• CHAPITRE 1043

    L’infirmière alla décrocher le téléphone mural et composa un numéro. Allo. Ah c’est toi, Ally ! Dis-moi. J’ai ici la petite amie du Dr Shepherd et elle aimerait savoir s’il est encore au bloc. Elle sourit d'une façon qui fit comprendre à Meredith que sa collègue était en train de faire un commentaire, très certainement désobligeant, à son égard. OK, reprit l’infirmière après un moment. Je lui dis. Merci, Ally. Oui, à plus. Elle raccrocha avant de se tourner vers Meredith. Oui, il est toujours au bloc.

    Oh ! murmura Meredith, déçue de ne pas avoir plus de renseignements. Et vous ne savez pas si ça se passe bien ? s’enhardit-elle à demander. Il est en train d’opérer une petite fille, alors… L’infirmière marqua sa compréhension en hochant la tête. Meredith soupira. Tant pis. Excusez-moi de vous avoir dérangée. Et merci en tout cas. Elle sortit de la pièce en ayant l’air de porter le poids du monde sur ses épaules.

    L’infirmière fut prise d’un remords de conscience. Après tout, celle fille paraissait réellement gentille et elle semblait vraiment inquiète pour l'enfant qui se faisait opérer. Et surtout, si jamais elle allait se plaindre à son copain de l'accueil qu'elle avait reçu, les conséquences pourraient être terribles. L’infirmière sortit à son tour du bureau. Mademoiselle… Meredith se retourna, pleine d’espoir. On ne peut pas savoir ce qui se passe en salle d’op’ avant qu’ils en sortent mais… vous savez, c’est plutôt bon signe quand ça dure longtemps.

    Ah ! Tant mieux alors, se réjouit timidement Meredith. Tout ça est tellement… nouveau pour moi.

    L’infirmière souleva légèrement les épaules avec un petit sourire. Bah ! Vous vous y ferez à la longue. Quelques mois avec le Dr Shepherd et vous aurez compris que si vous savez quand il entre au bloc, vous ne savez jamais quand il va en sortir. Elle réalisa soudain à quel point ce qu’elle venait de dire était personnel et à la limite de la bienséance. Elle regarda Meredith avec un air un peu gêné. Je ne voudrais pas avoir l'air de me mêler de ce qui ne me regarde pas.

    Hmm… Non. Je trouve que c’est plutôt un bon conseil, déclara Meredith avec un petit sourire. Mais soyez tranquille, je le garderai pour moi. Les deux femmes échangèrent un regard complice. Bonne journée, souhaita Meredith en s’éloignant. Tandis qu’elle regagnait la salle d’attente, elle songea au contraste qui existait entre le Derek qu’elle connaissait, un homme adorable et tendre, et celui qu’il était dans le cadre de son travail, un chirurgien autoritaire qui, de toute évidence, terrorisait son personnel. Pour tout dire, elle n’était pas mécontente d’être la seule à connaitre la face cachée du monstre. C’était un privilège qu’elle ne désirait pas partager. Elle alla se rasseoir, légèrement rassurée par les paroles de l’infirmière. Si Derek n’était pas encore là, cela signifiait sans doute qu’il avait réussi à réanimer Tiffany et que l’opération suivait son cours normal. Cependant, au fur et à mesure que le temps s’égrenait, Meredith sentit renaitre son stress. Et Mark qui ne revenait toujours pas ! Lui au moins aurait pu l’informer. Elle envisagea un instant de retourner dans la galerie mais, outre le fait qu'elle n'était pas certaine de pouvoir en retrouver le chemin, la peur de contrarier ou de perturber Derek la retint. Elle n’osa pas non plus s’adresser de nouveau à l’infirmière, pour ne pas apparaitre à ses yeux comme une pauvre fille faible et ridicule. 

    Elle commençait à désespérer lorsqu’elle aperçut Mark qui arrivait à grandes enjambées. Impatiente, elle alla à sa rencontre. Désolé, mais j’ai eu un imprévu, se justifia-t-il quand elle l’eut rejoint. Derek n’est toujours pas là ? Elle secoua la tête et il devina à son expression qu’elle était rongée par l’inquiétude. Tu veux que j’aille me renseigner ? lui proposa-t-il avec un sourire attendri.

    Oh tu veux bien ? s’écria-t-elle. J’ai l’impression d’être là depuis une éternité et je n’en peux plus de ne pas ne pas savoir. Elle avait beau essayer de se raisonner en se disant que la vie de Derek n’était aucunement en danger, que même si Tiffany ne survivait pas à l’intervention, cela ne changerait pas grand-chose pour lui et pour leur couple, elle ressentait une angoisse semblable à celle que les familles qui l’entouraient devaient, selon elle, éprouver pour leurs proches.  

    Pas de problème ! claironna Mark. T’inquiète, j’arrive ! Il fit volte-face mais fut coupé dans son élan par le cri de Meredith.

    Mark, regarde, il est là ! Mark se retourna encore une fois et aperçut son ami qui marchait en leur direction. Ils n’étaient pas les seuls à l’avoir vu car un couple d’une trentaine d’années s’était levé et le regardait venir avec appréhension. Ce sont les parents de la petite ? demanda Meredith.

    Certainement, répondit Mark.

    Oh mon dieu ! murmura son amie dont l’anxiété monta d’un cran. Les pauvres gens étaient blêmes et elle eut l’impression que la femme pouvait s’écrouler à tout moment. En revanche, Derek était imperturbable. Impossible de deviner, en le voyant, quelle avait été l’issue de l’intervention. Il a changé de tenue, remarqua Meredith.

    On a l’habitude de se changer en sortant du bloc, lui apprit Mark. C’est mieux pour les familles. Ça les rassure de nous voir arriver dans des tenues impeccables.

    Ils observèrent Derek alors qu’il s’arrêtait devant le couple. Il ne fallut que quelques secondes pour que la mère de Tiffany éclate en sanglots avant de se blottir contre son mari. Si Meredith avait prêté attention à celui-ci, elle aurait vu qu’il poussait un soupir de soulagement, détail qui n’échappa pas à Mark. La jeune fille happa la main de ce dernier et la serra à l’en broyer. Ça veut dire que…


  • Commentaires

    1
    Butterfly
    Vendredi 18 Octobre à 11:32

    ca veut dire qu'il a sauvé la petite fille. C'est le meilleur ! tongue

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