• CHAPITRE 1107

    Tu devrais la respecter aussi, conseilla Meredith sur un ton légèrement sentencieux.

    Taylor ignora la remarque de son amie. Il ne s’est pas remis avec sa pétasse mexicaine, j’espère ?

    Tu sais, si ce n’est pas elle, ce sera une autre, dit doucement Meredith. A ta place, je ne me ferais pas trop d’illusions.

    Mais Taylor n’était pas prête à entendre un tel discours. De toute façon, qu’elle en profite, Miss Tacos ! Parce que quand je serai à Berkeley, je vais faire un sacré ménage, j’te jure !

    Il a fait une promesse à sa grand-mère, insista Meredith. Sa grand-mère qui vient de mourir ! Il ne reviendra pas là-dessus.

    Meredith, franchement, tu me fais chier avec ta morale à la con ! Si t'as rien d'autre à dire, salut. Taylor appuya rageusement sur le bouton de son téléphone, mettant ainsi fin à la conversation.

    Meredith posa le sien sur la table en soupirant. Elle détestait faire de la peine mais d’un autre côté, elle n’avait pas eu le choix. Elle estimait ne pas avoir le droit d’encourager Taylor dans ses chimères. Cela ne serait pas honnête de sa part. Elle ne voulait pas que la jeune fille perde son temps à attendre quelque chose qui ne se produirait jamais parce que, même si Mark avait été séduit par Taylor, il ne se parjurerait pas. Le fait qu’il filtre les appels de la jeune fille en était la plus belle des preuves. Cependant, d’un autre côté, Meredith comprenait parfaitement la déception de son amie, même si elle la soupçonnait d’être plus blessée dans son orgueil que dans ses sentiments. Elle avait souvent eu l’impression que Taylor considérait Mark comme un défi à relever, une sorte de gros lot à décrocher. Oh elle ne doutait pas que la jeune fille soit sincèrement amoureuse du chirurgien, mais elle était certaine aussi que le fait que cet amour soit contrarié contribuait à l’amplifier. Elle était également convaincue que, si Taylor arrivait un jour à ses fins, sa folle passion fondrait comme neige au soleil. Bah ! Elle n’est pas comme moi. Elle finira par oublier, se dit-elle. Moi, si Derek avait agi avec moi comme Mark le fait avec elle, je serais devenue folle, je crois. S’il n’avait pas voulu de moi, ma vie aurait été foutue ! C’était lui ou personne ! Elle regarda sa montre et réalisa que cela faisait presque trois heures qu’il était parti. Elle résista à la tentation de l’appeler pour savoir comment allaient le bébé et Naomi, se contentant d’espérer que tout se passait bien. Il ne va certainement plus tarder, chuchota-t-elle pour se rassurer. Après s’être servi un verre d’eau, elle revint s’asseoir dans le divan et ralluma la télévision. En passant d'une chaine à l'autre, elle tomba sur une rediffusion d’anciens épisodes de la série "Friends". Ravie – elle avait beau avoir vu et revu les dix saisons, elle ne s’en lassait jamais – elle s’installa confortablement pour suivre les aventures des six jeunes Newyorkais. Après seulement un épisode et demi, la fatigue s’empara d’elle. Petit à petit, sans vraiment s’en apercevoir, elle glissa de plus en plus sur le canapé jusqu’à se retrouver complètement allongée. Alors, ses paupières commencèrent à peser de plus en plus lourd jusqu’à ce que ses yeux ne puissent plus rester ouverts. Elle tenta pourtant de rester attentive et sourit même deux ou trois fois en entendant certaines répliques. Mais vint un moment où elle n’entendit plus rien et ce fut à son insu qu’elle s’enfonça dans un sommeil des plus profonds.  

    Il était un peu plus de 3h du matin lorsque Derek revint chez lui, pleinement rassuré quant au sort du petit Jason et de sa maman. Avec le recul, il devait bien s’avouer qu’il avait eu chaud. Ils étaient passés à deux doigts du drame. Dans l’ambulance, quelques minutes avant d’arriver à la clinique – une véritable aubaine – Naomi avait fait une hémorragie post-partum dont Derek avait immédiatement supputé la cause : des résidus de placenta subsistaient dans l’utérus, l’empêchant de se rétracter et par conséquent d’occlure les artères que l’accouchement avait dilatées au maximum. L’accouchée exsangue avait été immédiatement emmenée en salle d’opération tandis que Derek avait tenu compagnie à Bill, complètement anéanti. Mais heureusement, l’intervention s’était parfaitement déroulée et, après avoir félicité le papa et s’être extasié sur la beauté du bébé, Derek s’était empressé de commander un taxi pour revenir auprès de Meredith. Il ne s’attendait pas à ce qu’elle soit encore éveillée bien que, alors qu’il ouvrait la porte de sa péniche, le son de la télévision lui avait fait penser le contraire. Mais il n’avait pas éprouvé la moindre frustration de trouver la jeune fille endormie. Le simple fait qu’elle soit là lui suffisait. Aussi étonnant que cela puisse être, il n’était absolument pas déçu que leurs ébats aient été interrompus parce que, en y réfléchissant bien, ce n’était qu’un détail. Désormais, ils étaient ensemble. Ils pouvaient faire l’amour autant qu’ils le voulaient, quand ils le voulaient. L’avenir leur appartenait, il n’y avait plus aucune urgence. Il avança vers elle en souriant, tout attendri par le tableau qu’elle lui offrait. Il resta quelques secondes à l’admirer devant le canapé, au bord duquel il finit par s’asseoir. Même si cela n’était pas sa faute, il s’en voulait de l’avoir fait attendre si longtemps. Je suis désolé. J’avais espéré rentrer plus tôt, murmura-t-il. Il se remit debout et, après avoir éteint la télévision, prit le petit corps frêle de Meredith dans les bras, prenant garde de ne pas faire de mouvements trop brusques pour ne pas la réveiller. Allez, mon amour. On va se reposer. Il descendit lentement l’escalier menant à sa chambre et allongea son amie sur le lit avec un luxe de précautions. Après avoir remonté la couette sur elle, il retira son pantalon et s’allongea face à elle, son bras plié pour soutenir sa tête, l’autre main retirant les mèches de cheveux qui tombaient sur le visage angélique de Meredith. Emu devant tant de beauté et d’innocence, il s’étendit tout à fait, sans cesser de la contempler, heureux de pouvoir partager cette nouvelle intimité de couple avec elle, envahi par un sentiment étrange et indéfinissable devant cette femme qui, en ce moment, ressemblait tellement à une petite fille, avec sa bouche qui s’était avancée en une moue boudeuse. Il aurait pu passer le reste de la nuit à la regarder mais, tout à coup, sans se réveiller, elle vint se blottir contre lui. Au comble du bonheur, Derek referma ses bras sur elle, calquant sa respiration sur la sienne, ne résistant pas de temps en temps à lui donner de petits baisers sur le visage, jusqu’à ce que le sommeil ne l’emporte, lui aussi, dans un autre monde.


  • Commentaires

    1
    Butterfly
    Dimanche 16 Février à 17:26

    Taylor qui ne lâche pas l'affaire avec Mark, je me demande comment ça va tourner cette histoire

    C'est sympa de voir Meredith prendre ses marques chez Derek et faire des projets d'avenir, même si c'est que la déco

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