• CHAPITRE 1020

    Ils roulèrent encore l'un sur l'autre jusqu’à se retrouver allongés, face à face. Et ta mère ? Qu’est-ce qu’elle en dit, pour nous deux ? s’inquiéta Derek, tandis que sa main se promenait sur le corps de Meredith, en prenant garde toutefois de ne pas aborder des territoires défendus, pour ne pas la heurter.

    Meredith pensa à ce que sa mère lui avait dit, juste avant qu’elle ne quitte la maison. "Cet homme n’est pas pour toi." Il était évidemment hors de question qu’elle le répète à Derek. Elle devait donc trouver une parade. Elle t’a trouvé très aimable, très compétent, déclara-t-elle avec un sourire un rien forcé. Et très beau aussi. Elle a été super impressionnée par tes cheveux.

    Son malaise sauta aux yeux de Derek. Mais elle ne veut pas de moi dans ta vie, déduisit-il, les yeux assombris par le désappointement.

    Meredith ne put lui cacher plus longtemps la vérité. C’est pas ça, marmonna-t-elle. Elle a juste le son de cloche d’Izzie, qui lui a dit que tu m’avais trompée. Alors…

    Alors, c’est mort ! conclut Derek, dépité. Il n’avait aucun mal à imaginer en quels termes la blondasse, appuyée par la mégère, très certainement, s’était amusée à le dépeindre à la mère de Meredith. A l’heure qu’il était, Anne Grey devait le prendre pour le pire pervers que la terre avait porté depuis sa création.

    Mais non, s’écria Meredith avec un semblant d’assurance. A part lui dire que je t’aimais, je n’ai pas pris le temps de lui parler de nous. Mais quand je l’aurai fait, quand je lui aurai expliqué ce que tu as vécu… Elle s’arrêta soudain. Enfin, si tu es d’accord. Derek haussa les épaules avec un air blasé, convaincu que la révélation de ses malheurs ne pourrait pas influencer l’opinion que la mère de Meredith s'était faite de lui. Ne t’en fais pas, elle changera d’avis, prédit la jeune fille.

    Et si elle continue à me détester ? s’entêta-t-il. Il ne pouvait s’empêcher de se demander quelle serait la réaction de Meredith si sa mère persistait à s’opposer à leur relation. Aurait-elle la force, ou même l’envie, de se battre pour défendre leur couple et l’imposer ?

    Déjà, elle ne te déteste pas ! affirma Meredith de façon péremptoire. Et puis, moi, je t’aime. C’est ça qui compte, non ?

    Derek se força à sourire. Oui, bien sûr, mais… Il redevint grave. Ecoute, bébé, je sais à quel point ta mère compte pour toi et je ne veux surtout pas que tu te brouilles avec elle à cause de moi. Elle est ta seule famille. Moi, je n’ai plus personne. Evidemment, c’est un choix que j’ai fait, ajouta-t-il à la hâte, mais ça n’empêche que ce n’est pas toujours facile. Il est hors de question que tu perdes ta famille par ma faute. Je n'en vaux pas la peine en plus.

    Meredith passa son bras autour de lui. Arrête de dire des bêtises. Tu en vaux la peine mais de toute façon, ça n’arrivera pas. Je ne vais rien perdre du tout. Elle se rapprocha de façon à n’être plus qu’à quelques centimètres de lui. Bon, OK, Maman n’est pas enchantée que je sorte avec toi. Mais c’est parce qu’elle ne te connait pas, martela-t-elle. Elle était intimement persuadée que, lorsque sa mère aurait découvert le vrai Derek, elle tomberait sous son charme et se réjouirait pour sa fille.

    Pour elle, je serai toujours celui qui t’a trompée, lui fit remarquer Derek avec amertume. Il mesurait maintenant tout à fait les conséquences que ses actes, commis dans un moment de peur et d’orgueil mal placé, risquaient d’avoir sur sa vie future. Irrité, il se rassit dans le lit, aussitôt imité par Meredith.  

    Il faut lui laisser le temps, à elle aussi, tempéra-t-elle. Même si au début, ça ne passe pas, elle finira par s’y faire.

    Le regard que Derek lui lança était morne. Génial ! ironisa-t-il. Jolie perspective ! La mère de ma petite amie va finir par se faire à mon existence avec le temps. Dans dix ans, on devrait arriver à s’entendre.

    Elle ne put s’empêcher de sourire face à ce pessimisme extrême. Ça devrait s’arranger avant ça. Allons, Derek ! s’écria-t-elle devant la mine irrémédiablement sombre de son compagnon. Tout se passera bien. Quand elle verra que je suis heureuse avec toi…

    A condition que j’arrive à te rendre heureuse, répliqua-t-il, défaitiste, en baissant la tête.

    Il lui parut tellement misérable qu’elle voulut le rassurer. Tu veux savoir ce que j’ai dit à ma mère avant de venir ici ? Il opina de la tête. Je lui ai dit qu’après ce que tu m’avais fait, j’avais essayé de ne plus t’aimer. Vraiment essayé. Il leva vers elle des yeux à la fois pleins de désolation et d’espoir. Sous l’effet de l’émotion, la voix de la jeune fille devint plus éraillée. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour ça. Je n’y suis pas arrivée. Ça me rendait trop malheureuse. Elle accrocha son regard à celui de Derek. Je t’aime, dit-elle, subitement au bord des larmes. Et malgré tout ce qui s’est passé entre nous, le mal que tu m’as fait – coupable, il s’empara de sa main et la serra fortement – je ne peux pas vivre sans toi. J’ai besoin de toi pour respirer. Singulièrement bouleversé, il porta sa main à sa bouche et en embrassa le creux de la paume. C’est ce que j’ai dit à ma mère, poursuivit-elle, et je crois que c’est ce qui est important pour elle, que je respire. Peu importe avec qui. Elle veut seulement que je respire, répéta-t-elle en nouant ses doigts à ceux de Derek.

    Incapable de dire un mot, il passa un bras autour de ses épaules et la reprit contre lui. Jamais personne ne lui avait encore fait une telle déclaration. Jamais on ne lui avait parlé d’amour avec autant de sincérité et d’abandon. Meredith avait mis son orgueil de côté pour lui dire à quel point elle l’aimait et combien elle avait besoin de lui, tout comme l’air qu’elle respirait. C’était la plus belle chose qu’on avait faite pour lui et il sentit son cœur à la limite de l’explosion. On va respirer ensemble, lui chuchota-t-il à l’oreille. Parce que moi aussi, j’ai besoin de toi pour vivre. Je t’aime tellement, tellement…


  • Commentaires

    1
    Butterfly
    Lundi 16 Septembre à 20:57

    Derek oscille entre la joie et le pessimisme, mais c'est bien qu'il se rende compte que ses actes ont toujours des conséquences et que si ça ne se paie pas tout de suite, ça se paie un jour

    A part ça, ils se disent vraiment de belles choses maintenant, j'adore winktongue

    • Nom / Pseudo :

      E-mail (facultatif) :

      Site Web (facultatif) :

      Commentaire :


    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :