• CHAPITRE 1040

    Alors, c’est que tu ne l’aimes pas vraiment ! conclut Meredith, sans cacher qu'elle était dépitée.

    S’il y avait une chose que Mark n’était pas prêt à tolérer, c’était qu’elle remette en cause l’amour qu’il lui portait, le seul qui ait fait battre son cœur d’ailleurs. Mais si, je l’aime vraiment ! s’emporta-t-il. Mais ça ne me mène nulle part. Devant cet affligeant constat, sa hargne retomba comme un soufflé. Alors, je me suis fait une raison. Son intonation était lasse, comme découragée, et Meredith eut mal au cœur en voyant la tristesse assombrir ses yeux. Quand je les vois tous les deux, je sais qu’ils sont faits pour être ensemble.

    Comme Derek et moi.

    Le sourire de Mark se teinta de désespoir. Oui, comme Derek et toi. Il regarda la main de Meredith qui venait de saisir la sienne et la serrait de toutes ses forces. Elle ne m’aimera jamais, pas comme je le voudrais. Je suis son ami et rien de plus. Il releva les yeux vers celle qui venait de raviver tout ce qu’il s’efforçait de refouler depuis des semaines. Si je lui avouais ce que je ressens, je risquerais de perdre son amitié et ça… ça, je ne veux pas. Cette fille n’est pas pour moi, Mer. C’est dommage mais c’est comme ça. Ça ne servirait à rien de m’acharner, sauf à me rendre plus malheureux encore. En plus, je connais son copain. Un peu, mentit-il. C’est un brave gars. Ce ne serait pas correct si j’essayais de lui voler sa copine.

    Meredith le regarda avec affection. Quand je pense que tout le monde te prend pour un salaud ! Il sourit. Il faudrait quand même que tu te décides un jour à leur montrer qu’ils se trompent, lui suggéra-t-elle.

    Il se contenta de hausser les épaules. L’avis des autres lui importait peu du moment qu’elle savait qui il était vraiment. Ils arrêtèrent de parler pour se concentrer à nouveau sur l’intervention. Très vite, pourtant, Mark fut distrait par une idée qui le mit très mal à l’aise. Meredith et Derek semblaient désormais ne plus avoir de secret l’un pour l’autre. Si jamais la jeune fille rapportait cette conversation à son petit ami, celui-ci s’étonnerait de ne pas être au courant. Il commencerait par reprocher à son ami de lui avoir caché quelque chose d’aussi important. Ensuite, il l’interrogerait pour connaitre le fin mot de l’histoire et il ne lui faudrait sans doute pas plus de quelques minutes pour sentir le coup fourré. De là à ce qu’il devine tout ce que cela cachait, il n’y avait qu’un pas que Mark ne voulait certainement pas voir franchi. Euh… dis, ce truc… avec cette fille. Meredith opina de la tête. Je n’en ai parlé à personne, même pas à Derek. Y a que toi qui es courant et… enfin, j’aimerais vraiment que ça reste entre nous. Son air penaud n’était pas feint. Il s’en voulait non pas de mentir à Meredith – ce n’était pas le cas puisque Derek n’était effectivement pas au courant – mais de travestir la vérité.

    Ne t’en fais pas. Ce sera notre secret. Meredith se rapprocha de lui pour lui planter un baiser sur la joue. Et pour le reste, je suis sûre qu’un jour tu rencontreras la femme de ta vie.

    A nouveau, Mark sentit sa gorge se serrer sous l’effet de l’émotion. Ouais… on verra.

    C’est tout vu ! clama Meredith. Tu es un type génial. N’importe quelle femme serait heureuse d’être avec toi. Il faut juste que tu leur laisses une chance. Et ce n’est pas en changeant de copine tous les jours que…

    Mark lui coupa la parole. Je croirais entendre ma grand-mère, plaisanta-t-il avec énormément de tendresse dans la voix.

    Je prends ça comme un compliment, répliqua Meredith. Ils se sourirent et, cette fois, ce fut Mark qui se pencha vers elle pour l'embrasser sur la joue. La jeune fille s’accrocha à son bras, en pensant à la chance énorme qu’elle avait de s’être fait un ami tel que lui. Il méritait d’être heureux, lui aussi. Tu as eu des nouvelles de Taylor depuis qu’on est revenu de Santa Rosa ? laissa-t-elle tomber après un long moment de silence.

    Pourquoi tu demandes ça ? s’inquiéta Mark tout en feignant d’être détaché.

    Comme ça. Meredith lui jeta un regard en coin. Elle te plaît bien, non ?

    Il la visa d’un œil soupçonneux. Il est où, le piège ?

    Y en a pas ! assura-t-elle. Vous vous plaisez, vous vous entendez bien, alors voilà…

    C’est pas toi qui m’as interdit de m’intéresser à elle ? 

    Meredith acquiesça. Oui, mais en y réfléchissant bien… Tu sais, si j’avais eu dix-sept ans quand j’ai rencontré Derek, je ne crois pas que ça aurait changé quoi que ce soit. Pas pour moi en tout cas et, à mon avis, pas pour lui non plus. Elle guetta la réaction de Mark.

    Je suppose que non, concéda-t-il avec un petit sourire.

    Meredith lui fit part de son raisonnement. On tombe amoureux d’une personne pour ce qu’elle est, et l’âge n’a rien à y voir. Le principal, c’est d’être bien ensemble. Alors, si toi et Taylor... ben, moi, je serais d’accord.

    C’est gentil. Mais ce n’est pas à l’ordre du jour. Pour être honnête, depuis son retour, Mark n’avait guère pensé à l'adolescente, comme si l’éloignement avait rompu le charme qui s’était créé à Santa Rosa.


  • Commentaires

    1
    Butterfly
    Vendredi 18 Octobre à 11:23

    Volte face de Meredith concernant Taylor, je suis surprise. Et je ne pense pas que la'adolescente serait la bonne compagne pour Mark. Par chance il n'a plus l'air trop intéressé

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