• CHAPITRE 1075

    La sensation du lit vide éveilla Meredith qui s’assit brusquement, les yeux grands ouverts. Le bruit confus qui venait de la salle de bains la rassura. Derek n’était pas loin. Elle se leva et, sans même prendre le temps de passer un vêtement, passa dans la pièce contigüe à la chambre. Effectivement, son amant était là. Vêtu seulement d’un boxer, il finissait de se raser. Il l’accueillit avec un grand sourire. Elle se jeta dans ses bras alors qu’il essuyait les traces de mousse qui persistaient sur le bas de son visage. Bonjour, murmura-t-elle.

    Bonjour, répondit-il sur le même ton, en serrant contre lui le corps nu et chaud de la jeune fille. Tu as bien dormi ?

    Elle acquiesça d'un signe de la tête avant d’appuyer sa joue contre la poitrine de Derek, en même temps qu’elle posait la paume de sa main droite à la hauteur de son cœur. Et toi ?

    Pas beaucoup, lui confia-t-il. Je n’avais pas envie de dormir. Elle releva vers lui un regard étonné. Je voulais profiter de chaque moment avec toi, se justifia-t-il avant de se pencher pour lui effleurer les lèvres. Cette nuit, c’était vraiment… Il laissa sa phrase en suspens.

    Meredith commença à parcourir le torse musclé de son amant du bout des doigts. C’était bien, chuchota-t-elle.

    Derek émit un petit rire. Bien ? J’avais cru comprendre que ça avait été un peu mieux que ça.

    Meredith sourit, mutine. Oui, un peu. Elle se haussa sur la pointe des pieds pour l’embrasser à son tour. C’était très bien. C’était…

    Il la regarda intensément. Comme avant ? demanda-t-il avec de l’inquiétude dans la voix.

    Oui, comme avant, le rassura Meredith en passant une main tendre dans l’épaisse chevelure brune. Même mieux parce que maintenant, on est un vrai couple. Il y a autre chose que le sexe.

    Il y a toujours eu autre chose !

    Oui, mais tu ne me le disais pas ! répliqua-t-elle. Maintenant, tu me dis que tu m’aimes et ça rend le sexe meilleur. Cette nuit, c’était magique, déclara-t-elle pour répondre à l’angoisse de Derek qu’elle sentait latente.

    J’avais un peu peur, tu sais, avoua-t-il en posant son front contre celui de son amie. Peur que ce que j’avais fait… Il soupira. J’avais peur que tu y penses et que…

    Meredith lui coupa la parole en s’écartant. Je ne veux plus en parler. Elle vit qu’il était surpris par le ton sec qu’elle avait employé sans que ce soit vraiment volontaire. Ce que tu as fait, c’est le passé, lui expliqua-t-elle plus doucement. J’ai pardonné et si on veut vraiment aller de l’avant, on ne doit plus y penser. Je ne vais pas te dire que j’ai oublié parce que ce n’est pas vrai. Je n’oublierai jamais que tu m’as trompée – il lui jeta un regard désespéré – comme tu n’oublieras jamais ce que Abigail t’a fait. Mais c’est normal parce que ça fait partie de notre histoire. Et c'est ce qui nous a permis d'évoluer, de mûrir. Il hocha doucement la tête en guise d’approbation. Seulement, si on remet toujours ça sur le tapis, ça ne marchera jamais, Derek, et je veux que ça marche, poursuivit-elle. Alors, Addison et consort… Elle revint dans ses bras. Si elles n’ont vraiment pas compté pour toi, je ne veux pas leur donner une importance qu’elles n’ont pas eue.

    Elles n’ont pas du tout compté pour moi, confirma Derek une fois de plus. Je te le jure, bébé.

    Donc le problème est réglé, décréta Meredith. On n’en parle plus.

    On n’en parle plus, répéta Derek, enchanté par la façon dont elle venait d’effacer son ardoise qui, pourtant, était bien remplie. Il lui sourit. Tu es vraiment quelqu’un d’exceptionnel.

    Oui, je suis une fille assez cool, plaisanta-t-elle avant de le menacer de son index. Mais si jamais tu recommences…

    Il ne la laissa pas continuer. Je ne recommencerai pas. Jamais. Tu n’as rien à craindre. Je n’ai plus aucune envie d’aller ailleurs. Ni aucune raison. Il déposa un baiser sur chacune des paupières de Meredith. Je suis incroyablement heureux. Il fit de même sur le bout de son nez. Je suis terriblement amoureux. Il atterrit sur sa bouche. Je suis totalement comblé.

    L’éclat de ses yeux, comme ses mains qui commençaient à se faire plus pressantes, indiquèrent à Meredith ce qui allait suivre. Cependant, bien qu’elle en ait autant envie que lui, elle décida de le faire attendre. Les derniers évènements lui avaient au moins appris une chose. En amour, il ne fallait jamais considérer que tout était acquis ni s’endormir sur ses lauriers. Derek était le genre d’homme que, si on voulait le garder, il fallait sans cesse étonner, séduire, exciter. Joueuse, elle se dégagea de ses bras. Moi, c’est une douche qui va totalement me combler. Elle dut faire un effort pour ne pas éclater de rire devant l'air scandalisé de Derek. Avant qu’il ait eu le temps de protester, elle s’était emparée de sa brosse à dents, du dentifrice et d’un gant de toilette et elle se retrouvait sous le jet d’eau. Elle sourit en voyant son compagnon se retourner ostensiblement, comme s’il voulait l’ignorer, alors qu’il était évident qu’il allait suivre chacun de ses mouvements dans le miroir.


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