• CHAPITRE 1000

    Certainement pas ! clama Meredith. La soirée ne fait que commencer et, avec les garçons, on a plein de projets. En fait de projet, elle n’en avait plus qu’un : faire enrager Derek, et de ce qu’elle voyait, cela fonctionnait plutôt pas mal. On va danser encore un peu et après… après, je ne sais pas. Le bout de son index posé délicatement sur sa lèvre inférieure, elle fit mine de réfléchir. On pourrait peut-être se trouver un petit hôtel sympa pour y terminer la nuit. Si Gary afficha un sourire éclatant de bonheur, Brett fit une grimace. Cette fille était certes très mignonne mais elle était vraiment trop ivre et il était évident qu’elle voulait régler ses comptes avec ce gars, son mec à coup sûr, lequel ne semblait pas du tout commode. Il valait mieux partir avant que la conversation ne parte en vrille. Des nanas, il y en avait des tonnes dans ce club. Autant en trouver une qui soit libre. Il s’éloigna discrètement. Meredith ne s’en rendit même pas compte. Après tout, poursuivit-elle, sans penser à l’effet que ses mots pourraient avoir sur ses compagnons d’un soir – elle voulait seulement que Derek souffre, qu’il en bave, qu’il en crève ! – ce serait bête que je ne mette pas en pratique tout ce que tu m’as appris. Autant que d’autres en profitent. N’est-ce pas, les garçons ?

    Meredith, arrête ça tout de suite, lui ordonna sèchement Derek. Les trois compagnons de Meredith comprirent à l’éclat métallique de sa voix, à ses yeux durs et pleins de colère et à sa mâchoire contractée qu’ils étaient devenus l’enjeu d’une scène de ménage. Ne voulant pas avoir d’ennui, ils s’éclipsèrent, à l’exception de Gary qui s’accrochait à l’idée qu’il avait malgré tout une chance de terminer la nuit avec cette jolie poupée.

    Meredith feignit de ne pas avoir entendu l’ordre de son ancien amant et se retourna encore une fois. Dans son ébriété, elle ne remarqua pas qu’une partie de sa cour avait disparu. Vous avez de la chance, les garçons. Il parait que je suis très douée, la plus douée même.

    La patience n’était pas inscrite dans la nature profonde de Derek. Cela faisait déjà trop longtemps qu’il essayait de la raisonner mais puisqu’elle ne voulait pas l’écouter, il était temps de passer à la manière forte. Bon maintenant, ça suffit. Il la prit par le bras pour l’emmener mais elle résista.

    De son côté, Gary voulut s’interposer. Hé ! Fous-lui la paix. Elle est avec moi.

    Ecoute, connard, tonna le chirurgien, si tu ne te tires pas immédiatement de mon chemin, je jure que je vais réduire ta sale gueule en bouillie. Il n’était ni très grand, ni très costaud, mais son air belliqueux dissuada Gary de tenter quoi que ce soit. Il recula de quelques pas en ricanant bêtement, pour ne pas perdre la face, avant de se perdre dans la masse. Maintenant, tu viens ! vociféra Derek, hors de lui, à Meredith. Lui qui détestait se donner en spectacle, il était servi.

    Va te faire foutre ! hurla-t-elle en tentant de se dégager. L’heure n’était plus aux compromis. Sans un mot, Derek la souleva, tel un fétu de paille, et la jeta sans ménagement sur son épaule. Elle se mit à crier tout en frappant le dos de son ravisseur avec ses deux poings fermés. Cependant, en cet instant, rien n’aurait pu arrêter le chirurgien. Indifférent aux coups et aux hurlements de la jeune fille, il fendit la foule des danseurs, dont la plupart ne prêtèrent absolument pas attention à ce couple singulier. En revanche, leur arrivée dans l’entrée fit se tourner sur eux les regards de tous ceux qui s’y trouvaient. Dépose-moi par terre, glapit Meredith. Tout de suite ! Stoïque, Derek ne réagit pas et continua d’avancer.

    Vous avez un problème, Docteur ? s’inquiéta le gérant du night-club. Derek Shepherd avait beau être un très bon client, l’image qu’il donnait avec cette fille échevelée et vociférante n’était pas une bonne publicité pour l’établissement.

    C’est moi qui ai un problème, espèce d’abruti, fulmina Meredith, tout en cherchant encore à échapper à la poigne de fer de Derek. Vous ne voyez pas qu’il est en train de me kidnapper ?

    Tout va bien, Walt, répondit en même temps Derek. Mademoiselle est juste un peu trop ivre. Je vais la ramener chez elle. Il sortit un billet de cent dollars de sa poche et le tendit à l’homme pour prix de sa coopération.

    Walt empocha l’argent avec un grand sourire et se précipita pour ouvrir la porte. Bonne soirée, Docteur.

    Hé ! rugit Meredith, en se débattant comme une forcenée. Mais puisque je vous dis qu’il est train de me kidnapper ! Ses yeux s’écarquillèrent en voyant le portier refermer la porte derrière eux, sans plus se soucier de son triste sort. Oh ça, j’y crois pas, dit-elle, ahurie, avant de se remettre à frapper Derek tout en s’égosillant. Dépose-moi maintenant, espère de sale type ! Au secours ! A l’aide ! hurla-t-elle en voyant qu’il ne se laissait pas fléchir.

    Il la déposa sur le sol avec tellement de rudesse qu’elle faillit en tomber. Je te jure que, si tu ne la fermes pas immédiatement, je vais t’en coller une dont tu te souviendras pour le restant de tes jours ! l'avertit-il d’une voix sourde.

    Outrée par cette menace, elle allait riposter lorsqu’elle sentit son estomac se tordre et une énorme nausée lui remonter à la gorge. Elle n’eut que le temps de se pencher en avant. Le trop-plein d’alcool jaillit, éclaboussant quelque peu sa robe et ses chaussures. Tu vois, à cause de toi, geignit-elle une fois qu’elle eut fini de vomir. En se redressant, elle fit un mouvement brusque de la tête pour libérer sa chevelure des mains du chirurgien, qui s’était précipité pour la mettre hors d’atteinte. Je suis toute sale maintenant. C’est ta faute, l’accusa-t-elle avant de se mettre à pleurer, dépitée et un peu honteuse aussi qu’il la voie dans un tel état.

    Mais oui, bien sûr, dit-il plus calmement en sortant un mouchoir propre de sa poche. Si tu avais moins picolé, ça ne serait pas arrivé. Il s’approcha d’elle et, après avoir essuyé ses larmes, lui nettoya avec une infinie tendresse sa bouche souillée de vomissures. Cette fois, elle se laissa faire, sans plus protester. Allez, viens, je vais te raccompagner, proposa Derek en la prenant par la taille pour la soutenir. Et si tu pouvais éviter d’être malade dans la voiture, ça m’arrangerait !


  • Commentaires

    1
    Butterfly
    Mardi 20 Août à 20:41

    J'ai bien ri ! Meredith qui hurle au crime et personne ne réagit he

    Bravo Derek, tu as eu la réaction qu'il fallait parce que Meredith abusait un peu, elle se cnduit comme une sale gamine ! 

     

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