• CHAPITRE 1022

    Dans la salle de bains, Meredith aperçut son image dans le miroir, petite silhouette maigrichonne dans sa robe défraichie et chiffonnée. J’ai l’air d’une sauvageonne, constata-t-elle en son for intérieur. Il faut vraiment que je me reprenne en main. Certes, Derek était amoureux d’elle mais si elle persistait à lui offrir un tel tableau, il ne faudrait plus s’étonner qu’il aille voir ailleurs. Bien sûr, l’amour était aveugle mais combien de temps le restait-il ? Elle intercepta le regard tendre mais néanmoins railleur dont son compagnon l’enveloppait. Ne te moque pas ! Je sais que je suis horrible, geignit-elle en tirant sur le tissu de son vêtement pour essayer de le lisser un peu.

    Derek la contredit aussitôt. Tu n’es pas horrible du tout. Pour ta robe, je suis désolé. J’aurais dû te l’enlever mais tu dormais tellement bien…

    C’est pas tellement ma robe, mais moi, maugréa Meredith. Non mais t’as vu cette tête ! Elle se passa la main dans les cheveux pour tenter d’y remettre un peu d’ordre.

    Derek lui tendit une brosse. Tiens, ça devrait être plus facile avec ça. Amusé, il l’observa tandis qu’elle se débattait avec ses cheveux emmêlés et pleins de nœuds. Tu es très belle. Tu as seulement besoin de reprendre un peu de poids. Ses yeux se firent éloquents en se posant sur sa poitrine. J’aime ça, moi, les filles qui ont des formes.

    Meredith eut envie de le taquiner. Oh s’il n’y a que ça, on pourra demander à Mark qu’il m’arrange ça. C’est son métier après tout.

    Derek tomba immédiatement dans le panneau. Et quoi encore ? grogna-t-il. Les ballons de silicone, très peu pour moi. En plus, il est hors de question que Mark te voie nue, même sur une table d’opération.

    Cette légère manifestation de jalousie mit Meredith en joie. Elle eut un petit rire ravi. Alors, tu devras faire avec ce que j’ai !

    Mais je ne demande pas mieux, moi, répliqua Derek, coquin. Je n’attends que ça même. Meredith rosit légèrement et il n’insista pas, pour ne pas la mettre mal à l’aise. Il ouvrit les armoires et en sortit les affaires qu’il avait achetées pour elle au drugstore, ainsi que des serviettes de bain. Si tu as besoin d’autre chose, tu n’as qu’à demander, lui dit-il avant de sortir, non sans avoir attendu quelques secondes dans l’espoir qu’elle l’inviterait tout de même à rester. Il tourna quelques minutes en rond dans sa chambre, avant d’aller s’asseoir sur le lit pour se relever aussitôt et aller coller son oreille à la porte. Lorsqu’il entendit le bruit de l’eau qui coulait, il imagina Meredith, faisant courir ses mains pleines de savon sur son corps nu qui ondulait pour mieux s’offrir au jet d’eau chaude. La tentation de la rejoindre et de transformer sa douche en un jeu coquin était immense. La main crispée sur la clenche de la porte, il hésitait sur ce qu’il convenait de faire lorsque la voix mélodieuse de Meredith l’appela. Il ouvrit immédiatement la porte et surgit dans la salle de bains, tel un diable qui jaillit de sa boite.

    Les cheveux enveloppés dans une serviette, la jeune fille achevait de nouer celle qui lui recouvrait le corps. Elle ouvrit de grands yeux, étonnée par la vitesse à laquelle Derek avait réagi à son appel. Ses lèvres s’étirèrent en un sourire où se mêlaient malice et désolation. Pour être aussi rapide, il avait certainement guetté derrière la porte. Le pauvre devait attendre une invitation qu’elle ne ferait pas encore. Elle avait un sentiment ambivalent à ce propos. Elle était triste de ne pas être capable de lui donner ce qu’il attendait mais en même temps, cela lui plaisait de le torturer un peu. Tu n’aurais pas un sèche-cheveux ? se renseigna-t-elle, les bras resserrés sur sa serviette, pour éviter qu’elle ne tombe. Sans un mot, il prit l’appareil dans une armoire avant de le lui tendre. Merci. Elle libéra ses cheveux et les soumit au souffle d’air chaud. Derek la regarda faire, admirant la fragilité de sa nuque, la gracieuse inclinaison de son cou, tandis qu’elle agitait ses doigts dans ses cheveux pour qu’ils sèchent plus vite. Le moindre de ses gestes, pourtant anodins, revêtait pour lui un caractère torride. Lorsque sa chevelure fut pratiquement sèche, elle les remit en place d’un coup de peigne. Elle prit ensuite "L’Air du Temps" que Derek avait acheté pour elle et en vaporisa quelques gouttes derrières les oreilles et à l’intérieur du poignet. Elle surprit dans le miroir le regard tendre et amoureux dont son compagnon la couvait et elle lui sourit.

    C’était le signal qu’il attendait. Il s’approcha d’elle lentement sans la quitter du regard. Collé à son dos, les deux mains nouées sur son ventre, il se pencha pour humer son parfum. Les yeux à moitié clos, elle inclina la tête. Encouragé, il parcourut avec sa bouche le chemin de son cou à son épaule, ses lèvres l’effleurant à peine, faisant naître ainsi chez la jeune fille un doux frisson. Elle posa sa main sur la tête de Derek, se plongeant avec délice dans ses cheveux soyeux, et tourna la tête vers lui, pour que leurs lèvres se rejoignent. Gourmandes, celles-ci s’ouvrirent aussitôt pour se goûter pleinement et libérer leurs langues, pressées de se retrouver. Un doux combat s’engagea, laissant très vite les combattants hors d’haleine. Derek abandonna la bouche de sa belle pour s’égarer sur son menton, sa joue ensuite, et finir dans son cou dont il pinça la peau fine entre ses lèvres, en la mordillant parfois aussi. Il revint enfin à sa bouche, s’y perdant avec délectation, étonné mais ravi d’y trouver toujours autant de plaisir. Il la lâcha enfin. On a dit qu’on y allait doucement, dit-il à mi-voix.

    Oui, murmura Meredith en opinant lentement de la tête. Il s’écarta d’elle puis recula de deux pas. Elle fit aussitôt volte-face et se jeta sur lui, en collant son bassin au sien. Ils s’embrassèrent à nouveau avec passion, se pinçant mutuellement les lèvres, en tirant un peu dessus, les mordillant gentiment, du bout des dents, leurs langues jouant au chat et à la souris, leur jeu préféré, se pourchassant sans relâche jusqu’à ce que vaincues par leur désir, elles se retrouvent et s’unissent dans une folle sarabande. 

    Parce que l’envie d’arracher la serviette et de prendre Meredith à même le sol de la salle de bains devenait vraiment trop forte, Derek se rejeta en arrière. Je vais te laisser te préparer, annonça-t-il d’une voix rauque. Les yeux brillants et le souffle court, Meredith le suivit du regard tandis qu’il sortait de la pièce. La porte à peine refermée, elle s’adossa contre elle, souriant aux anges, sans savoir que de l’autre côté, Derek faisait exactement la même chose.


  • Commentaires

    1
    Butterfly
    Mercredi 18 Septembre à 21:05

    oh ils sont trop mignons tous les 2. Ca fait plaisir de les revoir comme ca happy

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    2
    Mdbailey
    Mercredi 18 Septembre à 21:35
    Derek devait pas bosser? Il est vachement pressé. Oui ça fait du bien mais y a bien qqchose ou qqun qui va se mettre encore au travers de leur route.
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