• CHAPITRE 771

    Même si cela ne dura qu’une seconde, Mark se surprit à détester Derek pour avoir blessé Meredith. Il passa furtivement la main sur la joue de cette dernière. Il l'a dit mais il ne le pensait pas.

    Oh si, il le pensait, persista-t-elle avec une voix légèrement tremblante.

    Non, je t’assure. Le sourire de Mark se fit réconfortant. Quand il m’en a parlé, il m’a dit combien ça avait compté pour lui et qu’il l’avait voulu. Il m'a même dit que c’était la meilleure nuit de sa vie. C'était difficile pour lui de lui dire ça. Evoquer ces moments en sachant qu’il ne les connaîtrait jamais avec elle lui crevait le cœur mais l’important, en ce moment, c’était elle. Il ne voulait plus lui voir cette tristesse dans les yeux.

    Mais alors, pourquoi il a réagi de cette manière avec moi ce matin ? lui demanda-t-elle.

    Parce que tu comptes beaucoup pour lui, répondit-il. Sa vie a complètement changé depuis qu'il te connait. Ça lui fait peur. Bien qu'il ait l'air convaincu, il ne l'était pas du tout. Quelle peur pouvait-on éprouver en étant aimé d’une fille aussi merveilleuse ? Il lui semblait justement que c’était le contraire qui devait se produire. Si lui-même avait eu cette chance, cela lui aurait donné des ailes. En tout cas, jamais il n’aurait jamais éprouvé le besoin de la fuir pour prendre l’air. Son bol d’air, ça aurait été elle.

    C'est pas une raison pour être odieux, objecta Meredith. Quand il a évoqué la possibilité que je sois enceinte, j'ai cru qu'il me parlait de la fin du monde.

    Mark leva les yeux au ciel. Ah là, je le comprends un peu, Mer. Ça fait flipper, un truc pareil, surtout que ça ne fait pas si longtemps que vous êtes ensemble.

    Et moi, tu crois que ça ne me fait pas flipper ? s'écria-t-elle. Ce n’est pas comme si j'avais prévu de faire un enfant maintenant. J'ai des tas de choses à faire avant de penser à fonder une famille. Mais si ça devait arriver maintenant, j'assumerais. Et ça me ferait plaisir de savoir que je peux compter sur l'homme avec qui j'ai fait cet enfant, même si c'est un accident.

    Mark la prit par les épaules pour la ramener contre lui. Evidemment que tu pourrais compter sur lui !

    Meredith fit une moue désabusée. A ta place, je ne parierais pas là-dessus.

    Eh bien, dans ce cas, je serais là pour lui botter le cul ! promit Mark. Et crois-moi, il s’en occuperait de son môme !

    Contre son gré, présuma Meredith. Non merci. Dans ces conditions, je préférerais élever mon enfant toute seule.

    Mark ne put qu'admirer la force de caractère de la jeune fille. Il aimait l'idée que, malgré son amour pour Derek, elle refusait de déroger à ses principes, même si ça devait la mettre en difficulté. Tu ne seras jamais seule, Mer, lui dit-il avec fougue. Moi, je serai toujours là pour toi. Son imagination se refit débordante. Il rêva que, malgré la pilule qu’elle allait prendre, Meredith se retrouvait enceinte. Derek se révélait plus lâche que son ami ne l’avait supposé et prenait la fuite à l’autre bout du monde. Alors lui, tel un preux chevalier, soutenait la jeune femme dans cette dure épreuve et s’occupait du bébé comme s’il s’agissait du sien. Touchée par sa grandeur d’âme, Meredith tombait follement amoureuse de lui et lui demandait d’adopter son enfant, pour qu’ils puissent former une vraie famille.

    De toute façon, le problème ne se posera pas, maugréa-t-elle, insensible au soutien qu'il lui apportait. Je vais prendre cette satanée pilule et toute cette histoire ne sera plus qu'un mauvais souvenir.

    Oui, c’est la meilleure chose à faire, concéda Mark du bout des lèvres, mettant ainsi fin à son rêve le plus fou. Il se leva presque à contrecœur et lui tendit la main. Allez, viens. On va prendre le petit-déjeuner, comme ça, après, on pourra aller au drugstore.

    Dis-moi que tu n'as rien préparé, l'implora-t-elle en se mettant debout. Je n'ai pas faim et tout ce que je veux, c'est prendre ce truc et être tranquille. Une fois qu'elle aurait pris la pilule du lendemain, son problème serait résolu, Derek serait rassuré et ils pourraient oublier l'incident.

    Mark l'entraina vers l'escalier. Tu as raison. Débarrassons-nous de cette corvée. Après, nous pourrons entamer notre journée.

    Dans le hall, Meredith s'assit par terre pour enfiler ses Moon Boots. Tu ne m'as toujours pas dit ce que tu avais prévu.

    C'est parce que je n'ai rien prévu, justement, répondit Mark. On va se laisser guider par nos envies du moment. C'est ça, les vacances après tout, non ?

    Meredith se releva d'un bond et lui adressa un grand sourire. Tout à fait. Ta façon de voir les choses me plait beaucoup.

    Tu m'en vois ravi. Il l'aida à mettre sa veste avant d'ouvrir la porte. On y va ? lui dit-il en lui offrant son bras.   

    On y va !


  • Commentaires

    1
    Nolcéline 97234
    Mardi 11 Septembre à 23:11

    Bonsoir à tous, Mark s' imagine un peu trop prendre la place de son confrère et c'est loin de me plaire tout ça.

    Avec cette crise je crains qu' il n' en profite pour se rapprocher un peu plus de celle qui occupe ses pensées afin d' espérer un peu plus et sait- on jamais réaliser ses rêves et désirs enfouis. À trop vouloir prendre ses désirs pour la réalité j' ai peur qu'il n' aille trop loin. Bonne nuit à tous.

    2
    Lola
    Mercredi 12 Septembre à 18:37

    Bravo pour cette fic que j'adore ! très bien écrit et plein de rebondissement. Tous les jours je voudrais en avoir plus 

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