• CHAPITRE 558

    Derek ne cacha pas qu’il était choqué. Ah bon ? Tu trouves que ce n’est pas grave qu’on te parle comme ça ? Eh bien, moi si. Et crois-moi, quand je vais la voir, Annabel…

    Si ça te dit, elle est ici, indiqua Mark, ce qui lui valut un regard assassin de la part de Meredith.

    Derek se retourna vivement. Il ne lui fallut que quelques secondes pour repérer la coupable. Elle va savoir comment je m’appelle, cette conne.

    Il était prêt à se lever mais Meredith le retint par le bras. Non, tu restes ici, lui ordonna-t-elle d’une voix ferme. Il est hors de question que tu fasses un scandale à cause de moi. Je suis déjà suffisamment un objet de curiosité pour tout le monde ici, alors ça ne sert à rien d’en rajouter. Derek soupira mais ne bougea pas. Et puis, je suis aussi un peu fautive. Si je ne m'étais pas baladée, rien ne serait arrivé.

    Mais tu as le droit de te balader. Et puis, ce n'est pas une raison pour qu'elle te traite comme ça, insista Derek.

    Mark, qui jouait depuis un moment avec sa cuiller, releva la tête. Il a raison, Mer. Tu devrais le laisser régler ça.

    Non, je ne veux pas, s'entêta Meredith. C'est vrai qu'elle aurait pu être plus aimable mais il n'y a pas de quoi en faire une affaire d'état. Et puis, vous ne pensez pas que vous êtes un peu responsables ? Les deux hommes la regardèrent avec le même air surpris. Mais oui ! Vous couchez à droite et à gauche et puis, vous les jetez comme des vieux kleenex, alors après, il ne faut pas vous étonner qu'elles aient envie de pourrir la vie des filles avec qui vous sortez.

    Ho là ! Je n'ai strictement rien à voir avec elle, moi, protesta Derek.

    Pourtant, ce n'est pas l'impression qu'elle m'a donnée, répliqua Meredith.

    Mais je t'assure que je n'ai jamais couché avec elle, certifia Derek. Il prit son meilleur ami à témoin. Dis-le-lui, toi.

    Je lui ai déjà dit mais apparemment, elle ne me croit pas, déplora Mark.

    Elle ou une autre, c'est la même chose, répliqua Meredith.

    Est-ce que tu serais jalouse par hasard ? demanda Derek avec un petit sourire suffisant, tant il était certain d’avoir raison.

    Absolument pas ! prétendit la jeune fille. Mais je n’ai pas vraiment envie de payer la note pour tes erreurs.

    Ne t’inquiète pas pour ça, ça n’arrivera pas, la tranquillisa Derek. Son regard tomba sur l’horloge murale. Merde ! Il faut que j’y aille. Il se pencha vers son amie et l’embrassa sur la joue, s’y attardant plus qu’il ne le fallait. Mark va te raccompagner à mon bureau. Et moi, je te rejoins le plus vite possible.

    D’accord.

    Je te la confie, ajouta Derek à l’intention de son ami. Celui-ci accepta la mission en levant la main droite. Après avoir adressé un dernier tendre regard à Meredith, Derek se dirigea vers la sortie. De loin, il croisa le regard goguenard d’Annabel. Même s’il mourait d’envie de lui dire sa façon de penser, il décida de suivre le conseil de Meredith, surtout pour ne pas lui créer plus d’ennuis, et d’ignorer l’infirmière.

    Malheureusement, celle-ci était déterminée à se venger, d’une façon ou d’une autre, de l’affront que Mark lui avait fait. Y en a qui préfèrent les vraies femmes et d’autres les gamines, dit-elle assez fort pour être entendue de tous ceux qui l’entouraient, et surtout des deux chirurgiens et de leur amie. Mais bon, quand on s’est tapé toute la ville, on n’a plus d’autre choix que d’aller draguer à la sortie des écoles pour pouvoir tirer son coup. Très fière de son bon mot, elle se tourna vers ses voisines de table cherchant une approbation dans leurs regards. Elle n’y trouva que de la gêne et, chez certaines, de l’appréhension. 

    Evidemment, Derek ne pouvait pas laisser passer un tel outrage sans réagir. Alors qu’il avait déjà dépassé la table où se trouvait l’infirmière, il revint sur ses pas pour lui régler son compte. En le voyant faire demi-tour, Meredith gémit imperceptiblement en se tassant sur elle-même. Par contre, Mark sourit à la perspective du spectacle que son ami allait leur donner. Très calme, ce dernier s’adressa directement à Annabel en la fixant d’un regard métallique. Ce que je viens d’entendre me laisse penser que vous n’occupez pas le bon poste dans cet établissement, dit-il froidement. Récurer les toilettes devrait vous correspondre bien mieux.

    L’infirmière voulut répliquer mais sa voisine l’en empêcha en lui donnant un coup de coude dans les côtes. Tais-toi, chuchota-t-elle. N’aggrave pas ton cas.  

    Ecoutez donc votre camarade, reprit Derek sur un ton ironique. Elle semble de bon conseil. Ses yeux firent le tour de la salle. Ce que je fais de ma vie privée ne vous regarde pas et je ne tolérerai aucun commentaire à ce sujet, prévint-il sur un ton implacable. C’est valable pour chacun d’entre vous et ceux qui dérogeront à cette règle auront affaire à moi. Ainsi que tous ceux qui manqueront de respect à mon amie. Tout le monde savait que les menaces proférées par Derek Shepherd ne l’étaient jamais en l’air. Les plus audacieux se contentèrent de marquer leur assentiment par un discret signe de tête. Satisfait, Derek poursuivit son chemin.


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