• CHAPITRE 782

    Mark hocha la tête pour lui signifier que ce n'était pas le cas avant de prendre la communication. Bonjour Frances, dit-il à son interlocutrice. Qu’est-ce qui se passe ? Il y a un problème ? Pour évacuer la nervosité qui montait en lui, il se leva et commença à faire les cent pas dans la pièce, le front barré d’un pli soucieux.

    Pour ne pas lui donner l'impression qu'elle écoutait la conversation, Meredith se replongea dans le manuel de biologie, tout en surveillant discrètement son ami. Comme il ne parlait pratiquement pas, juste quelques monosyllabes, elle s'absorba un peu plus dans sa lecture, se focalisant plus particulièrement sur le chapitre de la génétique afin de voir si elle avait encore quelques souvenirs en la matière. Elle fut agréablement surprise en constatant qu'elle se remémorait assez bien de tout ce qui concernait la détermination du sexe. Cela lui redonna un peu le moral. La situation est grave mais pas désespérée, se dit-elle alors que Mark se laissait tomber lourdement sur le canapé. Elle se tourna vers lui.

    C'était ma grand-mère, lui indiqua-t-il d'emblée en lui désignant d'un petit mouvement du menton le téléphone qu'il venait de déposer sur la table. Enfin, c'était la dame qui s'occupe d'elle.

    Et ça va ? s'enquit Meredith avec sollicitude, devinant à l'expression de son ami que les nouvelles n'avaient pas été aussi bonnes qu'il l'aurait aimé.

    Non, pas très fort.

    Oh je suis désolée ! s'exclama la jeune fille en posant sa main sur celle de Mark. Qu'est-ce qu'elle a ? C'est grave ?

    Tu sais, quand on va sur ses quatre-vingt ans… Tout est grave. Il soupira, l’air préoccupé.

    Mais on t'a dit quoi exactement ?

    Pas grand-chose justement. Ma grand-mère a fait un malaise, on l’a emmenée à l’hôpital pour lui faire passer des examens et puis, elle est rentrée chez elle, expliqua Mark.

    Oh mais c'est que ça va alors, en déduisit Meredith. Tu penses bien que s'il y avait eu quelque chose de vraiment sérieux, ils ne l'auraient pas laissée repartir. Alors, à mon avis, tu ne dois pas trop t'inquiéter. 

    Oui, tu as sans doute raison, concéda Mark sans paraitre réellement convaincu. De toute façon, je lui téléphonerai plus tard. Là, elle se repose mais je l'appellerai ce soir et je verrai bien ce qu'il en est. J'entends toujours quand elle ne va pas bien. Il adressa un sourire un peu forcé à son amie avant de regarder le manuel qu'elle tenait en main. Tu planches déjà la bio ? Elle opina de la tête. C'est bien. Et pour la première partie du SAT, tout ce qui est littérature et rédaction, vu le contenu de ta bibliothèque, je suppose que ça ne devrait pas te poser de problème.  

    Meredith sourit. Non, pas vraiment.

    Mark lui tapota la main. Tant mieux parce que, là, je ne te serais pas d’un grand secours. Il n’avait pas terminé sa phrase qu’ils entendirent du remue-ménage dans l’entrée. Ah ! Les sportifs sont de retour, clama-t-il.

    Meredith se raidit instantanément et elle sentit son estomac se tordre sous l'effet de la peur. Tu crois qu'il m'en veut encore ? demanda-t-elle d'une toute petite voix à Mark contre lequel elle se serra, comme pour demander sa protection.

    Mais non ! assura-t-il. Alors, arrête de stresser. Tout va bien se passer. Du moins, c'est ce qu'il espérait. Il connaissait son meilleur ami par cœur et il savait à quel point il était imprévisible. Il pouvait tout aussi bien relancer la dispute que faire comme s'il ne s'était rien passé, telle l'autruche qui cache sa tête dans le sable. Dans tous les cas, si Meredith s'attendait à un mea culpa, elle allait être déçue. C'est que l'animal était terriblement orgueilleux.

    Callie entra dans le living avec une mine sombre qui fit immédiatement comprendre à Mark que tout ne s’était pas passé comme elle l’avait souhaité. Il se sentit un peu rassuré à l’idée que, même si elle avait essayé, elle n’avait pas réussi à obtenir l'attention de Derek. Elle leur adressa un vague salut avant de s’affaler dans un fauteuil, fermant les yeux et renversant la tête en arrière comme si elle comptait s’endormir. Elle qui s’était fait une telle joie de passer la journée en tête-à-tête avec Derek, avait rapidement déchanté. En fait, c’est à peine si elle l’avait vu. Une fois leurs skis chaussés, il avait pris le large, dévalant les pistes comme si sa survie en dépendait. Elle ne l’avait plus aperçu que de loin en loin, jusqu’à l’heure du déjeuner où ils s’étaient retrouvés, presque par hasard d’ailleurs. Taciturne, Derek n'avait pratiquement pas touché à son plat et bizarrement, Callie n'avait pas osé l'interroger sur ce qui le tourmentait. Elle ne lui avait sorti que quelques banalités sur la qualité de la poudreuse et les imprudences des skieurs inexpérimentés, auxquelles il avait à peine répondu, laissant s’installer un long silence pesant jusqu'à ce qu'il lui demande à brûle-pourpoint si elle avait déjà envisagé d’avoir un enfant. Estomaquée, ne voyant pas où il voulait en venir, elle avait mis un peu de temps pour lui répondre que, oui parfois, elle y songeait, gardant pour elle le fait que si elle attendait encore pour se lancer, c’était parce qu’elle continuait à espérer qu’il serait le père. En guise de réponse, il avait marmonné un Oui, je suppose que c’est normal pour une femme, avant de replonger dans son mutisme. Callie en avait alors déduit que Meredith avait exprimé des envies de maternité. Le fait que Derek semble réfléchir à la chose au lieu de prendre la fuite en courant l’avait glacée. Bien sûr, Mark l'avait avertie à plusieurs reprises mais elle ne l’avait jamais vraiment pris au sérieux. Cependant, là, il lui fallait se rendre à l’évidence, cette histoire était bien plus avancée qu’elle ne semblait l'être. Elle rouvrit les yeux et posa sur Meredith un regard où se mêlaient à la fois l’incrédulité et la colère. C’est alors qu’elle remarqua ce chien qui, allongé devant la cheminée, l’observait avec attention, inclinant sa tête tantôt à droite, tantôt à gauche. Qu’est-ce que c’est que ça ? cria-t-elle d’une voix aiguë, l’index pointé vers l’animal.

    C’est Murphy, répondit simplement Meredith. Elle allait commencer à raconter l’épopée du chien quand Derek fit son entrée.


  • Commentaires

    1
    Nanouu
    Vendredi 28 Septembre à 22:08
    Tu peux poster la suite demain ya trop de suspense la
    2
    Nanouu
    Vendredi 28 Septembre à 22:09
    Par contre je suis vraiment attaché a cette histoire . Bravoo!
    3
    Nolcéline 97234
    Vendredi 28 Septembre à 22:52

    Bonsoir à tous,

    Merci pour ce numéro 782 ,

    Et une désillusion de plus pour Callie!!

    Cette dernière est dans la même situation que son confrère en effet elle est là à espérer que Derek soit le père de ses enfants et pour Mark il souhaite la même chose avec Meredith. 

    En ce qui concerne les principaux concernés je me pose des questions car s'il est clair que le neurochirurgien n' est pas prêt à être père maintenant on peut se demander s'il souhaite l' être un jour? Ceci étant donné sa réponse à  sa consoeur. Là je ne suis pas très rassurée parce que comme je l' ai dit la dernière fois s' ils ne sont pas en accord sur ça ça risque de coincer et là j' ai peur des réactions de l' un et l' autre. 

    La confrontation maintenant entre eux... Bon 5 ième week-end de septembre 2018.

    4
    Butterfly
    Vendredi 28 Septembre à 23:05

    oh la la je me demande comment Derek va réagir. Déjà le fait qu'il ne soit pas rentré en même temps que Callie, c'est pas bon signe . Mais j'espère que sa journée au grand air l'aura calmé et qu'il va pouvoir discuter calmement avec Meredith

      • Nolcéline 97234
        Vendredi 28 Septembre à 23:20

        À mon avis il redoute autant que Meredith de se retrouver .

        -Par peur d' une dispute à nouveau? 

        - Peur de la décevoir sur ce sujet qui semble délicat pour lui? Etc.

      • Nolcéline 97234
        Vendredi 28 Septembre à 23:44

        Honteux, pas fier de son comportement?

        Bonne nuit.

      • Nolcéline 97234
        Samedi 29 Septembre à 09:37

        Hello everybody,

        Il a peut-être pris une décision qui risque de ne pas faire plaisir à la fille?

        Pas la quitter mais prendre un peu de distance un certain temps pour réfléchir ou que sais-je encore? Mais si c'est le cas elle va le considérer comme un abandon et là aïe mais je ne veux pas être pessimiste. Bon dernier samedi du mois à tous. 

      • Nolcéline 97234
        Samedi 29 Septembre à 09:57

        Ou alors on s' inquiète mais si ça se trouve ce n'est rien du tout. 

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