• CHAPITRE 1042

    Mark se demandait où installer Meredith jusqu’à son retour – dans son bureau, celui de Derek ou la salle d’attente ? – quand il remarqua, dans le petit bureau qui se trouvait derrière eux, une infirmière qui était en train de classer des documents dans des dossiers. Il ouvrit la porte si brusquement que la jeune femme faillit en laisser tomber ses papiers. Elle lui lança un regard noir qui ne lui fit ni chaud ni froid. J’ai besoin de toi, lui annonça-t-il tout de go. Tu vas accompagner cette demoiselle dans la salle d’attente et tu vas rester avec elle jusqu’à ce que je revienne.

    Meredith n’était plus une inconnue pour le personnel de la clinique. Pratiquement tous savaient qu’elle était la petite amie du peu commode Derek Shepherd. Et mon travail ? objecta l'infirmière, peu enthousiaste à l’idée de jouer les dames de compagnie. Comme tout le monde ici, elle se souvenait que le précédent passage de Meredith avait coûté la place, sans qu’on en connaisse la raison, à trois collègues des plus compétentes et elle n’avait aucune envie de faire partie des prochains licenciements.

    Ben, tu le reprendras après, grogna Mark. Tes papiers ne vont pas s’envoler.

    Mark, c’est ridicule ! intervint Meredith qui avait bien vu que la requête de son ami contrariait beaucoup l'infirmière. Je ne suis plus une gamine, je peux rester seule un moment. En plus, Madame a sûrement mieux à faire qu’à me servir de baby-sitter. Cette remarque lui valut un sourire reconnaissant de l’intéressée. Et puis, tu ne vas pas rester absent si longtemps que ça, n’est-ce pas ? demanda-t-elle au chirurgien avec des yeux implorants.

    J’espère que non, répondit-il avant de se tourner vers l’infirmière. Bon, alors, tu la conduis à la salle d’attente et tu veilles à ce qu’elle ne manque de rien. Moi, je fais le plus vite possible, promit-il encore une fois à Meredith. Le temps de lui faire un baiser sur la joue et il partait déjà à grandes enjambées.

    L’infirmière fit signe à la jeune fille de la suivre. Elles marchèrent côte à côte, sans parler – elles étaient aussi embarrassées l’une que l’autre et ne savaient pas comment briser la glace – jusqu’à ce qu’elles arrivent devant une salle aux immenses baies vitrées qui donnait une vue splendide sur la ville. Voilà, vous pouvez attendre là, dit l’infirmière en désignant quelques sièges vides. Si vous voulez quelque chose à boire, il y a un distributeur, là, plus loin, précisa-t-elle en pointant le doigt vers sa gauche. Et si jamais vous avez besoin de moi, je serai dans le bureau, ajouta-t-elle par acquit de conscience. Valait mieux être sympa avec la créature des patrons ! 

    Merci, répondit Meredith, désespérée à l’idée de devoir attendre seule dans ce milieu hostile à tous les niveaux. Elle détestait les hôpitaux parce que, dans la plupart des cas, ils étaient synonymes de maladie et de mort. Par ailleurs, elle ne pouvait ignorer les regards pleins de sous-entendus et les messes basses que déclenchait à chaque fois sa présence. Il était évidemment qu’en raison de son statut de petite amie de, elle n’était pas la bienvenue. C’est Derek qui abuse mais c’est moi qui trinque, se dit-elle avec amertume en s’installant sur une chaise. Après avoir regardé un instant le paysage dont la beauté la laissa relativement indifférente, elle prit un magazine sur la petite table qui se trouvait à côté d’elle. Malheureusement, il s’agissait d’une revue médicale dont le premier article, "Gamma globulines antitétaniques et médicaments dérivés du sang", la découragea dès les premières lignes. Elle n’y comprenait rien. La page suivante n’était guère plus réjouissante. "Cancer du côlon : les bénéfices insoupçonnés des statines" Quelle drôle d’idée de mettre ce genre de lecture dans la salle d’attente d’une clinique, pensa Meredith. Rien de tel pour saper le moral ! Elle échangea cette revue ô combien rebutante contre le dernier People Magazine, nettement plus accessible. Hélas, les nouvelles excentricités de Paris Hilton ou la vingtième cure de désintoxication de Lindsay Lohan ne parvinrent à la distraire, pas plus que l’article sur la nécessité pour Britney Spears de se faire poser de toute urgence de nouvelles extensions capillaires. Tout cela était tellement dérisoire par rapport à ce qui était en train de se jouer dans la salle d’opération. Elle referma le magazine et regarda sa montre avant de s’intéresser aux personnes qui l’entouraient. Isolées ou en groupe, de tous les âges, la mine sombre pour la plupart, elles attendaient vraisemblablement qu’on vienne les rassurer sur le sort d’un de leurs proches. Elle-même était tellement stressée parce qu’une petite fille, qui lui était totalement étrangère, risquait de mourir qu’elle avait du mal à comprendre comment ces gens arrivaient à tenir le coup. Pour ne pas paraître trop curieuse, elle tourna la tête pour observer les allées et venues du personnel. Ceux-là, en revanche, ne semblaient pas le moins du monde démoralisés. Ils passaient et repassaient, en faisant de temps en temps une halte devant le distributeur de boissons qui semblait être le lieu de toutes les réunions, et on entendait leurs rires ponctuer leurs conversations, ce qui laissa supposer à Meredith que ces dernières ne devaient pas être professionnelles. Elle se lassa assez vite de tout ce spectacle. Un nouveau coup d’œil à sa montre lui permit de constater que le temps ne passait pas. Il lui sembla que cela faisait une éternité que Derek était entré en salle d’opération. Son inquiétude monta d’un cran. Après une nouvelle demi-heure, elle n’y tint plus. Elle se leva pour repartir vers le bureau où normalement, l’infirmière devait être toujours en train de classer ses dossiers. Elle y était, effectivement. Meredith frappa un coup discret à la porte avant d’entrer. Excusez-moi mais… Elle s’arrêta, ne sachant trop comment formuler sa demande. Elle savait que le moindre de ses mots serait répété et jugé et elle ne voulait pas donner matière aux commérages. Cependant, le regard mi-interrogateur, mi-moqueur de l’infirmière lui indiqua qu’elle serait, de toute façon, la risée de tous si elle ne poursuivait pas. Le Dr Shepherd est en salle d’opération et ça me semble tellement long. Est-ce que c’est normal ?

    Je crois bien, répondit l’infirmière. Les interventions en neuro sont toujours assez longues. Vous voulez que je me renseigne ? proposa-t-elle, plus pour se faire bien voir que par réelle amabilité.

    Oh si ça ne vous dérange pas, ce serait vraiment gentil, s’exclama Meredith avec un grand sourire plein de gratitude.


  • Commentaires

    1
    Butterfly
    Vendredi 18 Octobre à 11:30

    J'espère que Derek va réussir à sauver la petite fille

    Je pense que Meredith va finir par vaincre les a priori du personnel de la clinique par sa gentillesse

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