• CHAPITRE 727

    Oui, ça me plairait bien, reconnut Meredith. Mais pour le moment, c'est encore de l'ordre du rêve. Et je ne sais pas du tout si je serai un jour en mesure de le réaliser.

    Cette réserve fit tiquer Brian. Et pourquoi pas, si c’est ce que tu veux ?

    Tout n'est pas toujours qu'une affaire d’envie ou de volonté, répliqua Meredith. Dans mon cas, c'est plutôt un problème financier. Et il n'y a pas que l'argent. Rien ne dit que j’ai les capacités intellectuelles pour réussir ce genre d'études. Derek et Mark soufflèrent bruyamment. Choisissant de les ignorer, elle poursuivit son explication. Ça fait presque quatre ans que j'ai quitté le lycée. Et depuis, j'ai eu des jobs de vendeuse ou de serveuse. J’ai été baby-sitter aussi et une fois monitrice dans un camp de vacances. Rien qui stimule particulièrement le cerveau. Alors, des études de psychologie… C'est ce que j'ai envie de faire mais je ne veux pas me faire trop d'illusions non plus.

    Mais ce ne sont pas des illusions, merde ! s’emporta Derek. Tu es brillante et intelligente. Tu peux faire toutes les études que tu désires. Il s’adressa à Brian, comme s’il lui faisait l’article. Sa bibliothèque déborde d’ouvrages de sociologie et de psychologie. Tout ce que l’Amérique a compté de grands hommes, elle connaît, elle a lu leur biographie. Et il suffit de discuter dix minutes avec elle pour se rendre compte de son potentiel. Elle est vive, spirituelle, elle comprend vite les choses. Il se tourna à nouveau vers Meredith. Tu peux faire tout ce que tu veux, Meredith, tout ! Que ce soit serveuse, psychologue ou je ne sais quoi d’autre, tu le feras parfaitement, j’en suis sûr. Il suffit simplement que tu cesses d’avoir peur.

    Mon dieu, avec quelle fougue il parlait d'elle ! Callie en eut le cœur serré. Non seulement il était follement amoureux de Meredith, mais en plus il l’admirait. Et pourtant, Derek Shepherd n’admirait pas grand-monde sur cette terre, en dehors de quelques grands chirurgiens qu’il avait eu la chance de rencontrer. Callie était consciente que jamais il ne parlerait d’elle comme il parlait de cette fille, alors autant se faire une raison… et se consoler avec Brian. Quand il l’avait accostée quelques heures plus tôt, alors qu'elle s'apprêtait à prendre le télésiège, elle avait eu un choc. Cette nuit, elle ne ferait pas l’amour avec Brian, le moniteur de ski, mais avec Derek, l’étudiant en médecine. Cela faisait presque dix ans qu’elle vivait dans l’illusion, elle pouvait bien continuer encore un peu.

    Et toi, il faut que tu sois réaliste, riposta Meredith. Si je ne réussis pas mes études, j’aurai des dettes jusqu’à la fin de ma vie parce que je ne serai pas en mesure de rembourser les emprunts que j'aurai faits. Alors, ne compte pas sur moi pour me lancer là-dedans à tête baissée. Je veux prendre mon temps pour réfléchir à ce que je veux faire, et comment. Contrarié, Derek poussa un grognement en secouant légèrement la tête en signe de désapprobation.

    Je comprends mais… Brian darda son regard bleu couleur océan sur Meredith. A réfléchir trop longtemps, tu risques de laisser passer ta chance et de ne jamais réaliser ton rêve. Ce serait dommage. Il haussa les épaules. A ta place, je penserais autrement. Je vais réussir mes études parce que ça me permettra de rembourser les dettes que j’aurai faites.

    Mark leva les bras au ciel. Ah ! Enfin une parole sensée ! Il désigna le jeune homme à Meredith. C’est ce qu’on appelle la pensée positive. Prends-en de la graine. 

    Et toi, mêle-toi de ce qui te regarde ! rétorqua la jeune fille.

    Callie vit les yeux de Derek virer au bleu nuit, signe annonciateur de sa colère. Quant à Mark, il ne fallait pas compter sur lui pour jouer les pacificateurs ; il était aussi énervé que les deux autres. Tout cela n'augurait rien de bon. Le moment était sans doute venu de quitter le trio infernal, d'autant plus qu'elle n'avait aucune envie de participer à la planification de l’avenir de Meredith, aussi brillant pût-il être. Elle se pencha vers Brian. On devrait les laisser se démerder et aller dans ma chambre, lui murmura-t-elle à l'oreille.

    Brian lui fit un sourire penaud. Comme il était celui qui avait, à son corps défendant, semé la discorde, il estimait qu'il devait au moins essayer d'arranger les choses. Devinez qui j’ai vu en ville hier après-midi ? Quatre paires d’yeux se tournèrent vers lui avec plus ou moins d’intérêt, selon leurs propriétaires. Mariah Carey, leur révéla-t-il avec un enthousiasme quelque peu exagéré.

    Oh Mariah Carey, s'écria Callie qui avait compris l'intention du jeune homme. Quelle chance ! 

    Un peu trop diva à mon goût mais elle a du coffre, concéda Mark qui souhaitait, lui aussi, calmer le jeu. S'il y avait bien quelque chose qui lui déplaisait, c'était de voir Meredith tourmentée comme elle l'était maintenant, sans doute parce qu'elle n'arrivait pas à capter le regard de Derek depuis qu'elle l'avait défié.

    Et toi, Meredith, tu aimes Mariah Carey ? l'interrogea Brian qui, lui aussi, avait remarqué que la jeune fille ne participait plus à la conversation, parce qu'elle était à l'affût d'un signe de son petit ami. Comment celui-ci ne réalisait-il pas que son attitude ne faisait que renforcer son amie dans le sentiment qu'elle n'était pas à la hauteur de ses attentes ? Il était évident que Meredith était paralysée par sa peur de l'échec et que la pression que Derek lui mettait ne faisait que renforcer celle-ci.


  • Commentaires

    1
    Nolcéline 97234
    Mercredi 30 Mai à 17:48

    Bonsoir à tous,

    Merci,

    Eh bien on se demande comment elle réagira face au cadeau de Mark?

    Une rencontre avec les profs ça n' engage à rien mais j' espère qu' ils sauront trouver les arguments pour la motiver.

    Et Callie pour cette nuit j' ai encore plus de craintes  après ce que je viens de lire. Bonne fin de journée à tous. 

     

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