• CHAPITRE 1021

    Transportée de joie en entendant ce nouvel aveu, Meredith enserra fortement la figure de Derek entre ses mains, pour coller sa bouche à la sienne. Il se jeta sur elle et la renversa sur le matelas, en la recouvrant de son corps. Il dévora son visage et son cou de baisers enflammés, avec de petits gémissements étouffés qui traduisaient son désir, avant de revenir à sa bouche et de la prendre avec passion, dans un long tournoiement de leurs langues. Ses mains descendaient vers sa poitrine, s’étonnant déjà de ne rencontrer aucune opposition, lorsque la sonnerie du réveil retentit. Merde ! tonna le chirurgien en s’affaissant sur son amie. Il se redressa après quelques secondes, l’air totalement contrarié. J’avais oublié. Il soupira. J’ai une intervention ce matin. Ooooh ! grogna-t-il encore, en enfouissant son nez dans le cou de la jeune fille. Je ne veux pas y aller, je veux rester avec toi.

    Est-ce que tu as le choix ? demanda-t-elle avec douceur. La tête de Derek hocha désespérément de droite à gauche. Alors, tu dois t'en aller et faire cette intervention, conclut-elle. On se retrouvera après.

    Je sais, je sais. Derek l’embrassa encore une fois avant de sortir du lit en soufflant. N’empêche que j’aurais préféré passer cette première journée avec toi. Il alla ouvrir la porte coulissante de sa penderie et commença à déplacer les cintres sur la barre tubulaire, pour choisir les vêtements qu’il allait mettre. Meredith le suivit des yeux, en profitant pour se délecter de la vision de son corps fin et musclé, et surtout de ses fesses rondes, parfaitement moulées par le boxer. Elle détourna rapidement le regard en voyant Derek faire volte-face vers elle, ses habits à la main. Euh… je file prendre une douche, lui annonça-t-il, en se demandant s’il devait l’inviter à se joindre à lui. Il en avait envie mais il n’osa pas. Tous les deux, nus, sous un jet d’eau chaude, c’était une intimité dont il rêvait mais qu’il ne solliciterait pas. Il n’était pas question de tenter le diable. A partir du moment où Meredith ne semblait pas vouloir lui donner plus que quelques baisers, se retrouver dans le plus simple appareil auprès d’elle était une très mauvaise idée et surtout, il ne voulait pas lui donner l'impression qu'il faisait pression sur elle. Tu fais comme chez toi, lui dit-il simplement, avant de disparaître dans la pièce d’à-côté, non sans espérer qu’elle le rejoindrait.

    Elle se rallongea sur le lit, en fermant les yeux, mais les rouvrit immédiatement. Elle n’avait plus envie de somnoler. Que du contraire ! Elle était titillée par la curiosité de découvrir l’intérieur de Derek plus sérieusement qu’elle ne l’avait fait, la première fois qu’elle était venue. Elle se leva et se campa devant la petite bibliothèque de la chambre. Elle examina les divers ouvrages qu’elle contenait. Francis Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway, Tennessee Williams, John Steinbeck, les goûts de Derek étaient plutôt classiques en matière de littérature. Des livres d’histoire aussi, sur la guerre de Sécession, la seconde guerre mondiale, le Vietnam, les Kennedy, les mémoires de Bill Clinton… En revanche, aucun livre de médecine, ce qui la surprit un peu. Elle chemina lentement vers le bureau où il n’y avait rien d’autre à voir que quelques manuels d’informatique. Ses pas l’emmenèrent à l’étage. Elle jeta un regard circulaire autour d’elle et s’étonna, une fois encore, de la simplicité des lieux. C’était assez anachronique lorsque l’on songeait que le propriétaire ne voulait fréquenter que les endroits les plus huppés de la ville. Elle fit le tour de la grande pièce, s’attardant un moment devant la fenêtre pour regarder les autres péniches inondées de soleil en ce beau matin. Cela devait être agréable de vivre ici, au contact de l’eau.

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    En se retournant, elle aperçut son sac qu’elle avait abandonné dans l’entrée. Elle alla le chercher avant de s’asseoir à la table. Elle le fouilla pour trouver son téléphone afin de prévenir sa mère qui devait être inquiète, après cette deuxième nuit passée à l’extérieur. Elle le trouva au fond, à côté d’une boite de médicaments. Surprise, elle sortit cette dernière et se rappela qu’il s’agissait des pilules contraceptives que Derek lui avait achetées, le matin de leur rupture, en même temps que la pilule du lendemain. Elle avait totalement oublié qu’elle les avait eues sur elle durant toutes ces semaines. Elle prit la boite et la retourna dans tous les sens avant de l’ouvrir. Une plaquette de vingt-et-une petites pilules roses tomba sur la table. Meredith la fixa un moment avant de la saisir pour en regarder l’envers. Les jours de la semaine y étaient imprimés. Elle se leva et alla jusqu’à la cuisine pour y prendre un verre. Elle ouvrit quelques armoires avant de trouver la bonne, puis se dirigea vers le frigo dans lequel elle prit la bouteille d'eau. Son verre plein, elle revint d’un pas nonchalant à la table et but une gorgée, tout en contemplant encore les contraceptifs. Elle sourit avant de percer l’opercule pour dégager le médicament. Elle ne savait pas encore quand, mais elle referait l’amour avec Derek et, ce jour-là, elle ne voulait pas être distraite par de sordides questions de contraception. Elle venait à peine d'avaler la pilule qu'elle entendit la voix de Derek qui la hélait. Dans la cuisine, cria-t-elle en se dépêchant de remettre la plaquette dans son emballage, qu’elle rejeta dans son sac. Elle porta le verre à sa bouche juste au moment où la tête du chirurgien apparut en haut de l’escalier. 

    Ah tu es là ! constata-t-il avec un soulagement évident. Quand il était sorti de la salle de bains et qu’il n’avait plus trouvé Meredith dans la chambre, il avait paniqué, s’imaginant qu’elle avait profité de son absence pour partir.

    Eh bien oui. Où voulais-tu que je sois ? Elle leva son verre. Je me suis permise.

    Tu as bien fait. Il vint s’installer en face d’elle et lui enleva le verre des mains pour vider ce qui restait dans le fond, tout en la dévorant des yeux. Il aurait suffi qu’elle fasse un geste ou dise un mot pour qu’il reporte son intervention. Pour la première fois de sa vie, son métier, sa carrière, ses patients ne pesaient plus bien lourd dans la balance.

    Troublée par sa beauté et son regard presque animal, Meredith frissonna. Tu es vraiment pressé ou j’ai le temps de prendre une douche ? demanda-t-elle en baissant la tête.

    Tout le temps que tu veux ! Derek n’avait pas envie qu'elle s’en aille et chaque minute avec elle était une minute gagnée. Il se leva et lui tendit la main pour l’entraîner à nouveau au sous-sol, leurs doigts solidement entremêlés.  


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