• CHAPITRE 753

    Mark descendit l’escalier, les yeux rivés sur les marches, pour ne pas voir le couple qui se tenait par la main, juste devant lui. Il avait beau se sermonner, se traiter de tous les noms, il ne pouvait pas s’enlever toutes ces idées de la tête et cela commençait à lui faire peur. Jusqu’à présent, il avait aimé sa vie telle qu’elle était, son métier, son amitié avec Derek, son célibat, les filles qu’il sautait les unes après les autres. Mais désormais, tout cela avait moins de saveur parce qu’une gamine s’était insinuée dans sa tête. Il allait y mettre bon ordre et pas plus tard que tout de suite. Bonne soirée, les amoureux, se força-t-il à dire sur un ton enjoué, en arrivant devant sa chambre.

    Et pour ma brûlure ? Il ne faut rien faire ? se renseigna Meredith.

    Ah oui, ta brûlure, dit Mark sans expression particulière. Il s’adressa à son ami. Il faut peut-être remettre de la crème et dans tous les cas, changer le pansement.

    Eh bien, tu n’as qu’à t’en occuper. Après tout, c’est toi, le spécialiste, persifla Derek avec un sourire légèrement moqueur.

    Comment refuser sans que cela paraisse suspect, d’autant plus que, comme son ami se plaisait à le lui rappeler, il avait lourdement insisté le matin même sur son irremplaçable degré d’expertise ? D’accord. Mais d’abord, j’aimerais bien prendre une douche si ça ne vous dérange pas. 

    Non, pas de problèmes, répondit Meredith. On doit en prendre une nous aussi, de toute façon.

    Très bien. Le premier qui a fini rejoint l’autre, déclara Mark sans la regarder. A tout de suite. Il entra dans sa chambre et s’adossa contre la porte à peine refermée, en soufflant. Lui qui, la veille encore, cherchait toutes les occasions d’être avec la jeune fille redoutait maintenant de se retrouver seul avec elle. Tout ça à cause de ce sentiment idiot qui le submergeait, parce que c’était bien de sentiment qu’il s’agissait, il n’en était plus à se voiler la face. Comment ce qui n'était encore, quelques jours auparavant, qu'un simple fantasme s'était-il transformé en quelque chose d'aussi réel, d'aussi fort ? Était-ce la proximité qu’il avait avec Meredith depuis qu’ils étaient à Aspen qui lui avait ouvert les yeux sur ce qu'il ne soupçonnait même pas deux jours plus tôt ? N’ayant pas de réponse à ces questions, il se dirigea, le pas lourd, vers la salle de bains.

    Après avoir pris sa douche et passé de longues minutes dans le dressing à choisir sa tenue, c’est vêtue d’une jupe longue en laine noire, d’un pull rouge vif au décolleté en V et de ses cuissardes que Meredith frappa à la porte de la chambre de Mark. Comme elle n’obtenait aucune réponse, elle se rendit à l’étage et trouva son ami à la cuisine, attablé devant un verre de whisky. Voilà, je suis là, dit-elle.

    Moi aussi, répondit Mark en essayant de maitriser les battements désordonnés de son cœur. Dieu, qu'elle était belle ! Il se fit violence pour ne pas montrer à quel point il était troublé.

    Elle prit place sur la chaise à côté de lui. Derek a déjà enlevé le bandage, mentionna-t-elle parce qu’elle ne savait que dire d’autre, tant le malaise était perceptible. Comme je devais prendre ma douche… Et il m'a dit que ce n'était pas grave si le pansement était mouillé.

    Non, ce n'est rien. Mark lui remonta délicatement la manche de son pull jusqu'au coude.

    Je crois que ça va. En tout cas, je n’ai pas eu mal de toute la journée, précisa-t-elle.

    C'est déjà bon signe. Mark souleva précautionneusement le pansement pour découvrir la peau sur laquelle subsistaient encore quelques traces de crème. Je vais désinfecter pour retirer l’excédent de Biafine. Ça me permettra de voir l’évolution de la brûlure, et ensuite, je remettrai de la crème si nécessaire.

    Cette attitude très professionnelle, presque froide, qui ne correspondait pas du tout au comportement qu'il avait habituellement avec elle, acheva de convaincre Meredith qu'il y avait un problème. Mais lequel ? Et alors, ta journée avec Callie ? Ça s'est bien passé ? demanda-t-elle dans le but de tâter le terrain.

    Oui, très bien. Mark prit une compresse et, après l’avoir imbibée de désinfectant, la frotta délicatement sur la peau de sa patiente.

    Qu'est-ce que vous avez fait, si ce n'est pas indiscret ? insista celle-ci, bien décidée à découvrir la raison pour laquelle son ami lui témoignait autant de froideur.

    On a skié, on a mangé un bout et on a refait du ski, se borna-t-il à répondre, le regard fixé sur la brûlure. Je ne te fais pas mal ?

    Non, pas du tout, le rassura Meredith. Je te l'ai déjà dit, tu es toujours très délicat quand tu t'occupes de moi. Mark serra les dents. Il aurait tant aimé être pour elle autre chose que le gentil médecin qui la soignait si bien. De délicatesse, il en était capable dans bien d’autres domaines qu’il lui était interdit d'aborder avec elle. Donc, ma brûlure, ça va mieux ? s’enquit-elle.

    Il opina de la tête. Oui, on dirait. Les ampoules se sont déjà résorbées et les rougeurs ne sont pas importantes, analysa-t-il froidement. Je vais remettre de la pommade, par acquit de conscience, mais tout est en bonne voie. Il ouvrit le tube de Biafine et appliqua la crème en une fine couche.


  • Commentaires

    1
    Nolcéline 97234
    Lundi 30 Juillet à 22:12

    Bonsoir à tous, merci pour la suite,

    J'ai peur qu'elle finisse par exploser et lui demande ce qu'il y a peut-être pas ce soir il y a le dîner avec Derek dîner durant lequel elle va lui en parler c'est certain et j'ai peur de la suite. Que vont-ils en déduire tous les deux? Que va répondre Mark ? 

    Il dira qu'il n'est pas froid , qu'il n'y a rien du tout , que c'est Meredith qui s'imagine des choses etc. Il en faudra plus pour la convaincre et son meilleur ami également j'ai peur que Mark soit percé à jour. On verra bien.

    Bon lundi soir à tous.

    2
    Vendredi 3 Août à 18:50
    En effet si son comportement ne change pas il va se faire percer à jour.
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