• CHAPITRE 775

    Mark resta là, les bras ballants, à regarder l’animal avec un air vaguement dégoûté, en se demandant par où le prendre sans trop le toucher. Parce qu’il était clair qu’il n’avait guère le choix ! S’il abandonnait le chien à son triste sort, Meredith ne le lui pardonnerait pas. Comme s’il devinait que l’homme était en train de se laisser apitoyer, l’animal laissa échapper un geignement plus plaintif encore que les autres. Ah si tu t’y mets aussi ! soupira Mark. Bon alors, va falloir que tu me donnes un coup de main, mon vieux. Il se baissa et passa délicatement une main sous la tête du chien. Je vais essayer de ne pas te faire mal mais si jamais, je ne devais pas réussir, je compte sur toi pour ne pas me mordre. Comme l’animal ne protestait pas, il posa son autre main sous la croupe et commença à le soulever lentement. Ben tu vois, quand tu veux… Il entra dans la maison et déposa le chien dans l’entrée, sur le paillasson, avant d’avancer jusqu'à la porte qui menait aux chambres. Tu trouves ? cria-t-il à l’intention de Meredith.

    Ouiiiii. Elle arriva en courant, la trousse à la main et une épaisse serviette de bain dans l’autre. Elle s’arrêta net quand elle vit le chien sur le paillasson. Tu ne comptes quand même pas le laisser là ? s’indigna-t-elle.

    Où veux-tu que je le mette ? demanda Mark en toute bonne foi. Pas sur le canapé, tout de même ! Cette bête est sûrement pleine de puces.

    Evidemment, pas le canapé. Mais on pourrait l'installer sur la table de la cuisine, suggéra Meredith. Comme ça, tu serais à ton aise pour le soigner.

    Meredith ! La table de cuisine ! s’écria Mark, scandalisé. C’est dégueulasse ! On ne sait pas d’où il sort, ce chien !

    Et alors ! Une table, ça se lave, répliqua la jeune fille. Je la désinfecterai même si ça peut te faire plaisir. Et de toute façon, j'ai prévu une serviette de bain. Comme ça, ça protégera la table et lui, il sera bien installé, conclut-elle en désignant le chien dont la tête allait de l'un à l'autre.

    Si Derek était là, ça ne se passerait pas comme ça, maugréa Mark.

    Meredith prit un air buté. Oui, eh bien, il n'est pas là justement. Alors, je ne vais pas m'occuper de ce qu'il dirait. Donc, maintenant, on va soigner ce pauvre toutou.

    Comprenant qu’il n'arriverait pas à la convaincre - c'était vraiment un âne bâté quand elle s'y mettait - Mark reprit l’animal dans ses bras. Toi, on peut dire qu’elle t’a à la bonne. Il le monta à l'étage, sous le regard vigilant de son amie. Dans la cuisine, elle s'empressa de déployer la serviette sur la table et Mark y déposa précautionneusement le chien.

    Meredith se pencha sur lui pour le rassurer. Tout va bien, n'aie pas peur. Tu n'as rien à craindre avec nous, au contraire. Le gentil docteur va te remettre sur pied en un rien de temps. Elle se tourna vers Mark. Tu ne trouves pas qu’il est fort essoufflé ?

    C’est un chien, Mer. Un chien, ça halète tout le temps. C’est normal, lui expliqua-t-il comme il l’aurait fait avec une enfant. En plus, celui-ci est stressé, sûrement. Il est blessé et il se retrouve dans une maison inconnue avec des gens qu'il ne connaît pas.

    Meredith caressa l'animal sur le sommet de son crâne. Tu ne vas pas nous faire une crise cardiaque tout de même, hein ? Elle s'adressa de nouveau à Mark. Tu ne crois pas qu'il faudrait l'ausculter pour voir si tout va bien ?

    Mark leva les yeux au ciel. Et je fais ça comment ?

    Meredith lui lança un regard lourd de reproches. Tu n'as pas pris ton stéthoscope.

    Bien sûr que non ! s'exclama-t-il. Je suis en vacances. Je n'emporte pas mon matériel avec moi.

    La jeune fille soupira. Et bien entendu, c'est la même chose pour les deux autres, déduisit-elle. On va faire comment alors ?

    Il sembla évident à Mark qu'elle ne le laisserait pas tranquille tant qu'elle n'aurait pas eu satisfaction. Trouve-moi un rouleau de carton, lui dit-il avec un air résigné.

    Et je trouve ça où ?

    Eh bien, au centre d'un rouleau de papier hygiénique par exemple. Ou d'un rouleau d'essuie-tout aussi, indiqua Mark. Meredith ouvrit aussitôt l'armoire où se trouvait le rouleau de sopalin qui venait à peine d'être entamé. Son sens de l'ordre et de l'économie lui interdisant de gâcher du papier pour une cause qui n'était pas vraiment grave, elle se précipita dans les toilettes situées à l'étage, pour en ressortir aussitôt et prendre la direction du rez-de-chaussée. Quand elle a une idée en tête, elle ne l'a pas ailleurs, confia Mark à son nouveau patient. Alors que je suis certain que ton cœur va très bien. En plus, je ne suis pas véto, moi. Je ne m'y connais pas trop en battements de cœur canin. Donc, je vais faire un peu semblant sinon, elle ne va pas me lâcher. Alors, je compte sur toi, mon vieux.

    Meredith réapparut, brandissant un rouleau de papier toilette avec un air triomphant. Voilàààà !

    Mark ne put s'empêcher de sourire. Elle ressemblait à une petite fille qui était excitée d'avoir réussi un exploit. Comment aurait-il pu ne pas jouer le jeu ? Ah très bien ! Maintenant, silence ! Il écarta les pattes du chien pour placer le rouleau de carton au niveau de son cœur avant d'y coller son oreille, faisant mine d'écouter attentivement les pulsations cardiaques. Ben voilà, il va bien, le pépère. Un peu stressé mais à part ça, tout est normal, annonça-t-il avec conviction.


  • Commentaires

    1
    Nolcéline 97234
    Vendredi 21 Septembre à 10:53

    Bonjour à tous, vraiment inutile tout ça en ce qui me concerne. 

    Pourquoi il n'essaie pas d'appeler un vétérinaire carrément ? Bonne journée et bon week-end à tous.

     

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