• CHAPITRE 722

    Mark se lança en espérant que son ami n’allait pas prendre mal son initiative. Ça fait plusieurs fois qu’elle nous parle de son envie de faire des études. On sent qu’elle est motivée mais qu’elle a peur de faire le premier pas. Elle trouve toujours des excuses pour remettre ça à plus tard. Je pense surtout que c’est parce qu’elle est mal informée. Alors, je me suis dis… Impatient, Derek écarquilla les yeux et lui fit signe de continuer. J’ai quelques contacts à Berkeley donc, je vais lui organiser une visite du campus et surtout une entrevue avec des professeurs de la faculté de psychologie qui pourront répondre à toutes ses questions. Evidemment, ce n’est pas grand-chose mais ça lui permettra sans doute d’avoir une meilleure approche de la réalité. Et de lui donner vraiment envie de se lancer, j'espère. Et puis, je lui ai acheté tous les manuels nécessaires pour préparer le SAT. Comme Derek ne réagissait pas, Mark, sentit monter en lui l’inquiétude. Qu’est-ce que tu en penses ?

    Derek resta muet encore quelques secondes avant de répondre. C’est génial, mon vieux. Son sourire s’élargit au fur et à mesure qu’il parlait. Tout simplement génial. Tu as raison, ce qu'il faut, c'est lui mettre le pied à l’étrier.

    Evidemment, ça ne résout pas le problème du financement, tempéra Mark.

    Derek balaya l’argument du revers de la main. Chaque problème en son temps ! Une fois qu’elle sera décidée à entamer des études, on verra le reste. Il frappa le plat de sa paume contre son front. Comment n’y ai-je pas pensé ?

    Peut-être parce que tu n’as pas à te creuser la tête pour lui faire plaisir, ironisa Mark. Tu lui offres un lion de mer en peluche et elle tombe en pâmoison. D’ailleurs, je te préviens, je ne lui offrirai pas mon cadeau en même temps que toi. Sinon, elle n’y prêtera même pas attention.

    Derek sourit. T’es con ! C’est moi au contraire qui ai intérêt à être à la hauteur maintenant ! Il souffla en dodelinant de la tête. Si j’arrive avec une breloque, je ferai pâle figure à côté de toi. Soudain, il émit un petit rire. Ah bon sang, je suis pressé de voir sa réaction quand elle va apprendre tout ça. 

    Mark fit la moue. Hmm ! A ta place, je ne me ferais pas trop d’illusions. Elle va trouver quelque chose à redire.

    Oui, bien sûr, il faut toujours qu’elle ronchonne au début, admit Derek avec un sourire tendre. Mais après, elle se rendra à nos arguments, j’en suis sûr.

    Mark soupira. Il faut l’espérer en tout cas. Ça m’emmerde vraiment qu’elle perde son temps alors qu’elle a tellement de possibilités à exploiter.

    Derek l'approuva d'un signe de tête avant de plonger dans ses pensées, le regard perdu au loin. Le silence commençait à s'installer quand il se décida à l’interrompre. Est-ce que tu as déjà réalisé la place qu’elle a prise dans notre vie ?

    Comment ça ? demanda Mark, aussitôt sur la défensive.

    Tu peux me dire la dernière fois où on est sorti entre hommes ? Derek secoua la tête. Moi, je ne m’en souviens même plus. On est tout le temps avec elle. On se relaie pour la distraire ou la soigner. On va faire du shopping ou on s’improvise prof de ski. Toi, tu lui organises une visite de l'unif, comme un père le ferait pour sa fille. Son regard était presque étonné lorsqu’il se posa sur Mark. Moi, ça fait quinze jours que je vis quasiment, non, que je vis avec elle. Sa voix se fit tremblante. Je ne nous reconnais plus, Mark.

    Celui-ci haussa légèrement les épaules. Oui, je sais. Je me suis déjà dit la même chose. Cette petite a le don d’éveiller en nous des sentiments inconnus jusqu’ici.

    Ou qu’on croyait morts à jamais, murmura Derek.

    Oui, aussi. Troublé, Mark toussota pour se donner une contenance. Ça doit être l’âge. Tu sais, la notion du temps qui passe et toutes ces conneries. On se laisse attendrir par la moindre chose, un beau paysage, une chanson, un chien qui te regarde, une feuille qui tombe d’un arbre…

    Derek regarda son ami avec étonnement. Une feuille qui tombe d’un arbre ? C’est une métaphore ?

    Mark souffla bruyamment. Est-ce que je sais, moi ?

    Tu as raison, on vieillit, constata Derek. On est vraiment pitoyable !

    Ta gueule ! Qu’est-ce qui te prend à faire le bilan de nos vies ? s’énerva Mark. On a trente-cinq ans, merde ! On n’est pas près de mourir à ce que je sache ! Laisse-toi vivre et cesse de penser. Ça ne te réussit pas en général et, moi, ça me fout le cafard.

    Qui a le cafard ? demanda Meredith qui venait de faire sa réapparition.

    Moi ! A cause de ton mec, grogna Mark. Il a de ces idées, ces derniers temps.

    Hé ! C’est toi ! accusa Derek. C’est toi qui as dit qu’on vieillissait.

    La jeune fille vint se blottir contre lui en souriant. Mais à quoi vous pensez ? Vous n’avez que trente-cinq ans, ce n’est pas vieux. Et en plus, vous êtes plutôt bien conservés pour votre âge. On ne croirait jamais que vous approchez de la quarantaine.


  • Commentaires

    1
    Nolcéline 97234
    Mardi 29 Mai à 17:57

    Bonsoir à tous, comment vont-il le prendre ? Lol

    Mark a toujours de bonnes idées c'est top son cadeau cool . J'ai confiance Meredith y répondra favorablement et avec enthousiasme happy.

    Du coup Derek pour le sien il va être dans la démesure ou pas ? Pour être à la hauteur de son ami? On n'est pas obligé de l'être pour que ce soit réussi mais ça je suppose qu'il le sait .

    Bonne fin de mardi après-midi à tous. 

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