• CHAPITRE 1085

    Derek darda un regard scandalisé sur sa petite amie. En quoi quelques zéros de plus au chiffre de mon compte en banque font de moi une autre personne ?

    Je n’ai jamais dit ça, protesta-t-elle. C’est juste que je ne veux pas que tu me donnes des choses que je ne pourrai jamais te rendre.

    Tes scrupules t’honorent, ironisa Derek. Il alla se camper devant le lavabo et s’adressa à son amie à travers le miroir. Mais alors, pourquoi avoir accepté que je t’offre ta tenue pour la soirée ?

    Estomaquée, Meredith le fusilla du regard. C’était un cadeau et il ne fallait pas le faire si c’était pour me le reprocher ensuite.

    Il était littéralement fou de cette femme mais elle avait vraiment le don de le pousser à bout. Mais nom de dieu ! cria-t-il en se tournant vers elle. Je ne te reproche rien ! C’est toi qui… Il leva les bras au ciel. Je ne comprends même pas pourquoi on a cette discussion.

    Sans doute parce que cette garce d’Addison a insinué que je sortais avec toi pour ton argent, cria Meredith à son tour. Si elle le pense, d’autres le penseront aussi et…

    Mais je m’en fous ! explosa Derek. Je me moque complètement de ce que les gens pensent.

    Meredith se sentait en position d’infériorité, nue, dans ce bain. Elle en sortit à la hâte et fondit comme une furie sur l’armoire afin d’y prendre, elle aussi, une serviette dans laquelle elle s’enveloppa immédiatement, avant de repartir à l’autre bout de la pièce. C’est facile pour toi, fit-elle remarquer sur un ton plein de colère. Ce n’est pas toi qui seras considéré comme une salope.

    Derek souffla d’exaspération. Tu n’es pas une salope. Tu le sais et je le sais aussi. Je croyais naïvement que mon avis comptait plus que les autres, persifla-t-il. Mais manifestement ce n’est pas le cas. Il referma violemment la porte de l’armoire qu’elle avait laissée ouverte. Je ne sais vraiment pas où on va comme ça. Ces derniers mots, le visage fermé de son petit ami et l’énervement eurent raison de Meredith qui se mit à pleurer. Pourquoi tu pleures ? demanda Derek, désarçonné.

    Tu pourrais essayer de me comprendre, articula Meredith avec beaucoup de mal. Au lieu de ça, tu veux rompre.

    Les yeux de Derek s’arrondirent sous l’effet de la surprise. J’ai dit ça, moi ?

    Tu as dit… que tu… ne savais pas… où on allait, hoqueta Meredith entre deux sanglots. Si tu dis ça… c’est parce que… tu penses qu’on va… nulle part. Ses pleurs redoublèrent.

    J’ai dit ça comme ça, je ne le pensais pas, bougonna Derek en avançant vers elle. Elle tourna la tête vers lui et la vision de son visage ruisselant de larmes le bouleversa. S’il y avait bien une chose à laquelle il ne savait pas résister, c’était aux pleurs de Meredith. C’est pas parce qu’on se dispute qu’on va se séparer, assura-t-il en la prenant dans ses bras. Elle releva vers lui des yeux pleins d’espoir et il se sentit fondre. Stupide petite fille, murmura-t-il avec tendresse. Comme si j’avais envie de te quitter ! Il resserra son étreinte lorsqu’elle se pressa contre lui, le visage collé à son torse. Je t’aime trop pour ça. Il lui fit relever la tête vers lui afin de pouvoir se plonger dans son regard. Je ne veux pas te rendre dépendante ou que sais-je encore. Je veux juste t’aider à réaliser tes rêves. Tu as un idéal, Meredith, et je trouve ça magnifique, dit-il en essuya les larmes de son amie avec le coin de sa serviette de bain. Ce serait vraiment dommage d’y renoncer pour de sordides questions d’argent et parce qu’une imbécile t’a fait une remarque déplaisante. Et je t’en prie, ne laisse pas cette histoire d’argent gâcher notre relation, la pria-t-il fébrilement. Que je sois riche ou pas, qu’est-ce que ça change au fond ?

    Rien, admit enfin Meredith. Elle s’accrocha à ses épaules. Je veux seulement que tu saches que ton argent ne m’intéresse pas.

    Je le sais déjà.

    Et que je t’aimerais tout autant si tu étais pauvre, insista-t-elle.

    Mais je ne le suis pas, répondit Derek d’une voix douce. Alors, aime-moi comme je suis. En guise d’assentiment, Meredith se haussa sur la pointe des pieds pour atteindre ses lèvres. Leur baiser fut des plus tendres et des plus passionnés, à l’image de ce qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre. Si ça peut te faire plaisir, on ira chez Burger King de temps en temps, suggéra Derek avec un sourire taquin, une fois qu’ils se furent lâchés.

    Et on prendra le cable-car aussi ? demanda Meredith avec des yeux câlins.

    Et puis quoi encore ? grogna Derek. Je peux acheter un vélo aussi, si tu veux. 

    L’orage était passé. Le petit rire de Meredith traduisit son soulagement. Pourquoi pas ? Ça pourrait être sympa, se moqua-t-elle. Elle l’enlaça à la taille. Je déteste quand on se dispute.

    Autant que tu t’y habitues, parce qu’avec ton caractère et le mien, ça risque de se reproduire souvent, prédit Derek avec résignation. Soudain, une expression primesautière illumina son visage. Mais tu sais, ça peut avoir du bon. Quand on se dispute, on doit se réconcilier après. Sa main se faufila sous la serviette de la jeune fille et alla tâter un sein.

    Taratata ! claironna-t-elle en le repoussant. Il faut d’abord que je mange quelque chose. Je meurs de faim. Sans lui laisser le temps de réagir, elle partit en courant vers l’escalier.


  • Commentaires

    1
    Butterfly
    Jeudi 19 Décembre 2019 à 21:36

    C'est dingue ce manque d'assurance de Meredith, surtout en ce qu concerne l'argent. Je pense que maintenant Derek est plus que convaincu qu'elle n'est pas intéressée par son argent, alors elle devrait passer à autre chose

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