• CHAPITRE 1018

    La main de Derek atteignait l’élastique du tanga lorsqu’elle fut arrêtée par la poigne étonnamment ferme de Meredith. Non, dit cette dernière, encore haletante. Hors d’haleine lui aussi, Derek s’écarta et la regarda avec un air surpris. Elle secoua la tête. Je ne veux pas. Pendant qu’il l’embrassait, elle n’avait pensé à rien d’autre qu’à sa langue dans sa bouche mais, lorsqu’il avait posé la main sur sa cuisse, elle avait su avec certitude qu’elle n’était pas encore prête à aller plus loin.

    Tu ne veux pas ? lui demanda Derek, incrédule. Elle fit signe que non. Il se laissa tomber à côté d’elle, sur le dos. Si tu n’as plus envie de moi, on est mal, fit-il remarquer sur un ton acerbe.

    Derek, ne le prends pas comme ça, l'implora Meredith.

    Comment tu veux que je le prenne ? Tu viens de me repousser alors, c’est que tu n’as pas envie de faire l’amour avec moi. Il avait pensé que, puisqu’elle lui avait dit qu’elle l’aimait et qu’elle lui avait pardonné ses erreurs, tout était redevenu comme avant, et il tombait de haut en réalisant que c’était loin d’être le cas.

    Ça ne veut pas dire que je n’ai plus envie de toi, assura Meredith en s’asseyant, tournée vers lui, évitant toutefois de poser les yeux sur l’excroissance qui tendait son boxer.

    Vraiment ? Il lui jeta en regard en coin en faisant une grimace dubitative.

    Elle comprit qu’il était blessé. Derek, soupira-t-elle. Essaie de te mettre à ma place. Tu m’as trompée…

    Il ne la laissa pas en dire plus. Mais je t’ai expliqué pourquoi je l’avais fait ! s’écria-t-il, éberlué qu’elle remette le sujet sur le tapis. Ses confidences de la veille n’avaient-elles donc servi à rien ?

    Oui et j’ai compris et pardonné, affirma Meredith. Mais ce n’est pas pour autant que j’oublie. Tu as fait l’amour avec une autre et…

    Derek se redressa d’un bond. Je ne lui ai pas fait l'amour, je l'ai baisée et de toute façon, ça n’a pas compté, déclara-t-il avec toute la force de sa conviction.

    Tu ne peux pas dire ça, Derek, se récria Meredith, révoltée par sa mauvaise foi. On était à peine rentré d’Aspen que tu es allé en ville avec l’intention de choisir une femme pour…

    Une fois de plus, il tenta de l’arrêter. Je n’ai pas choisi. J’ai pris la première venue. Sa défense était plus que maladroite, il s’en rendait compte, mais il ne savait plus que dire pour la convaincre que ce qui s’était passé dans la chambre d’hôtel, ce soir-là, ne représentait vraiment rien à ses yeux.

    Meredith ne s’en laissa pas conter. Oh ça va ! Je te connais. Tu n’as pas pris la plus moche non plus, n’est-ce pas ! Il fit la moue mais n’osa pas la contredire, parce que cela aurait été lui mentir. Vous vous êtes embrassés, vous vous êtes caressés, vous avez…. Elle se tut quelques secondes, le temps de trouver le courage de mettre des mots sur ce qui lui était toujours aussi insupportable. C’était terriblement dur mais elle tenait à le faire pour lui montrer qu’elle ne se laisserait plus abuser. Vous avez couché ensemble. Elle frissonna de dégoût. Merde Derek ! s’emporta-t-elle soudain. Tu as mis ton pénis dans cette femme et tu as joui en elle. Parce que tu voulais m’oublier ! Elle ne savait toujours pas ce qui la décevait le plus, qu’il ait voulu la rayer de sa vie ou bien qu’il ait pu, malgré tout l’amour qu’il disait éprouver pour elle, trouver du plaisir dans d’autres bras. Tu ne peux pas me demander de faire comme si ça n’avait pas existé. Elle posa sur lui un regard désillusionné. Ça a compté, Derek, pour moi en tout cas. Alors, j’ai besoin de temps.

    En fait, tu n’as plus confiance en moi, déplora-t-il tout en la comprenant. Il connaissait bien tous les dégâts que l’infidélité pouvait causer et la perte de confiance était en tête de liste. De plus, il était assez honnête pour admettre que, si c’était elle qui l’avait trompé, il ne l’aurait pas accepté et il ne le lui aurait pas pardonné. Il devait donc s’estimer heureux qu’elle ne soit pas aussi intransigeante que lui.

    Elle soupira. Je ne sais pas. D’une certaine façon, j’ai encore confiance en toi, admit-elle après y avoir réfléchi un instant. Sinon, je ne serais pas ici. Mais d’une autre, non. Et par-dessus tout, j’ai peur, reconnut-elle. Tu peux comprendre ça, non ? Bien sûr qu’il la comprenait ! C’était la peur qui l’avait empêché de vivre pleinement depuis douze ans, et c’était cette peur encore qui l’avait poussé à commettre un acte imbécile dont il payait les conséquences en ce moment même. Si jamais il se passe encore quelque chose, je ne m’en remettrai pas, conclut-elle.

    Il ne se passera plus rien, bébé, promit Derek avec fougue, en lui prenant la main. Je sais ce que je veux maintenant, et ce que je veux, c’est toi, rien que toi.

    Je préfèrerais quand même qu’on y aille doucement, persista Meredith, tendre mais opiniâtre. Elle sentait qu’elle devait procéder étape par étape, passer du temps avec lui, restaurer leur complicité, et surtout la confiance inébranlable qu’elle avait eue en lui, avant de le retrouver sur un plan plus intime.

    D’accord, d’accord, s’empressa-t-il de répondre. J’attendrai. Bien sûr que j’attendrai. Il lut sur son visage qu’elle était soulagée et il éprouva le même sentiment. Une seconde, il avait craint d’être revenu au point de départ. Mais tu ne m’en voudras pas d’essayer de temps en temps, lâcha-t-il sur un ton légèrement coquin.

    Meredith sourit. Je ne t’en voudrai pas, non. Elle se pelotonna contre lui et posa la tête sur son épaule.

    Il poussa un soupir de soulagement et, avec ses lèvres, effleura la chevelure à la senteur de lavande. Et dans combien de temps penses-tu que…, laissa-t-il soudain tomber sur un ton désinvolte.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :