• CHAPITRE 717

    Durant toute la journée, les deux amis rivalisèrent de patience et de gentillesse pour apprendre à Meredith à tenir debout sur ses planches, dans un premier temps, et à se déplacer ensuite. Les chutes furent nombreuses, bien sûr, mais en fin d'après-midi, la jeune fille était capable de descendre une piste verte avec une certaine aisance, à défaut d'enthousiasme. Malgré tous ses efforts, elle ne parvenait pas à comprendre l'engouement que tant de personnes avaient pour ce sport qui consistait principalement, de son point de vue, à faire la file pendant des heures pour accéder aux télésièges afin de remonter des pentes qu'on descendait en quelques minutes. En plus, elle se sentait laide et ridicule, avec cette couche épaisse de crème grasse que Mark avait pris plaisir à étaler encore et encore sur son visage, et engoncée dans sa combinaison qui, aussi chère soit-elle, était maintenant toute mouillée. Quand le soleil disparut et que le froid se fit plus pénétrant, la motivation déjà ténue de Meredith s'évanouit totalement. Dites-moi que c'est fini pour aujourd'hui, implora-t-elle ses deux compagnons, après une énième descente. J'ai froid, j'ai faim, j'en ai marre. En plus, j'ai mal partout.

    Derek hocha la tête de bas en haut. Oui, c'est fini. On va rentrer. Il sourit en la voyant pousser un soupir de soulagement. Je suis fier de toi. Tu t’es super bien débrouillée. De la vraie graine de championne !

    Ouais, on va dire ça, grommela-t-elle en s'empressant de décrocher ses skis. Elle avait hâte d'arriver chez le loueur de matériel pour pouvoir enlever les chaussures de ski et retrouver le confort de ses Moon Boots.

    En tout cas, vu le nombre de fois où tu t’es retrouvée sur les fesses, tu mérites la médaille d’or de la chute ! se moqua Mark.

    Oh je pense que c'est la seule médaille à laquelle je pourrai prétendre, répliqua Meredith. Je ne crois pas que le ski et moi, soyons faits l'un pour l'autre.

    Tu ne peux pas dire ça après une seule journée, estima Derek.

    Ne te décourage pas surtout, ajouta Mark en mettant ses skis et ceux de la jeune fille sur son épaule. Le ski, plus t'en fais, plus tu aimes ça.

    Elle lui lança un regard sceptique. Ça, c'est pas gagné.

    Elle était frigorifiée quand ils arrivèrent à la maison. Tout le long du chemin, elle avait eu l'impression que l'humidité pénétrait peu à peu en elle. A peine dans le hall, elle abaissa le haut de sa combinaison, ce qui lui permit de réaliser que le pull qu’elle portait en-dessous était tout mouillé. Derek et Mark s’en rendirent compte également et échangèrent un regard inquiet. Il n’y avait rien de pire que de mariner dans des vêtements humides pendant des heures. Va m’enlever ça tout de suite, ordonna Derek, l’air mécontent. C’est de la merde et je n’aurais jamais dû te laisser me convaincre de l’acheter. Maintenant, tu vas me faire le plaisir de le foutre à la poubelle. Et les autres aussi.

    Ah ça, non ! Il n’en est pas question, riposta Meredith. Moi, je ne jette pas des vêtements à la poubelle. Pressentant que la discussion allait tourner au vinaigre, Mark s’éloigna discrètement dans le couloir des chambres.

    Fais-en ce que tu veux, mais je ne veux plus te voir avec, répliqua Derek.

    Ah oui ? Et je mets quoi le reste de la semaine ? questionna Meredith avec des yeux ronds.

    Ce que tu veux, je m’en fous ! Tout ce que je sais, c’est que si tu m’avais écouté quand on était chez Bloomingdale’s, on n’en serait pas là. Enervé, Derek sortit du chalet en claquant la porte. Meredith regarda fixement celle-ci avec un air éberlué.

    Mark revint dans le hall. Il est parti ? La jeune fille opina de la tête, avec la lèvre inférieure qui tremblait. Mark la prit par les épaules. T’inquiète, il est juste sorti se calmer.

    Tu crois ?

    Mais oui ! répondit Mark en souriant. Tu sais comment il est. Il s’emporte facilement. Il faut juste lui laisser le temps de redescendre.

    Meredith posa la tête contre l’épaule de son ami. Mais pourquoi il réagit comme ça ? Je n'ai jamais fait de ski. Comment j'aurais pu savoir que ces pulls ne conviendraient pas ? La seule chose à laquelle j'ai pensé, c'est à leur prix. Il avait déjà tellement dépensé d'argent pour moi, je ne voulais pas qu'il en dépense encore plus.

    Mais ne t'en fais pas pour ça, recommanda Mark. Je te parie que quand il va revenir, il sera le premier embêté de s'être énervé pour si peu et il ne saura pas quoi faire pour se faire pardonner. Il l'emmena jusqu'à sa chambre. Tu sais ce que tu vas faire ? Tu vas aller m'enlever ces vêtements tout mouillés et puis prendre un bain bien chaud. Et quand tu en sortiras, je te donnerai une aspirine et un thé avec du miel. J'ai vu que tu en avais acheté, c'est une bonne idée. Il n'y a rien de tel pour prévenir les maux de gorge.

    Tremblante de froid, Meredith s'empressa de suivre le précieux conseil. Le temps de retirer ses vêtements et de remplir la baignoire, elle se plongea dans l'eau presque brûlante. Elle y resta longtemps, rajoutant de l'eau chaude au fur et à mesure. Quand elle arriva au salon, emmitouflée dans un gros pull appartenant à Derek, elle fut contrariée de ne pas trouver ce dernier. Il n'est pas encore revenu ? se renseigna-t-elle auprès de Mark qui s'avançait vers elle avec un plateau sur lequel il y avait un mug de thé au citron et au miel, comme promis, mais aussi quelques gâteaux.

    T'inquiète pas. Il m'a envoyé un texto pour me dire qu'il allait arriver, la rassura Mark. Après avoir conduit la jeune fille jusqu'au canapé, il voulut lui donner la tasse de thé mais la reprit in extremis, son amie étant secouée par une crise d’éternuements. Ho la ! Eh ben dis donc, t’es bien arrangée, toi ! Je crois qu’une aspirine s’impose.

    Meredith acquiesça tout en se mouchant. Tu m'avais dit que tu m'en donnerais une, lui rappela-t-elle une fois qu'elle eut fini.

    C'est vrai, je vais te chercher ça.


  • Commentaires

    1
    Nolcéline 97234
    Mardi 17 Avril à 20:27

    Bonsoir à tous,

    Malade au bout du deuxième jour ce n' est pas l' idéal surtout quand on a qu' une semaine de vacances.  J' espère que ça ne s' installera pas et  qu' elle pourra poursuivre le reste de la semaine en étant en pleine forme. 

    Bon mardi soir à tous. 

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