• CHAPITRE 1109

    Il y a eu quelques petits problèmes, déclara Derek sans plus de précisions, en espérant que Meredith saurait se contenter de cette vague explication. Mais maintenant, ça va. Normalement, ils devraient rentrer dans trois ou quatre jours.

    Des problèmes ? Quels problèmes ? l’interrogea Meredith en se savonnant. Le bébé va bien quand même ?

    Le bébé se porte comme un charme. C’est la maman qui a eu quelques soucis, lui révéla Derek en sortant une serviette de bain de l’armoire. Elle a fait une hémorragie dans l’ambulance. Heureusement, on arrivait à la clinique et ils ont pu l’opérer tout de suite. Elle a eu de la chance.

    Oh là là ! Meredith posa sur lui de grands yeux abasourdis. En tout cas, elle te doit une fière chandelle. Si tu n’avais pas été là…

    Derek fit une petite moue. Oh tu sais, je n’ai pas fait grand-chose.

    Meredith prit un ton quelque peu ironique. Non, bien sûr ! Tu l’as juste aidée à avoir son bébé et tu lui as sans doute sauvé la vie. Elle coupa l’eau avant de sortir de la douche pour s’enrouler dans la serviette que Derek lui présentait. J’espère qu’ils vont au moins lui donner ton prénom.

    Il la regarda avec un air amusé. Et pourquoi tu voudrais qu’ils fassent ça ?

    Ben, pour te remercier. Pour t’honorer.

    Pour m’honorer ? Il se mit à rire. Tu m’en diras tant ! Eh bien, désolé de te décevoir, mais ils l’ont appelé Jason.  

    Jason ? Meredith fit la moue. Ouais. C’est pas vilain. Mais Derek, ça aurait été beaucoup mieux.

    Derek rit de plus belle devant son air déconfit. Ils ont quand même le droit d’appeler leur gamin comme ils veulent !

    Oui, bien sûr. Ils vont peut-être te choisir comme parrain, insista Meredith en frottant vigoureusement la serviette sur son corps mouillé. Pour elle, en accouchant Naomi de la façon dont ça s'était passé, le chirurgien avait posé un acte réellement héroïque. Elle estimait qu’il devait lui être rendu hommage d’une façon ou d’une autre.

    Je ne crois pas, non, rétorqua Derek, amusé par son entêtement. Et surtout, je ne le souhaite pas. C’est bien trop de responsabilités. Et puis, j’ai déjà trop peu de temps libre. Je préfère de loin te le consacrer plutôt que de m’occuper du fils des voisins.

    Le sourire éblouissant de la jeune fille le récompensa pour cette charmante pensée. Elle passa dans la chambre et il la suivit, s’asseyant sur le lit aux draps défaits, pour la regarder choisir ses vêtements dans la garde-robe. Qu’est-ce que tu penses de Nathan ? laissa-t-elle soudain tomber alors qu’elle tenait deux cintres à bout de bras, hésitant sur la couleur du corsage.

    Qui est Nathan ? demanda Derek en haussant les sourcils.

    Personne. Meredith le regarda en hochant la tête, à la fois moqueuse et indulgente. C’est juste un prénom que j’aime bien. Elle opta pour le haut bleu turquoise et fit rependre le rouge. Ça me plairait qu’on appelle notre fils comme ça.

    Il fallut quelques secondes pour que Derek réagisse. No… notre… fils ? ânonna-t-il.

    L’ébahissement mêlé de frayeur qui s’afficha sur son visage fit sourire Meredith. Ne t’inquiète pas. Je ne suis pas en train de t’annoncer que je suis enceinte. Tu ne risques rien pour le moment, certifia-t-elle, railleuse. Elle fit glisser quelques cintres sur la tringle et, après une brève hésitation, saisit un pantalon de toile chocolat. Alors ? Nathan, ça te plait ? Nathan Shepherd, ça sonne bien, non ?

    Euh… oui… Je ne sais pas trop, répondit Derek, encore abasourdi par ce qu’elle venait de lui dire. Il la savait prête à assumer un enfant non désiré mais il ne lui était encore jamais venu à l’idée que Meredith voudrait volontairement avoir des enfants un jour. Il s’était imaginé – sottement, semblait-il maintenant – que leur amour comblait tous ses désirs et qu’elle n’avait ni besoin ni envie de rien d’autre. 

    De toute façon, on a encore le temps d’y penser, souligna la jeune fille sans réaliser à quel point ses propos avaient perturbé son compagnon. Tant que je n’aurai pas terminé mes études, il n’est pas question d’avoir des enfants. Après avoir pris des sous-vêtements dans la commode, elle fit demi-tour pour se diriger vers la salle de bain. Ce fut alors qu’elle remarqua l’air préoccupé de Derek. Ça ne va pas ? s’inquiéta-t-elle. Tu as un problème ? 

    Non, non. Le sourire qu’il lui fit fut quelque peu figé. Je pense déjà à mon intervention, c’est tout, prétendit-il en espérant qu’il était convaincant. C’est un cas un peu compliqué, tu vois. Il ne voulait pas déclencher maintenant une discussion qu’il aurait été incapable de soutenir. Il fallait d’abord qu’il mette un peu d’ordre dans toutes les pensées qui étaient en train de se bousculer dans sa tête.

    Meredith parut soulagée. Ah d’accord ! Alors, je te laisse te concentrer. Encore cinq petites minutes et on pourra partir, promit-elle en disparaissant à nouveau dans la salle de bains. Derek resta assis sur le lit, hébété, avec l’horrible impression qu’une fois encore, le bonheur qu’il avait si difficilement acquis n’allait pas tarder à lui être enlevé et que toute son existence allait être réduite à néant.  


  • Commentaires

    1
    Butterfly
    Dimanche 16 Février à 17:31

    On savait que ce serait un problème pour le couple. Ils ne sont pas sur la même longueur d'ondes à ce sujet et c'est évident pourquoi Derek ne veut pas d'enfant, mais je pense qu'il dramatise beaucoup. A mon avis, il devrait en parler à Meredith. Et je ne pense pas que son existence va être réduite à néant. Je pense que Meredith va le comprendre et l'aider

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