• CHAPITRE 1039

    Mais tu es cent mille fois mieux que cette salope ! s’emporta Mark, contrarié que Meredith puisse encore douter d’elle-même. Et je ne parle pas seulement du physique. Non, franchement, Meredith, tu déconnes ! Cette manie que tu as de toujours te rabaisser ! Il la prit par les épaules pour l’attirer contre lui. Tu as tout pour plaire à Derek justement. Non seulement tu es jolie, ravissante même, insista-t-il, mais en plus, tu es honnête. Après tout ce qu’il a vécu, c’est ce qu’il veut, une personne en qui il peut avoir toute confiance, qui soit droite et sincère, qui ne lui mente pas. Quelqu’un qui lui dise ce qu’elle pense ! Quelqu’un qui a des principes et qui s’y tient ! Voilà ce qu’il veut. Et c’est parce que tu es tout ça que tu lui plais autant. Il resserra un peu plus fort son étreinte. Sur ce plan, tu vaux des millions d'Abigail et il en est parfaitement conscient. Il n'a aucun regret, crois-moi. 

    Tu en sûr ? chuchota Meredith en reniflant.

    Mark fit mine d’être choqué. Hé ! C’est mon meilleur ami, clama-t-il d’une voix forte. On a grandi ensemble. Il me raconte tout et ce qu’il ne me dit pas, je le devine. Je sais ce qu’il pense et comment il fonctionne. Alors, quand je te dis que ce mec est raide dingue de toi, c’est que c’est vrai. Les yeux pleins d’espoir que Meredith dirigea vers lui le firent fondre. Tu sais, ce qu’il a fait pour toi, il ne l’aurait pas fait pour elle, certifia-t-il d’une voix tout en douceur. Te courir après comme il l’a fait, te supplier de revenir… Il secoua la tête. Il ne l’aurait jamais fait pour elle. Bien trop fier. Mais pour toi, il a mis sa fierté de côté et ça, crois-moi, ça veut tout dire. Ça veut dire qu’il t’aime vraiment plus que tout. 

    Merci, murmura Meredith, rassurée. Elle se pelotonna contre lui. Mark avait toujours su trouver les mots qui l’apaisaient et la rassuraient. Il était vraiment le meilleur ami qu’elle puisse avoir. Elle s’en voulut subitement de s’être éloignée de lui ces derniers temps et d’avoir ainsi relégué leur amitié au second plan. Et toi, ça va ? demanda-t-elle avec des accents de culpabilité.

    Ouais, ça va, répondit-il sobrement.

    Et tes amours ?

    La routine. Depuis son retour de Santa Rosa, il passait toutes ses nuits en galante compagnie, jamais la même bien entendu. Tous les soirs, il quittait la clinique et allait trainer en ville, jusqu’à ce qu’il trouve celle qui allait égayer sa soirée. Quoique égayer fusse un bien grand mot. En dehors de l’acte sexuel, il ne trouvait plus aucun plaisir dans ces relations sans lendemain. Et même parfois, le sexe s’avérait très décevant. S’il s’obstinait, c’était tout simplement pour ne pas être seul. Avant, il avait Derek mais maintenant que celui-ci était casé, il se sentait un peu abandonné. Quant à Callie, elle s’était mise en tête de trouver l’âme sœur et, pour cela, de s’inscrire à tous les speed dating que la ville comptait, ce qui allait la rendre forcément moins disponible.

    Et cette fille dont tu m’as parlé ? La façon dont Mark la regarda indiqua à Meredith qu’il ne voyait pas ce à quoi elle faisait allusion. Tu sais, à Aspen. Celle qui avait un copain. Et dont tu es secrètement amoureux, précisa-t-elle après avoir hésité à le faire. Mark lui avait fait cette confidence dans un moment d’abandon. Elle ne voulait pas le mettre mal à l’aise en la lui rappelant.

    Il se souvenait parfaitement de cette conversation où il lui avait avoué ce qu’il ressentait pour elle, sans qu’elle se doute un instant qu’elle était celle dont il parlait. Ah cette fille-là ! dit-il avec un sourire à la fois énigmatique et triste. Eh bien, elle est toujours avec son copain.

    Meredith posa sur lui un regard empli de compassion. Oh Mark, je suis désolée.

    Il leva légèrement les épaules. Bah, faut pas. C’est comme ça. C’est la vie. Il fut surpris par la bouffée d’émotion qui l’envahissait. Lui qui avait cru que ses sentiments pour Meredith s’étaient, non pas évanouis – un amour aussi fort ne pouvait jamais disparaître tout à fait – mais affaiblis, il réalisait qu’il n’en était rien.

    Mais est-ce que tu lui as parlé au moins ? s’enquit Meredith, un léger reproche dans la voix parce qu’elle connaissait déjà la réponse.

    Mark haussa les sourcils. Pour quoi faire ? Elle est très amoureuse de ce mec et c’est réciproque. Pourquoi veux-tu que je lui parle d’un truc qui ne l’intéresse pas ?

    Ça, tu n’en sais rien ! martela Meredith en plantant son regard dans celui de Mark.

    Allons, Mer… Il laissa échapper un soupir. Elle n’a jamais vu en moi qu’un ami et elle ne verra jamais rien d’autre. Et c’est très bien comme ça ! affirma-t-il avec conviction, en espérant que cela suffirait à dissuader la jeune fille d’insister.

    Moi, je trouve qu’elle a le droit de savoir ! s’enferra-t-elle, bien décidée à avoir le dernier mot.

    Le sujet, pour le moins épineux, finit par rendre Mark nerveux. Et moi, je suis certain que ça ne l’intéresse pas de savoir ! dit-il sur un ton un peu cassant.

    Alors, tu abandonnes ? Comme ça ? s'indigna Meredith. Elle s’était fait de Mark l’image d’un homme coriace et opiniâtre et le fait qu’il renonce aussi facilement au grand amour la décevait beaucoup.

    Ouais, comme ça ! Il fit mine de s’absorber dans l’observation de l’opération, en espérant que Meredith l’imiterait. Il commençait à regretter amèrement d’avoir accepté de lui tenir compagnie. La prochaine fois, je m’abstiendrai, pensa-t-il.


  • Commentaires

    1
    Butterfly
    Dimanche 13 Octobre à 18:28

    Mark est embourbé dans ses mensonges. J'ai peur que ça sorte un jour 

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