sourire de Derek il y  aura au moins des excuses je pense yes.

    Concernant Callie sa réaction n'est pas surprenante je m'y attendais en plus de ça si on rajoute la journée qu'elle a passée ça amplifie le fait qu'elle soit de mauvais poil lol. Bonne fin d'après-midi à tous.

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