• CHAPITRE 1093

    Ça, mon cher, ça veut dire qu’elle t’a assez vu ! décréta Naomi. Derek grimaça en écartant les bras de son corps, comme s’il était résigné à cette idée.

    Bill prit son épouse par le bras. Arrête de jouer ta commère, toi ! De toute façon, tu dois aller te reposer. Bonne soirée, dit-il aux deux autres en entraînant Naomi vers leur péniche.

    Bonne soirée, répondirent en chœur Meredith et Derek, en commençant à rebrousser chemin.

    Bonne nuit, les amoureux, cria Naomi alors que son mari la poussait de force sur leur passerelle. Mais arrête, toi. Ne me pousse pas comme ça. Tu vas me faire tomber. Je peux bien…

    Derek et Meredith n’en entendirent pas plus car Bill avait déjà refermé la porte derrière eux. Ils ont l’air sympa, tes voisins, remarqua Meredith en suivant son compagnon.

    Oui, ils sont chouettes, confirma-t-il en ouvrant sa porte. Il s’écarta pour laisser entrer son amie.

    Qu’est-ce qu’ils font dans la vie ? l’interrogea-t-elle en déposant ses sacs sur la table de travail de la cuisine

    Lui, il est chercheur chez McKesson. Oui, les produits pharmaceutiques, stipula-t-il pour répondre au regard interrogateur de la jeune fille. Et elle, elle est D.R.H. à la Union Bank.

    Wow ! Font pas n’importe quoi. Songeuse, Meredith s’appuya contre la table.

    Derek le remarqua immédiatement, bien qu’il soit déjà occupé à vider ses sacs. Si jamais tu me fais encore une crise existentielle sur ton choix de carrière, je te jure bien que j’ouvre cette fenêtre – il pointa le doigt vers son salon – et je te jette à l’eau.

    Tu n’oserais pas !

    On parie ?

    Meredith sourit. Tu me connais trop bien. Désolée, ajouta-t-elle devant le regard noir que Derek lui lançait. Je suis stupide, je sais, mais… un chercheur, une D.R.H – elle fit un petit signe du menton dans sa direction – un chirurgien… et je suppose que tout le voisinage est à l’avenant…

    Et alors ? l’interrompit-il. Qu’est-ce qu’on en à foutre du job des voisins ? Il secoua la tête avec agacement. Ecoute Meredith, on ne va pas avoir cette conversation des dizaines de fois parce que, là, déjà, ça me gonfle ! Il commença à déballer leurs achats, en mettant toute la hargne qu’il ressentait dans le déchirement des emballages. Tu vas faire les études que tu veux pour exercer le métier dont tu as envie. Que ce soit avocate, pédopsychologue, prof ou… ou vendeuse, lâcha-t-il au comble de l’exaspération.

    Y a pas d’études pour ça, lui fit remarquer Meredith avec un sourire moqueur.

    Il releva la tête du carton qu’il était en train de réduire en confetti. Quoi ?

    Ben, pour être vendeuse… y a pas d’études à faire, répéta la jeune fille.

    Aagh ! grogna Derek. Tu me fais dire n’importe quoi ! Il déposa une sauteuse sur la table. Va falloir te sortir ces idées de la tête, je te jure, parce que je ne vais pas supporter ça longtemps.

    Je vais essayer, promit Meredith en commençant à mettre dans le frigidaire ce qui devait l'être.

    Non, pas essayer. Faire ! ordonna Derek. Cesse de te soucier de ce que pensent les autres ! Et de toute façon, tu ne vas pas te balader avec une pancarte dans le dos où il sera écrit ce que tu fais. Une casserole atterrit sur la table avec un bruit sourd. Et puis merde, pédopsychologue, c’est un chouette boulot ! Ce n’est pas donné à tout le monde de faire ça. Tu n’as aucun complexe à avoir.

    Tu le penses vraiment ?

    Derek leva les yeux au ciel. Oh putain, c’est pas vrai !

    Meredith comprit qu'il était réellement énervé et craignit que la discussion ne dégénère à nouveau en dispute. OK. OK, j’arrête. Elle contourna la table pour venir près de son amoureux. Tu as raison, reconnut-elle en lui prenant la main pour jouer avec ses doigts. Je suis stupide. Je n’ai jamais eu vraiment confiance en moi, c’est mon plus gros défaut, avoua-t-elle, la tête baissée.

    Dans un geste devenu maintenant habituel, Derek lui releva le menton. Oui eh bien, les défauts, ça se corrige. Et tu n’as aucune raison de manquer de confiance en toi. Tu es belle, tu es intelligente… Il lui embrassa doucement les lèvres.

    Elle lui passa la main sur la joue en le regardant avec adoration. Et tu oublies de dire que j’ai réussi à séduire le plus bel homme de San Francisco !

    Il sourit. Voilà, exactement ! Ça, ça prouve bien que tu es une fille formidable. Il la serra contre lui et se mit à lui caresser les cheveux. Elle était la première femme qui lui inspirait ces moments de pure tendresse, sans aucune arrière-pensée, d’où le désir même était absent. Il n’y avait que le plaisir de se sentir proche et en communion. Il n’avait jamais connu ça avant elle, même avec Abigail. Peut-être était-il alors trop jeune ou pas assez amoureux. Les deux sans doute.


  • Commentaires

    1
    Butterfly
    Dimanche 26 Janvier à 19:30

    J'aime la façon dont Derek réussit petit à petit à ce que Meredith ait plus confiance en elle. La façon dont leur couple évolue est vraiment belle

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